Intimités toxiques : extraction, complexe nucléo-industriel et art contemporain
Dans le cadre de cette résidence numérique réalisée en partenariat avec Érudit, l'autrice et commissaire Katie Lawson explore les liens entre extraction, géologie et colonialisme. Soucieuse de durabilité, elle repense le rôle des commissaires d'exposition comme un acte de soin étendu aux écosystèmes. En dialogue avec des artistes autochtones, elle examine les conséquences invisibles du contexte nucléo-industriel et la capacité de l’art à révéler et déboulonner les violences environnementales et coloniales.
En 2024, j’ai été commissaire d’une exposition pour la Kitchener-Waterloo Art Gallery (KWAG) intitulée Erractic Behaviour. Celle-ci rassemblait des œuvres qui s’inspirent des liens historiques et contemporains entre les gens et les évènements, les processus ou les entités géologiques en reconnaissant la roche comme une matière vivante qui façonne notre compréhension du temps et de l’espace. Son titre joue sur deux des significations du mot erratic/erratique : d’une part, il s’agit d’un terme géologique caractérisant la roche qui s’est déplacée (souvent avec la fonte glaciaire) d’un endroit à un autre ; d’autre part, c’est un adjectif décrivant un comportement instable ou irrégulier.
L’exposition suggérait que l’extraction, le traitement, la consommation et l’élimination des ressources naturelles à l’échelle industrielle constituent en soi une forme de comportement erratique, car certaines personnes et entreprises mettent en place des conditions instables sur toute la planète. J’ai cherché à élaborer une méthodologie commissariale qui réduirait le gaspillage et favoriserait la durabilité dans tous les aspects de la conception, de la logistique et des méthodes de présentation de l’exposition. Ainsi, j’ai travaillé de manière sensible avec des matériaux provenant des recoins oubliés de l’espace d’entreposage de l’institution d’accueil et fixé des paramètres tels que l’utilisation exclusive de moyens de transport terrestres dans un périmètre précis pour la livraison des œuvres (pour ne citer que deux exemples).
La signification de la racine latine du mot anglais curator [commissaire], curare – prendre soin et s’occuper de –, apparait souvent dans la description du rôle et des responsabilités de la profession, qu’il s’agisse du devoir de soin envers l’œuvre, l’artiste ou le public. Mais que se passerait-il si ce devoir de soin pouvait se prolonger dans les paysages et les ressources qui permettent la production des matériaux nécessaires à l’art et aux expositions ? Je m’intéresse à l’écriture et à la publication (sous toutes ses formes) en tant que modes de diffusion de la recherche qui perdurent au-delà de la brièveté des expositions temporaires. Comment un texte peut-il être un espace où développer la recherche commissariale sans les impacts environnementaux souvent importants de la production d’expositions ?
Au cours de ma résidence avec Esse, en consultant ses archives et la base de données Érudit, j’ai réfléchi à la manière dont ma pratique de recherche et d’écriture pourrait déployer la constellation de références rassemblée dans Erratic Behaviour. Avec cette exposition, j’ai pu explorer divers enjeux liés à l’extraction grâce au travail d’artistes qui s’intéressent à l’exploitation minière du charbon, du pétrole, du cobalt et des terres rares et rapprocher des contextes géographiques disparates. Suivre le mouvement des matières extraites à l’échelle mondiale a mis en lumière l’enchevêtrement de ces industries et du colonialisme, du capitalisme et de l’impérialisme. Cela était particulièrement évident dans des œuvres telles que celles de la série high-grade copper anomalies (en cours depuis 2015) de Tsēmā Igharas, qui se composent d’amas de pièces d’un cent à moitié fondues évoquant la signification culturelle du cuivre pour sa communauté de la Première Nation Tahltan – et plusieurs groupes autochtones de l’Ile de la Tortue –, mais également les économies capitalistes et le fait que le traitement du minerai de cuivre à partir de la roche ignée ou sédimentaire dévaste des écosystèmes en produisant une quantité disproportionnée de déchets toxiques. Maintenant que j’ai le temps et l’espace pour rédiger un nouvel article pour Esse, j’ai l’occasion d’approfondir ces idées.
J’ai trouvé un complément au travail d’Igharas dans un article de Caitlin Chaisson intitulé « Or noir : l’ésotérique et l’écologique1 1 - Caitlin Chaisson, « Or noir : l’ésotérique et l’écologique », traduit de l’anglais par Colette Tougas, ESPACE, no 110 (printemps-été 2015), p. 22-29, accessible en ligne. », publié en 2015 dans la revue ESPACE. L’autrice y aborde la construction de pipelines et les routes commerciales autochtones en Colombie-Britannique et en Alberta par rapport au projet de recherche-création Trading Routes: Grease Trails, Oil Futures (2014-2017) mené par l’artiste Ruth Beer, qui consiste en un grand réseau de pratiques, d’activités destinées au public et de publications. Les questions formulées par Chaisson se font l’écho des miennes. La plupart des infrastructures de l’industrie extractive sont dissimulées ; elles échappent, par conséquent, au regard des gouvernements et des citoyen·nes. En réalité, cette distance efface la violence infligée aux corps et aux environnements par des industries qui sont en décalage avec la réalité de la raréfaction des ressources dans le contexte de la crise climatique actuelle. Pourtant, la dure vérité concernant l’extraction des ressources n’est pas aussi éloignée qu’il y parait, ce qui suggère une prédominance – du moins en Occident – de l’ignorance et de l’apathie devant les conséquences inévitables de cette industrie pour les communautés vivant avec la « lente violence2 2 - Rob Nixon, Slow Violence and the Environmentalism of the Poor, Cambridge, Harvard University Press, 2013. [Trad. libre] » de l’exploitation minière, pétrolière et gazière.
Quel rôle peuvent jouer les artistes face à ces systèmes et dépendances matérielles omniprésents mais largement invisibles ? Quelles stratégies artistiques d’engagement existent au-delà de l’élan spectaculaire du photojournalisme vers un tourisme de catastrophe ?
Citant le livre Postcolonial Ecologies d’Elizabeth DeLoughrey et de George B. Handley, Chaisson nous rappelle qu’une question théorique plus profonde étaye ces préoccupations de l’art contemporain : étant donné l’entrelacement des systèmes qui lient la domination, l’oppression et la possession des mondes humain et plus qu’humain, pourquoi les enjeux environnementaux sont-ils souvent considérés à part des discours postcoloniaux3 3 - Caitlin Chaisson, loc. cit., p. 29. ?
En réfléchissant aux relations entre Trading Routes et le travail du cuivre d’Igharas, je me suis souvenue d’autres types de projets extractifs qu’il n’avait pas été possible d’aborder dans Erratic Behaviour, mais qui persistent impétueusement dans mon esprit – à savoir ceux qui impliquent le complexe nucléo-industriel. J’avais travaillé avec Igharas en 2022, avant l’exposition à la KWAG, dans le cadre d’une commande pour la Biennale d’art de Toronto exécutée en collaboration avec Erin Siddall : What Water Knows, The Land Remembers. C’est grâce à ce projet que je me suis familiarisée avec le passé, le présent et l’avenir de l’extraction et du traitement de l’uranium au Canada. Dans Great Bear Money Rock (2021-2022), Igharas et Siddall font face à la dévastation culturelle, physique et environnementale de la communauté dénée sahtúot’ine causée par la mine de Port Radium, aux Territoires du Nord-Ouest4 4 - Cette œuvre a été présentée dans le portfolio sur la pratique d’Igharas publié dans Esse. Maude Johnson, « Tsēmā Igharas », Esse, no 108 (printemps-été 2023), p. 68, accessible en ligne.. Ouvert dans les années 1930 pour la recherche médicale sur l’uranium, le site a été exploité massivement des années 1940 aux années 1960, en partie pour approvisionner le projet Manhattan, qui consistait à élaborer et tester la première bombe atomique. Avec des productions matérielles variées allant des cristaux radioactifs aux enregistrements sonores, l’installation collaborative établit un lien entre les répercussions invisibles mais néanmoins irréparables de l’industrie tant sur le corps que sur le territoire.
Les images manifestement spectaculaires de l’explosion des bombes nucléaires dominent l’imaginaire culturel, les médias de l’image étant les moyens de communication privilégiés5 5 - Jill Glessing, « Deconstructing Nuclear Visions », Esse, no 86 (hiver 2016), p. 94-97, accessible en ligne.. Mais les aspects moins visibles du complexe nucléo-industriel résistent à la représentation, qu’un maillon du système soit au service de l’armée ou qu’il alimente le réseau électrique civil. Cela est en partie dû à la nature imperceptible des radiations et aux sous-produits des mines et des industries secondaires – centres de traitement, sites-témoins, générateurs et installations de stockage des déchets –, qui contaminent l’environnement qui les entourent. Comme l’écrit le commissaire et professeur Blake Fitzpatrick, « les photographies sont des enregistrements incomplets, et ce que l’on y voit porte en soi son envers implacable dans ce qu’on ne voit pas : retombées radioactives cancéreuses, rayonnements, traumatismes et la vérité sur tout cela. […] Comment voit-on la toxicité des retombées nucléaires dans l’air, à la maison ou dans les limites de son propre corps6 6 - Blake Fitzpatrick, « Mary Kavanagh, Daughters of Uranium — La politique incarnée », Ciel variable, no 115 (été 2020), p. 32-41, accessible en ligne. ? » Les limites de la création d’images – de la représentation –, à la lumière des corps irradiés et des preuves matérielles, s’entrelacent à travers le compte rendu par Fitzpatrick de l’exposition Daughters of Uranium de Mary Kavanagh pour Ciel variable. En rassemblant une série d’œuvres interreliées réalisées selon diverses techniques dans les années 2010, Kavanagh met en avant le fardeau physique de l’activité nucléaire, le titre de l’exposition étant une référence à la prolifération d’éléments dans la chaine de désintégration radioactive7 7 - En chimie, « produits de filiation de l’uranium » [daughters of uranium] est le terme donné à la chaine de désintégration de l’uranium d’origine naturelle.. L’uranium 238 d’origine naturelle se désintègre sur une période de 4,468 milliards d’années, échelle de temps inconcevable par rapport à la brièveté de la vie humaine. Tout au long de ce processus, la contamination radioactive exploite les voies environnementales et biologiques, affectant les générations actuelles mais aussi celles qui suivront.
Je m’intéresse particulièrement aux manières dont le verre est utilisé dans le vocabulaire matériel qu’emploie Kavanagh, ainsi qu’Igharas et Siddall, pour dénoter l’incarnation de la contamination nucléaire. Dans Great Bear Money Rock, les formes géologiques ramassées à Port Radium sont enfermées dans des globes de verre soufflé spécialement conçus pour contenir la faible radioactivité qui subsiste – une barrière protectrice quoique translucide entre le public et le site d’extraction. L’œuvre Glass Breath (2014) de Kavanagh consiste en une série de fioles de verre que l’artiste a soufflées afin de capter et de rendre visible l’acte de respiration d’un corps qui porte le legs cancéreux de la contamination environnementale. Alors que la première se concentre sur le lieu d’extraction de l’uranium, la deuxième s’attarde aux sites d’essais et d’explosion nucléaires – par exemple Trinity, au Nouveau-Mexique – en ajoutant une couche référentielle à travers le lien avec les résidus vitreux de la trinitite, minéral radioactif issu de la fusion du sable et des débris sous la chaleur et la force de l’explosion.
Great Bear Money Rock, 2019-2021, vue d’installation, 5 Lower Jarvis, Toronto, 2022.
Photo : Toni Hafkenscheid & Rebecca Tisdelle-Macias, permission des artistes
Les sites du complexe nucléo-industriel s’étendent au-delà de ces exemples, en particulier dans la recherche sur les applications civiles telles que l’« énergie verte » pauvre en carbone comme alternative aux combustibles fossiles. Je suis passée devant les réacteurs de Bruce, de Darlington et de Pickering – 3 des 19 centrales de ma province natale, l’Ontario – d’innombrables fois. En plus de ces sites, il y a ceux de l’industrie secondaire, qui comprend la production d’isotopes, le traitement de l’uranium, la fabrication de combustible, la production et les essais spécialisés, ainsi que la gestion des déchets nucléaires et le déclassement. L’installation de conversion de Port Hope est la plus ancienne au Canada ; elle a d’abord effectué le raffinage de l’uranium de Port Radium en 1932, reliant ainsi ces deux lieux géographiques éloignés l’un de l’autre. La région du sud de l’Ontario détient le plus grand volume de déchets radioactifs historiques à faible activité au pays, « résultat de déversements, de fuites et de l’élimination généralisée de remblai contaminé et d’autres matériaux8 8 - Peter C. van Wyck, « How Canada Supplied Uranium for the Manhattan Project », CBC, 10 janvier 2025, accessible en ligne. [Trad. libre] ». Mais ces communautés ne sont pas les seules. Plus au nord, près d’Elliot Lake, la Première Nation de Serpent River subit encore les effets de l’usine d’acide sulfurique Noranda, qui, après avoir assuré le traitement de l’uranium de 1957 à 1963, a continué de contribuer à la dégradation et à la contamination de l’environnement et d’entrainer des répercussions sur la vie humaine et plus qu’humaine. Cette région présente encore des niveaux de radon et de rayonnement gamma qui dépassent largement le seuil autorisé9 9 - Lianne C. Leddy, Serpent River Resurgence: Confronting Uranium Mining at Elliot Lake, Toronto, University of Toronto Press, 2022..
J’ignorais tout de la dévastation occasionnée par l’extraction de l’uranium à Elliot Lake jusqu’à ce que je voie, peu après avoir déménagé à Toronto, l’installation Phenomenology (2015) de Bonnie Devine dans l’exposition Rocks, Stones and Dust présentée à la galerie Justina M. Barnicke de la University of Toronto. Je me suis souvenue de cette œuvre grâce à sa mention judicieuse dans un article de Cody Caetano paru dans Esse en 2023: « Asin : ce que la roche a à dire sur l’anxiété nucléaire10 10 - Cody Caetano, « Asin : ce que la roche a à dire sur l’anxiété nucléaire », traduit de l’anglais par Nathalie de Blois, Esse, no 108 (printemps-été 2023), p. 39-41, accessible en ligne. ». Depuis l’achèvement de sa maitrise ès beaux-arts à la fin des années 1990, Devine, membre de la Première Nation de Serpent River, produit des œuvres axées sur les thèmes de « la soif d’uranium et de pouvoir durant la guerre froide, l’héritage colonial, les contaminants cancérigènes et la résilience des peuples autochtones11 11 - Zoe Weldon-Yochim, « Mining Matter/s: Bonnie Devine, Anishinaabe Cosmologies, and Uranium Extraction on the Canadian Shield », Third Text, vol. 37, no 1 (janvier 2023), p. 25, accessible en ligne. [Trad. libre] » abordés pendant ses études. Phenomenology se compose d’une étagère de verre suspendue sur laquelle sont posés un échantillon de gneiss provenant de l’usine d’acide sulfurique démantelée – responsable de tant de dommages sur le territoire et dans les eaux de la Première Nation de Serpent River – et une petite boite métallique renfermant un morceau de minerai d’uranium. Les deux objets sont entourés de 92 piquets de bois couverts d’un tissu de mousseline. Caetano ancre son analyse du travail de Devine dans la conception du monde anishinaabe et la perméabilité qui relie tous les êtres dans « un respect des aspects apparemment indétectables de l’appartenance à la terre12 12 - Cody Caetano, loc. cit., p. 40. ».
Il me semble particulièrement opportun de revisiter cette œuvre de Devine. Même si l’article de Caetano est relativement récent, l’histoire de l’énergie nucléaire en Ontario et les répercussions sur les communautés autochtones continuent d’évoluer dans la mesure où le Canada cherche à accroitre ses activités nucléaires de manière significative afin d’atteindre ses objectifs d’énergie soi-disant propre (malgré le fardeau existant de la contamination industrielle, qui demeure entier). À la fin de 2024, la Société de gestion des déchets nucléaires a annoncé que la Nation ojibwée de Wabigoon Lake et le canton d’Ignace, à 250 kilomètres au nord-ouest de Thunder Bay, accueilleraient le premier dépôt en couches géologiques profondes du Canada. S’il devait se concrétiser, ce projet d’infrastructure aurait des ramifications immenses, puisque des déchets radioactifs à haute activité sous forme de millions de grappes de combustible nucléaire provenant de dizaines de sites partout au pays seraient transportés jusqu’à cet endroit. Déplacer l’entièreté des déchets existants prendrait de 40 à 50 ans environ, à raison de 2 à 3 voyages par jour13 13 - Desmond Brown, « NWMO Readies Initial Project Description for Proposed Nuclear Waste Disposal Site in Northwestern Ontario », CBC, 22 septembre 2025, accessible en ligne..
Phenomenology, vue d’installation, McMichael Canadian Art Collection, Vaughan, 2015.
Photo : permission de l’artiste
Cela me ramène donc aux questions qui m’ont préoccupée durant ma résidence, c’est-à-dire le rôle des commissaires, des artistes et des auteur·es dans la création d’une tribune pertinente où aborder des enjeux environnementaux cruciaux. Je soutiens que, au bout du compte, les artistes peuvent rendre visibles les structures, les systèmes et les industries qui souvent échappent à notre attention, particulièrement dans le cas des régimes énergétiques dans lesquels les conséquences sur les êtres humains et plus qu’humains ne sont pas aussi visibles, comme celui du complexe nucléo-industriel. Les projets commissariaux constituent un moyen efficace de montrer ce travail à un plus grand public, même si leur production s’accompagne d’un impact environnemental néfaste. Celui-ci, bien qu’il soit inévitable, peut être judicieusement atténué. L’écriture, contrairement à une manifestation matérielle, ne laisse aucune empreinte carbone, mais repose tout de même sur des techniques à fort coefficient de ressources. L’ordinateur avec lequel j’écris renferme des matériaux provenant d’industries extractives en « zones sacrifiées14 14 - L’expression « zones sacrifiées », qui durant la guerre froide décrivait « des zones devenues inhabitables en raison des niveaux élevés et durables de radioactivité provoqués par les expérimentations atomiques », désigne aujourd’hui « des endroits où les niveaux de pollution et de contamination sont tels qu’ils entraînent des effets dévastateurs sur la santé physique et mentale des résidents, ainsi que des violations des droits de l’homme ». David R. Boyd, Droit à un environnement propre, sain et durable : environnement non toxique, rapport du Rapporteur spécial sur les droits de l’homme et l’environnement au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, 2022, p. 7-8, accessible en ligne. », tire son énergie du mélange de nucléaire et d’hydroélectricité de ma province et est relié aux centres de données destructeurs dont dépend mon fournisseur de service Internet. Il n’y a pas de réponse unique à la question de la durabilité en art contemporain en général, empêtré·es comme nous le sommes dans les systèmes de l’extraction, du capitalisme et du colonialisme. Néanmoins, je crois sincèrement qu’il est possible d’envisager de réduire l’impact environnemental du travail que font les artistes, les commissaires et les auteur·es sans que leur contribution à ce débat s’en trouve amoindrie.
Traduit par Catherine Barnabé
Liens vers les articles cités : Caitlin Chaisson Maude Johnson Blake Fitzpatrick Cody Caetano
Katie Lawson est actuellement candidate au doctorat en art et culture visuelle, financé par le CRSH, à la Western University, où elle travaille avec le Centre for Sustainable Curating. Ses recherches s’articulent autour de ses intérêts de longue date pour l’eau, les déchets, la géologie, la justice environnementale et la justice pour les personnes en situation de handicap, le travail, la matérialité et les modes d’alimentation. Elle est commissaire et autrice établie à Toronto. Lawson a organisé des expositions pour la Biennale d’art de Toronto, la Galerie d’art de Kitchener-Waterloo, le Festival Images, le Musée d’art de l’Université de Toronto, le Musée des beaux-arts de l’Ontario et le Centre d’art MacLaren. En 2023, Lawson a remporté la résidence curatoriale Young Curator Residency de la Fondation Hnatyshyn & Fogo Island Arts.
