Jake & Dinos Chapman, Arbeit McFries, 2001.
photo  : Hugo Glendinning & Stephen White © Jake & Dinos Chapman, permission | courtesy White Cube, Londres

Les sculptures, les estampes et les installations de Jake et Dinos Chapman examinent avec une intelligence et une énergie décapantes la politique contemporaine, la religion et la moralité. Travaillant ensemble depuis l’obtention de leur diplôme du Royal College of Art en 1990, les Chapman ont été acclamés par la critique pour la première fois en 1991 pour une série de dioramas intitulée Disasters of War. Les sculptures sont fabriquées à partir de figurines de plastique remodelées qui reproduisent des scènes des gravures de Goya du même titre. Hell (1999) est peut-être leur œuvre la plus ambitieuse : il s’agit d’une immense fresque sur table peuplée de plus de 30 000 personnages remodelés d’environ cinq centimètres de hauteur, dont bon nombre portent l’uniforme nazi et qui commettent des actes d’une extrême cruauté. L’œuvre combine un propos historique, religieux et mythique et présente un instantané apocalyptique du 20e siècle. Tragiquement, elle a été détruite dans l’incendie du MOMART en 2004 ; en riposte à ce coup du sort, les artistes ont annoncé leur intention de créer une nouvelle œuvre plus ambitieuse encore en envergure et en détail : Fucking Hell (2008). Dans l’intervalle, ils ont créé The Chapman Family Collection (2002), une œuvre qui regroupe des sculptures rappelant le butin d’un explorateur victorien tout en représentant des personnages créés par la multinationale McDonald. Évoquant d’une part des objets fétiches exotiques, et d’autre part les cadeaux bon marché offerts par le géant de la malbouffe ainsi que l’impérialisme et la mondialisation, la série crée une puissante impression de disjonction. Jake Chapman est né 1966 à Cheltenham, et Dinos Chapman, en 1962 à Londres. C’est dans cette ville qu’ils vivent et travaillent.

Jake & Dinos Chapman, Fucking Hell, 2008.
photos : Hugo Glendinning & Stephen White © Jake & Dinos Chapman, permission | courtesy White Cube, Londres
Cet article parait également dans le numéro 70 - Miniature
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