La mise en scène de l’institution et des politiques de l’art performance

Barbara Clausen

Ces dernières années, un nombre croissant d’artistes engagés dans des pratiques conceptuelles et performatives ont utilisé l’exposition à la fois comme une scène et comme un médium dans le but d’explorer leur relation avec les archives de leur propre histoire. En d’autres mots, ils relient en boucle le passé de l’art et la reproductibilité de sa présence tout en reconnaissant son auto-institutionnalisation croissante. Ces artistes et ces chorégraphes (dont Ai Arakawa, Jérôme Bel, Pablo Bronstein, Gerard Byrne, Boris Charmatz, Lynda Gaudreau, Andrea Geyer, Sharon Hayes, Luis Jacob, Xavier Leroy, Sarah Michelson, Paulina Olowska, Sarah Pierce et Emily Roysdon) utilisent le cadre de l’exposition pour explorer les stratégies de l’éphémère et sa manifestation physique, en considérant celle-ci comme un mode de production axé sur la durée plutôt que comme l’expression d’un état passager. Par leurs performances, leurs chorégraphies, leurs enregistrements visuels, leurs conférences, leurs écrits et leurs installations, ils réfléchissent activement aux dynamiques médiatiques de ces formes d’art soi-disant « dématérialisées » qui, dans les faits, passent souvent par l’image ou par l’objet ; ils explorent les strates chronologiques de l’exposition vue comme un médium performatif et procèdent avec acharnement à une lecture et à une transmutation de leurs sources dans le cadre de l’exposition1 1 - La majorité de ces créateurs ne se considèrent pas comme des artistes de la performance au sens classique du terme, mais ont adopté des pratiques axées sur la performance et des pratiques relationnelles, qui constituent dorénavant une partie essentielle de leur vocabulaire artistique. Quant aux chorégraphes mentionnés plus haut, entre autres Bel, Charmatz, Gaudreau, Leroy et Michelson, ils utilisent de plus en plus la salle d’exposition en tant qu’espace contextuel (site specific) d’exploration chorégraphique, traduisant leurs chorégraphies à l’intérieur de l’exposition.. Leur travail s’entremêle avec divers fils historiques (critique institutionnelle, art d’appropriation, esthétique relationnelle et renouveau de la performance) dont il propose une contrelecture.

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Cet article parait également dans le numéro 81 - Avoir 30 ans
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