Esquisse

93 - Printemps / été 2018

Les formes multiples réunies sous le terme d’esquisse ont en commun une fonction préparatoire et, par conséquent, un statut d’inachèvement. Ainsi l’esquisse ouvre sur un large éventail de stratégies et suscite de nouvelles recherches sur la matérialité, la temporalité et la spatialité de l’œuvre. Pour ce faire, elle emprunte encore la voie traditionnelle du dessin, de la peinture et de la sculpture, mais aussi, parfois, celle des nouvelles technologies, autant qu’elle fait référence à l’ébauche d’un mouvement ou à l’attitude brève. À l’image du foisonnement des possibilités, ce dossier se détourne volontairement d’une approche essentiellement disciplinaire du dessin pour s’attarder plutôt à l’intention créatrice logée dans l’esquisse et aux fluctuations de ses aboutissements.

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Articles à la pièce

Emily Falvey
jake moore & François Morelli
Amy Prouty
Emily Rosamond
Lindsay LeBlanc
Maude Johnson
Anne Cauquelin
Sommaire:

ÉDITO

L’esquisse : promesse d’un dialogue
Sylvette Babin

DOSSIER : ESQUISSE

Tracer des lignes
L’auteure remet en question l’importance accordée à l’inachèvement en art contemporain et appelle une prise de conscience sur son rôle en tant que catégorie idéologique. S’appuyant sur une analyse de la ligne considérée à la fois comme limite et comme moyen d’évasion, elle présente le travail de cinq artistes dont les pratiques explorent les notions de liberté et de contrainte. Ce faisant, elle cherche à comprendre en quoi l’inachevé peut être limitatif et, inversement, en quoi les limites peuvent nous libérer.
[Traduit de l’anglais par Margot Lacroix]
Emily Falvey

L’esquisseur : entretien avec François Morelli
Au fil de leur conversation, François Morelli, artiste-enseignant, et jake moore, auteur, rapprochent la nature spatiale de l’esquisse et son rôle de mode d’expression et de manifestation de la potentialité. L’entrevue présente l’apport de la pédagogie dans la vaste pratique de Morelli, marquée par l’hybridité. L’esquisse, ici, n’est pas préparatoire ou préliminaire. Elle constitue son propre geste critique, complet quoique conditionnel. Ici et là apparaissent des exercices donnés par Morelli à ses étudiants dans une perspective d’échange performative axée sur l’ouverture tout en étant ancrée dans la réaction. Cette intention génératrice est au cœur de la discussion et de la pratique de Morelli.
[Traduit de l’anglais par Isabelle Lamarre]
jake moore

Dessiner la résilience satirique des Inuits : les caricatures décoloniales d’Alootook Ipellie
L’auteure explore ici les liens entre les formes traditionnelles d’humour et de satire de la culture inuite et l’œuvre du caricaturiste Alootook Ipellie. Les illustrations au crayon et à l’encre de l’artiste inuit sont présentées comme une forme de sanction sociale, elle-même replacée dans le contexte historique des traditions satiriques des Inuits. L’auteure défend l’idée que le travail d’Ipellie illustre le renouveau de ces traditions séculaires, qui prend, en art contemporain, la forme d’une stratégie décoloniale conforme aux valeurs sociétales inuites.
[Traduit de l’anglais par Sophie Chisogne]
Amy Prouty

L’esquisse dans les œuvres de Frances Stark, Jacolby Satterwhite et Sue Tompkins
Qu’advient-il lorsqu’on transpose la rapidité d’exécution caractéristique de l’esquisse à d’autres médias – et lorsqu’elle en devient le signe ? Et que dire alors de la proximité supposée entre l’esquisse et la pensée ? Dans cet article, l’auteure traite de la fonction de l’esquisse dans les œuvres de trois artistes qui s’attachent à étendre les temporalités de l’esquisse en se tournant vers des médias comme l’impression, l’animation et la performance : Frances Stark, Jacolby Satterwhite et Sue Tompkins.
[Traduit de l’anglais par Margot Lacroix]
Emily Rosamond

Machines esquissées : propositions autour de trois œuvres robotiques
Plus les machines sont présentes dans la vie publique et privée, plus nous trouvons de nouvelles façons d’exprimer nos relations avec elles. Dans cet article, l’auteure utilise la notion d’esquisse pour analyser le travail des artistes canadiens David Rokeby, Jean-Pierre Gauthier et Erin Gee. Elle avance que l’esquisse est une forme fondamentalement interdisciplinaire et matérielle qui témoigne de la complexité des liens entre la machine et les agents humains et non humains. L’auteure tente de définir la « matérialité de l’esquisse » telle qu’elle se présente dans l’art robotique en soulignant son caractère inachevé, imparfait et adaptable.
[Traduit de l’anglais par Nathalie de Blois]
Lindsay LeBlanc

Praxis de l’inachevé
Abordé à travers le travail « gestuel » d’Adam Kinner, le rapprochement entre l’esquisse et la production chorégraphique permet d’examiner le potentiel performatif de l’inachevé. Tablant sur des formes non abouties puisqu’en constante (ré)activation, la danse peut efficacement déconstruire et reconstruire, critiquer et subvertir, par l’entremise des conventions mêmes auxquelles elle répond. Réalisé par Kinner dans le cadre d’une résidence au Brésil, le projet Notes on Visiting (Notas sobre Visitação), qui s’exprime sous la forme d’une exposition et d’une performance intitulée Intempestivamente, offre des pistes fécondes pour évaluer les différentes déclinaisons de l’inachevé par le geste chorégraphique, ainsi que leurs potentialités, voire leur pouvoir d’action.
Maude Johnson

Être bref
Brièveté semble être la clé de l’art en train de se faire ; l’attitude « brève » engage les formes du non finito actuel : l’interruption, le suspens, l’esquisse, la disparition, la destruction, même. À ce compte le dandy est l’être bref idéal : la frivolité comme l’extrême de la politesse – ne jamais peser sur autrui –, la vie comme un non finito perpétuellement entretenu, jusqu’au silence de la disparition.
Anne Cauquelin

PORTFOLIO

Andréanne Godin
par Dominique Sirois-Rouleau

Gwenessa Lam
par Dominique Sirois-Rouleau

Julie Ouellet
par Anne-Marie Dubois

Massimo Guerrera
par Sylvie Cotton

Larissa Fassler
par Vanessa Morisset

Louis-Philippe Côté
par David Tomas

Jason Baerg
par Felicity Tayler

SCHIZES

Infininitude
Michel F. Côté

COMPTES RENDUS

Arts visuels

Jacynthe Carrier, Musée d’art de Joliette, Joliette par Aseman Sabet

Amélie Laurence Fortin, Axenéo7, Gatineau par Emmanuelle Choquette

Point of Contact: On Place and the West Coast Imaginary, Art Gallery of Greater Victoria, Victoria par Kyra Kordoski

Vies performatives, Optica, Montréal par Dominique Sirois-Rouleau

Brendan George Ko, CONTACT Gallery, Toronto par Alex Bowron

Zoe Leonard & Gordon Matta-Clark, Whitney Museum of American Art & The Bronx Museum of the Arts, New York par Marie-Ève Charron

Hicham Berrada, Abbaye de Maubuisson, Saint-Ouen l’Aumône par Camille Paulhan

Susan Meiselas, Jeu de Paume, Paris par Emily LaBarge

Plein jeu #1, FRAC Champagne-Ardenne, Reims par Vanessa Morisset

Rachal Bradley, Gasworks, London, U.K. par Emily LaBarge

édition / forme / expérimentation (remix), Arprim Centre d’essai en art imprimé, Montréal par Sophie Drouin

Publication

Jocelyne Alloucherie, Le cahier des ombres par Christian Roy

Arts de la scène

Lost in Trans, The Theatre Centre, Toronto par Fabien Maltais-Bayda

Imitation of Lives, The Glass House, New Canaan par Didier Morelli

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