Nelly-Ève Rajotte

Dominique Sirois-Rouleau
  • Nelly-Ève Rajotte, Apex_02, 2013. Photo : Nelly-Ève Rajotte
  • Nelly-Ève Rajotte, Claustrophobie des grands espaces, 2016. Photo : Caroline Cloutier
  • Nelly-Ève Rajotte, Claustrophobie des grands espaces, 2016. Photo : Caroline Cloutier
  • Nelly-Ève Rajotte, EI, 2011. Photo : Bettina Hoffmann
  • Nelly-Ève Rajotte, Sidus, 2014. Photo : Nelly-Ève Rajotte
  • Nelly-Ève Rajotte, Koe, 2013. Photo : Nelly-Ève Rajotte

Nelly-Ève Rajotte explore le paysage tel un environnement naturel autant que culturel. Elle s’intéresse à la nature, aux non-lieux et aux architectures avec la même sensibilité dramatique qui exsude de ses stratégies de projection. Les images se doublent, se superposent et se brouillent sur la bande vidéo alors que les éléments et les sites représentés se font plus complexes et singuliers. Des trames sonores bouleversantes et étrangement physiques s’ajoutent au visuel et augmentent la réalité composée par l’artiste. Ainsi, le paysage chez Rajotte navigue du réel à la fiction pour s’enraciner dans l’émotion du spectateur.

L’artiste redéfinit le paysage en empruntant aux codes historiques de sa représentation. À l’instar des romantiques, elle manipule les couleurs, la lumière et l’ambiance afin de dépasser les effets picturaux traditionnels au profit d’une expérience plus près du sublime. À ce titre, ses projections extérieures bonifient la portée sensible de ses œuvres en les dotant d’une perspective sculpturale. Par la monumentalité de leur support architectural, la vidéo et le son deviennent eux-mêmes paysage.

Rajotte met le monde à distance et le dérobe à ses clichés en laissant son expérience devenir sujet. En effet, de la projection traditionnelle à son corpus in situ, les conditions perceptives du paysage sont au coeur de ses oeuvres. Ce travail toujours précis de la mise en scène sert en ce sens un renouvèlement de la contemplation en en faisant un exercice qui engage le corps entier.

L’activité immersive de l’art de Rajotte définit un espace particulier où le paysage défile et le spectateur s’arrête, si bien que la contemplation devient un acte de transition entre le lieu, l’expérience et leurs effets réciproques. Le temps se révèle alors comme l’indice dynamique de ces interactions. Il se suspend dans la contemplation mais condense à lui seul l’image, le son et l’espace.

En somme, Rajotte met à l’épreuve le paysage en matérialisant son expérience. Elle l’inscrit dans l’impermanence du sentiment et, de là, elle révèle la métamorphose incessante d’environnements immobilisés par nos attentes.

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