86_DO03_Rosamond_Rafman_The 9 Eyes of Google Street View
Jon Rafman The 9 Eyes of Google Street View, 2009-, vue d’installation, End User, Hayward Gallery Project Space, London, 2014-2015.
Photo : Michael Brzezinski

L’économie de la surveillance : vers une géopolitique de la personnalisation

Emily Rosamond
Le 20 mai 2013, Edward Snowden, analyste d’infrastructure chez Booz Allen Hamilton, s’envola discrètement pour Hong Kong depuis Hawaii, après avoir demandé un congé. Bientôt la nouvelle faisait le tour du monde : Snowden avait divulgué des documents confidentiels qui révélaient l’ampleur du programme de surveillance mondiale mis en place par l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA). En s’appropriant les métadonnées téléphoniques et internet, la NSA avait mis en œuvre un projet ambitieux : recueillir le contenu de toutes les communications personnelles – courriels, appels, recherches en ligne et autres.

Ce faisant, l’agence a conceptualisé (et créé) un lien systématique entre deux sites géopolitiques foncièrement différents. D’un côté, la pensée de l’individu : une combinaison abstraite de points de vue, de données et de tendances minutieusement analysées, qui se déplace dans l’espace tout en coproduisant des réseaux fluctuants. De l’autre, l’entrepôt de données (notamment l’Utah Data Center) : un site d’entreposage où dorment des dossiers individuels, remplis d’informations personnelles, pouvant être consultés lorsqu’ils deviennent « intéressants ».

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