Auto/Pathographies

Ariane De Blois
Tamar Tembeck (dir.), Alma, Sagamie édition d’art, 2014, 114 p. [publication bilingue]

Avec l’avènement récent de la télé réalité et des médias sociaux, qui participent à la mise en scène de soi et à l’exposition de l’intime, la diffusion d’images de personnes malades ne se trouve plus uniquement cantonnée à la sphère médicale. Mais certes plus libre et abondante, cette diffusion d’images, qui dédramatisent (et peut-être banalisent) certaines expériences liées à la maladie, se trouve largement ancrée dans une « rhétorique de survie », évacuant l’idée de la finitude et du sujet mourant. Faisant suite à une exposition de groupe sur le thème de la maladie et de la mort, présentée au Kunstpavillon d’Innsbruck à l’été 2009 puis à Oboro à Montréal à l’automne 2012, l’ouvrage Auto/Pathographies de la commissaire Tamar Tembeck propose une réflexion critique sur les défis de représenter la maladie. Le livre, qui documente le projet d’exposition, ne présente pas de façon systématique toutes les œuvres exposées, mais aborde plutôt de façon sensible les enjeux esthétiques et éthiques liés à l’auto/pathographie, un sous-genre de l’autobiographie dans lequel « l’histoire du sujet est centrée sur l’expérience de la maladie ». L’ouvrage démontre ainsi comment les pratiques performatives et visuelles de nature auto/pathographique, qui invitent à une contemplation lente, contribuent à produire un discours positif sur la maladie et l’approche de la mort. Situant le sujet dans une perspective historique et culturelle, le texte de Tembeck expose à cet effet avec éloquence comment les « artistes-patients » développent à travers leur pratique un « sentiment d’empowerment » qui révoque « le sentiment de “rupture biographique” provoqué par un diagnostic ».

Cet article est réservé aux visiteur·euse·s connecté·e·s

Créez-vous un compte gratuit pour lire la rubrique complète !

Se créer un compte
Cet article parait également dans le numéro 83 - Religions
Découvrir

Suggestions de lecture