Aryan Kaganof, Dead Man II: Return of the Dead Man, Pays-Bas | The Netherlands, 1994.
photo : permission | courtesy Cinéma abattoir

À l’assault
La guérilla culturelle de Cinéma Abattoir

Dans le paysage cinématographique québécois de forte obédience consensualiste, Cinéma abattoir fait figure de guérilléro culturel. Loin d’être une simple formule poétique, cette expression sied à merveille aux actions menées par Pierre-Luc Vaillancourt au cours des dernières années sous le nom de Cinéma abattoir. De fait, ce dernier consacre une large part de son énergie créatrice à développer cette plateforme éditoriale permettant à ceux qui s’y joignent, ne serait-ce que le temps d’une seule soirée, d’expérimenter une forme de résistance culturelle aux pratiques de la société de consommaction. Cinéma abattoir, structure de diffusion des cinémas différents, rayonne en organisant des soirées de projection cinématographique et en éditant une collection de DVD. Pour Vaillancourt, c’est une tentative d’infliger au corps social anesthésié un soubresaut de barbarisation, une autobarbarisation dirait Alain Brossat1 1 - Alain Brossat, Le grand dégoût culturel, Seuil (Non-conforme), 2008, particulièrement la page 71., visant à lui administrer un électrochoc salvateur, une sorte de légitime défense immunitaire. Ainsi, participer aux différentes manœuvres de Cinéma abattoir équivaut à pratiquer une forme de dissidence culturelle, à se réclamer d’une minorité active, d’un cénacle d’initiés vouant un certain culte au radicalisme de cette déviance.

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