Éditorial no 7

Comité de rédaction
ESSE n'a pas chômé depuis son dernier numéro. Avec celui-ci, elle entreprend déjà sa troisième année de parution. Marie-Josée Therrien, membre de l'équipe depuis le début nous a quitté-e-s temporairement. 

Le comité de rédaction a été élargi à 5 personnes. Suzanne Beauchamp et Johanne Chagnon sont les deux seules membres de l’ancien comité. Les nouveaux collaborateurs à la rédaction sont André Greusard, Geneviève Chagnon (ni la soeur, ni la cousine de Johanne) et Jean Pelchat.

La composition du nouveau comité est à l’image des objectifs de la revue qui sont de faire se côtoyer plusieurs points de vues d’individus de formation différente. Le comité s’appliquera à privilégier tout particulièrement la jeune génération, autant les artistes que les historien-n-es… le triolet habituel, quoi ! Finis, dans les pages de la revue, les Picasso, Miro et autres artistes qui ont déjà eu leur solo a MAC, MBA ou ailleurs…

Et ce ne sont pas des paroles en l’ait. Conjointement à ce numéro que vous avez en mains. ESSE lance son premier numéro hors-série. Parti du concept de revue “virée à l’envers” et coordonnée par Johanne Chagnon, aidée de Jean Pelchat, le numéro entièrement visuel, sauf sa page de couverture, réunit une vingtaine d’artistes et autant de propositions. Voilà pour ce qui est du rayonnement de ESSE. D’ailleurs, souvenez-vous du colloque de sociologie de l’art au printemps 85, ESSE en était l’instigatrice. (On est peut-être à court de main d’oeuvre, mais pas à court d’initiatives !).

Durant l’été, le comité s’est penché sur l’établissement d’une politique éditoriale. Vous pourrez constater dans ce numéro et les suivants, comment ESSE désire prendre sa place sur la scène des revues montréalaises en ce qui a tait à la jeune création et au milieu artistique en général.

L’éditorial est le lieu de définition de la revue : éclaircir la position de ESSE. L’éditorial saura, nous l’espérons, catalyser les énergies, les propositions. Il saura aussi déclencher l’échange d’opinions autant des créateurs que des critiques…

Jusqu’à maintenant, ESSE se permettait des “éditoriaux” discrets. À chaque numéro apparaissait, généralement en première page, un petit carré de texte où le comité de rédaction présentait le contenu de ses pages, invitant à la lecture. Le rôle du comité étant de rendre possible, de favoriser la prise de parole. C’est déjà beaucoup, puisque souvent favoriser veut dire provoquer, encourager, “accoucher” les textes et les initiatives tout comme Socrate accouchait des âmes ! Pourtant, cela ne nous a pas suffi et nous avons pensé qu’il était temps pour nous de prendre position. Cela impliquait entre autres, une redéfinition des politiques de la revue en ce qui concerne la sélection des textes et des sujets traités. Maintenant que la structure est mise en place (6 numéros à notre actif) le comité se donne le droit d’être plus exigent : nous voulons définir notre position critique dans un éditorial qui engage l’équipe; nous voulons des textes où se débattront des idées de manière articulée et polémique; nous souhaitons la participation accrue à l’intérieur des pages. Bref, nous voulons aller au-delà du simple constat. Dans un milieu scolaire et, qui plus est, une institution, ce n’est pas évident. Effectivement, le contenu de ce numéro laisse voir qu’à l’école, si on cultive la capacité d’analyse et si on acquiert des connaissances afin de posséder des outils théoriques, les idées, elles, s’épanouissent bien timidement. Souvent, dans son texte, l’auteur est le dernier à prendre la parole. On parle au nom d’un tel ou d’une telle, ou bien de tel lieu critique plutôt que de tel autre, mais toujours dans un discours fortifié (comme les châteaux !). On se garde bien de la faille, de l’erreur, bref du risque et de la riposte. C’est le défi que ESSE veut relever : combiner le savoir et l’effronterie, l’intelligence et la délinquance.

À cet égard, on s’en tire quand même pas mal dans ce numéro-ci. Lentement, mais sûrement…

Suggested Reading