Babe-Cover
Babe, couverture, 2015.
Photo : permission de Prestel
New York, Prestel, 2015, 176 p.

Pour une femme, faut-il être nue pour entrer au Metropolitan Museum ? La célèbre question lancée par les activistes des Guerrilla Girls se pose encore aujourd’hui. Créée en 2010 par la photographe et plasticienne Petra Collins, The Ardorous est une plateforme en ligne destinée à offrir une visibilité internationale au travail de jeunes femmes artistes. Babe, ouvrage publié en 2015, apparait comme un premier bilan de cette aventure, où la réflexion sur l’identité féminine et la sexualité est centrale. Suffit-il de rassembler des femmes artistes et de s’insurger contre un monde de l’art dominé par les hommes pour faire un recueil d’œuvres féministes ? Avec sa couverture rose clair gravée de signatures blanches parfois illisibles, parfois reconnaissables (Brigitte Geijer, Joana Avillez, Jeanette Hayes, Grace Miceli, Minna Giligan…), Babe affiche une esthétique girly. À l’intérieur, du jaune poussin, du mauve tendre, des photos montrant pour la plupart des corps de nymphettes à peine pubères. A-t-on affaire à un ouvrage superficiel ou discrètement pédophile ? Beaucoup des œuvres présentées rejoignent une tendance associée à diverses formes de kitch, particulièrement les photographies de Britte Geijer et d’Arvida Byström ou les collages de Minna Gilligan. Babe serait donc un ouvrage kitch ascendant Lolita, Seapunk, ou Babydoll.

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Cet article parait également dans le numéro 90 - Féminismes
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