Kim Waldron

Saelan Twerdy
  • Head Office (Blue Monochrome), de la série Kim Waldron Ldt., 2017. Photo : permission de Kim Waldron Ldt. & Galerie Thomas Henry Ross art contemporain, Montréal
  • Worker #2, tiré du projet Made in Québec, 2015. Photo : permission de l'artiste & Galerie Thomas Henry Ross art contemporain, Montréal
  • Worker #15, tiré du projet Made in Québec, 2015. Photo : permission de l'artiste & Galerie Thomas Henry Ross art contemporain, Montréal
  • Worker #28, tiré du projet Made in Québec, 2015. Photo : permission de l'artiste & Galerie Thomas Henry Ross art contemporain, Montréal

Les autoportraits photographiques mis en scène de Kim Waldron sont souvent le résultat de projets de longue durée qui placent l’artiste dans des situations sociales. À travers l’autoreprésentation, Waldron s’interroge sur la place de l’individu dans le monde social – ce qu’il fait, comment il est perçu par les autres – de façon à aborder tant les relations intimes que les domaines professionnels et économiques. Se représentant souvent dans différents contextes de travail, elle crée des tableaux narratifs qui examinent le travail socialement visible et ceux qui l’exécutent. Parallèlement, une grande part de sa pratique dépend de ce qui se déroule derrière la scène : accès aux sites et aux ressources, apprentissage des habiletés, construction des relations et de la confiance, engagement d’un dialogue rendant le travail possible et déterminant sa forme.

Working Assumption (2003) jette les bases des occurrences subséquentes du travail dans sa pratique : elle emprunte à des étrangers de diverses professions leurs habits et espaces de travail, dans lesquels elle se photographie en exécutant leurs tâches. Dans Made in Québec (2015), elle aborde la dynamique du pouvoir dans la distribution mondiale du travail. Waldron « s’exporte » à Xiamen, en Chine, où elle tente de redonner une partie du temps ouvré que nous épargne l’industrie chinoise bon marché en y performant du travail bénévole. S’attendant à trouver Xiamen (zone économique spéciale) dominée par de grandes usines, Waldron découvre que ces endroits sont difficilement visibles. On la place plutôt dans de petites entreprises où, afin de réduire les complications dues à la traduction et à la formation, elle réalise principalement des mises en scène photographiques comme moyen de se mêler aux travailleurs. Comme les images incongrues de Working Assumption montrant une femme drapée dans des uniformes trop grands – prêtre, mécanicien, homme d’affaires –, Made in Québec repose sur la présence de l’artiste dans un contexte auquel elle ne semble pas appartenir. Avec son plus récent projet, Kim Waldron Ltd. (2016-), elle dépasse l’identité individuelle en réfléchissant à la délocalisation et à la financiarisation de l’économie mondiale par la création d’une entreprise à Hong Kong.

Traduit de l’anglais par Catherine Barnabé

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