Julie Ouellet

Itay Sapir
1700 La Poste, Montréal Du 23 avril au 18 juillet 2021
Julie OuelletJulie Ouellet, vue d'exposition, 2021.
Photo : Guy L’Heureux
On peut enseigner l’histoire de l’art avec force diapositives, noms étrangers et exemples hétéroclites ; et on peut éventuellement le faire tout aussi bien en visitant la riche exposition rétrospective de Julie Ouellet. On y découvre, en effet, que depuis 20 ans environ, l’artiste québécoise rejoue ingénieusement de nombreux nœuds (c’est le cas de le dire) vitaux de l’histoire de l’art. Dans son travail, elle aborde le dessin et le coloris, s’interroge sur la complexité et la simplicité, la multiplicité et l’unicité, questionne le poids respectif du corps et de l’esprit et poursuit un passage graduel de la figuration à l’abstraction.

C’est son propre corps qui a servi à Ouellet de matière première pour ses premières œuvres ; vers 2010, ce corps se multiplie et on commence à voir plusieurs formes humaines s’enchevêtrer, se mêler, fusionner. La peinture « en taches », comme la pittura di macchia du vieux Titien, crée, à partir de masses organiques et de membres qui dépassent, des images tout à la fois érotiques et suffocantes, séduisantes et dérangeantes, entre Rorschach et Kamasutra. La peinture à la cire est parfois chromatiquement neutre, noire ou grise, mais dans d’autres cas le rouge sanguin – on dirait même le rouge charnel – ou le chaos bariolé renforcent le sentiment de malaise devant ces œuvres si expressives, si dénudées.

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Cet article parait également dans le numéro 103 - Sportification
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