Dans une salle noire, une source lumineuse éclaire jes sachse, une personne non-binaire assise, aux habits colorés. Iel porte une pipette à ses lèvres. Un micro est placé à sa droite.
jes sachse Doored 26, vue de performance, Double Double Land, Toronto, 2016.
Photo : Yuula Benivolski

jes sachse, agit-propagandiste

Christina Oyawale
L’existence de la personne handicapée a longtemps été porteuse d’une corporéité liée inextricablement à des siècles de soumission. En Amérique du Nord en particulier, cet encombrant passé s’est construit sur l’institutionnalisation, la médicalisation et l’eugénisme, à partir du 19e siècle et jusqu’au milieu du 20e. En cette minute même, les personnes handicapées se heurtent toujours à la marginalisation systémique, dont la violence nonchalante continue de se répandre en raison des effets socioéconomiques du capitalisme néolibéral – à savoir les mesures d’austérité et la privatisation des soins.

Une telle situation ouvre la voie aux artistes handicapé·es pour parler de leurs expériences à travers une réflexion sur l’infantilisation et la fétichisation des récits de handicap. Au 20e siècle, cette histoire difficile a donné lieu à l’éclosion d’une esthétique handie ancrée dans les revendications politiques explicites, mais récupérée par le milieu artistique plus vaste, qui requiert l’hypervisibilité des artistes handicapé·es – au profit, cette fois encore, du capitalisme. Dans ce contexte, le geste politique qui consiste à « handicaper » ou à « queeriser » le statuquo prend encore plus d’importance au sein même des arts du handicap, dans la mesure où il sert à critiquer, à manipuler ou à mettre à l’épreuve les dérivés d’un système socioéconomique qui trahit chaque jour les personnes handicapées.

Ce contenu est offert avec un abonnement Numérique ou Premium seulement. Abonnez-vous pour lire la rubrique complète et avoir accès à tous nos Dossiers, Hors-Dossiers, Portfolios et Chroniques !

S’abonner (à partir de 20 $)

Vous avez déjà un abonnement Numérique ou Premium ?

Se connecter

Vous ne souhaitez pas vous abonner ? Sachez que d’autres contenus sont accessibles si vous avez un compte Esse. C’est gratuit et sans achat ultérieur requis ! Créez un compte ou connectez-vous :

Mon Compte

Cet article parait également dans le numéro 117 - Handi
Découvrir

Suggestions de lecture