Alejandra Basañes
Le silence des femmes est plein d’histoires

Bernard Lamarche
Engramme, Québec
du 12 janvier au 17 février 2024
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Alejandra BasañesLe silence des femmes est plein d’histoires, vue d’exposition, 2023.
Photo : Marion Gotti
Engramme, Québec
du 12 janvier au 17 février 2024
J’ai souvent entendu dire que les gestes les plus discrets peuvent se révéler de la plus grande importance. En arts visuels, j’ai fréquemment été attiré par des œuvres de petit format, capables de contenir une force immense. Avec les travaux récents de l’artiste Alejandra Basañes présentés pour la première fois à la Biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières en 2021, puis à Engramme l’hiver dernier, je retrouve ces deux modalités. Dans une exposition dont la dimension picturale s’avérait de loin la plus puissante, une série de pièces de coton épais, littéralement marquées par l’artiste à l’aide de fers à repasser d’époques révolues, côtoyaient quelques dessins fantomatiques, troublants, faits au charbon. L’ensemble évoquait sur un mode revendicateur un pan peu valorisé du quotidien des femmes.

Outre, dans l’espace, quelques présentoirs sur lesquels reposaient des fers à repasser vraisemblablement trouvés dans des brocantes, les œuvres sur tissu, au mur, montraient deux par deux des formes grillées, comme une galerie de portraits. La force du geste tenait à une posture doucement subversive. L’artiste a accompli un acte irréversible, à savoir « oublier » le fer au point d’abimer le tissu qu’il devait servir à lisser, erreur fatale que nos mères nous ont maintes fois imploré·es d’éviter (quoique, dans la maison où j’ai grandi, exceptionnellement sans doute, c’est mon père qui s’est chargé de cet enseignement). Rappelant une ogive, comme une madone voilée, ou présentant une figure plus allongée, oblongue, que l’artiste associe à la vulve, ces formes portent en elles une violence sourde.

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Cet article parait également dans le numéro 111 - Tourisme
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