Carte blanche à Anne Imhof

Natures mortes

Nathalie Desmet
Palais de Tokyo, Paris du 22 mai au 24 octobre 2021
Anne Imhof Natures mortes,vue d’exposition, 2021.
Photo : Andrea Rossetti, permission de l’artiste, Galerie Buchholz et Sprüth Magers
Palais de Tokyo, Paris du 22 mai au 24 octobre 2021
Faust, la performance magistrale d’Anne Imhof ayant marqué la Biennale de Venise en 2019, a fait que l’exposition Natures mortes était très attendue. L’artiste nous y introduit par un long corridor construit avec de grands panneaux de verre fumé transparents ou opaques, rayés, tagués, provenant de bureaux désaffectés. À l’extérieur, au-delà de notre propre reflet, se laisse apercevoir Finite Infinite de Sturtevant, la vidéo de la course éreintante d’un chien, une photographie de Wolfgang Tillmans présentant un jeune homme ivre mort dormant dans un caniveau ou encore sept peintures de Imhof elle-même, représentant la chute du soleil au crépuscule. Le dispositif procède à la fois du constat de la fin inéluctable d’un monde et d’un appel à fuir. Le sas débouche sur un espace conçu avec Eliza Douglas, son alter ego, dont le travail sonore est capital tant il colore cette carte blanche dans son entièreté, à renfort de nappes, de boucles répétitives, entêtantes et de hurlements. Dans une salle en retrait, la vidéo d’une performance réalisée à la Tate Modern, Sex, permet de retrouver le vocabulaire par lequel Anne Imhof s’est fait connaître : mise en scène de jeunes urbains désabusés, fascinants de morgue et de froideur, dont on suit les affrontements ou les rapprochements sans vraiment en saisir les motivations. Telle une introduction synthétique, tous ces éléments créent un terreau fertile pour la suite de la proposition.
Anne Imhof
Untitled, 300 × 190 cm, 2017.
Photo : Aurélien Mole, permission de l’artiste et Galerie Buchholz
Anne Imhof
Untitled (Imagine), 25 × 31 × 25 cm, 2019.
Photo : Aurélien Mole, permission de l’artiste et Galerie Buchholz

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Cet article parait également dans le numéro 103 - Sportification
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