Au cours des deux dernières décennies, nombre d’institutions muséales ont invité des artistes à construire des expositions, parfois à partir de leurs collections ou avec leur appui logistique. On peut penser aux projets « carte blanche » du Palais de Tokyo, à la série Unilever de la Tate Modern ou encore au programme Artiste en résidence du Musée McCord. Au-delà des invitations lancées par des musées, on assiste à l’émergence de pratiques artistiques qui intègrent des stratégies commissariales et où l’exposition sert de dispositif. À partir d’une conception de l’artiste comme commissaire, je propose d’utiliser le terme « art commissarial », qui pourrait regrouper essentiellement les expositions mises en œuvre et déterminées par des artistes, qu’elles soient conceptuelles, critiques ou collaboratives. Ces initiatives méthodologiques soulèvent certes des questions. Quelle place laisse-t-on à la création dans les démarches commissariales ? Les artistes ont-ils une plus grande licence de pratique que les commissaires ? Comment établir un cadre éthique adapté à l’utilisation, à l’appel ou à la commande d’œuvres ? Comment la notion d’auteur, inhérente à l’acte de création, est-elle affectée par les démarches collaboratives ou de coproduction ?

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Cet article parait également dans le numéro 84 - Expositions
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