Ala Younis Plan for Feminist Greater Baghdad, détail, 2018.
Photo : Tim Bowditch, permission de Delfina Foundation & Art Jameel

Trophées et monuments

Noa Bronstein
L’architecture est à la fois forme et document social, contenant et instrument commercial. Fermement implantés dans l’imaginaire culturel, les édifices agissent comme dispositifs politiques autant qu’ils délimitent l’espace. Voilà qui est manifeste, notamment, dans le cas des musées, des salles de concert, des ambassades, des écoles et des stades. Ce sont d’ailleurs ces derniers qui feront l’objet de l’analyse qui suit. Dans des projets de Babak Golkar et d’Ala Younis, les stades et les formes qui s’y rapportent en viennent à constituer des typologies fascinantes en raison de leur association au sport, qui leur donne un rôle de prédilection dans la construction des nations et des mythes. À l’instar des bâtiments, qui ne sont jamais seulement des bâtiments, le sport pratiqué dans les arénas va bien au-delà de l’athlétisme pour s’insi­nuer profondément dans les sphères sociale et politique.

En choisissant de s’intéresser à ces espaces particulièrement chargés, tant Golkar que Younis signent des projets qui abordent l’axe du pouvoir, de l’histoire et de la mémoire, enchâssé dans l’expression architecturale de l’État, du sport et de la culture. Les deux artistes empruntent, comme matière première, des documents ­d’archives à dessein de produire des contre­lectures. Entre la vocation initiale des archives et leur réaffectation, il existe un espace ténu où le stade apparait comme un lieu de fantasme, de crise et de désir.

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Cet article parait également dans le numéro 103 - Sportification
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