Anne Le Troter
Les volontaires, pigments-médicaments

Nathalie Desmet
Bétonsalon, centre d’art et de recherche, Paris du 18 février au 23 avril 2022
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Anne Le Troter Les volontaires, pigments-médicaments, vues d’exposition, 2022.
Photos : © Antonin Horquin
Bétonsalon, centre d’art et de recherche, Paris du 18 février au 23 avril 2022

L’exposition Les volontaires, pigments-médicaments, commissariée par Émilie Renard, est le fruit d’une bourse de recherche à partir du fonds Marc Vaux, photographe de la vie artistique parisienne entre 1920 et 1970. Producteur d’une archive conséquente de vues d’ateliers et de portraits d’artistes du Montparnasse, il a également été fondateur en 1946 d’un foyer d’entraide aux artistes et aux intellectuel·le·s précarisé·e·s par la guerre. Pour ce projet à Bétonsalon, Anne Le Troter reprend l’un des sujets qu’elle affectionne particulièrement : les organes de la parole – les dents, la bouche, la langue, le souffle… Elle a examiné ce fonds en ayant, dit-elle, d’abord « regardé les bouches » pour chercher à les faire parler. Parmi toutes les figures en présence, Le Troter s’est arrêtée sur celle de Louise Hervieu. Des portraits montrent cette dernière engoncée dans un manteau, la tête recouverte d’un châle, présentant un visage tendu qui trahit un certain inconfort, peut-être même de la douleur. On apprend qu’elle était syphilitique de naissance. Ce visage exprime tant de vulnérabilité qu’on a du mal à l’associer à celle qui fut peintre et romancière, mais aussi surtout à celle qui créa l’association de lutte pour la généralisation du carnet de santé, un outil de suivi des soins attribué en France à chaque enfant à sa naissance.

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Cet article parait également dans le numéro 105 - Nouveau nouvel âge
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