Binh Danh Jimmy W. Phipps (18 years old), 2008
Photos : permission de l'artiste & Haines Gallery, San Francisco

La photographie entre nature et culture

Roger Hopgood
Les végétaux sont bien enracinés dans l’histoire de la photographie. Des « dessins photogéniques » de fougères réalisés par William Henry Fox Talbot aux tulipes érotisées de Robert Mapplethorpe, la sophistication naturelle des plantes et des fleurs se révèle tout entière dans la forme photographique. Or, la capture de la flore par les moyens mécaniques de l’objectif et de l’obturateur n’est pas toujours comprise comme la rencontre de deux opposés. Il arrive même que le procédé photographique passe pour une sorte de complice naturel, presque vierge de toute détermination humaine. Pour Louis-Jacques-Mandé Daguerre, par exemple, à propos du daguerréotype, qu’il breveta en 1839, la photographie « n’est pas un instrument servant à dessiner la nature, mais un processus chimique et physique qui lui donne la facilité de se reproduire d’elle-même1 1 - Voir Mary Warner Marien, Photography: A Cultural History, Londres, Laurence King, 2006, p. 23. [Version française tirée de François Brunet, « La photographie : (nature + culture) x histoire », Nature ou culture, Institut universitaire de France et Université de Bourgogne, mai 2014, Dijon, France, p. 143-154, https://hal-univ-diderot.archives-ouvertes.fr/hal-01378203/document.] »

On ne devrait pas trop s’étonner de ce que les premiers photographes aient perçu leur travail comme une sorte de partenariat avec la nature. La vénération des romantiques pour le paysage s’était étendue bien avant dans le 19e siècle, et les nouveaux moyens de produire un reflet du monde grâce à la lumière et à la chimie devaient avoir un effet magique, au début.

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Cet article parait également dans le numéro 99 - Plantes
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