Pop-up

Nathalie Desmet
Astérides, Friche la Belle de Mai, Marseille, du 18 avril au 6 juillet 2014
Pop-up, vue d’exposition, Friche la Belle de Mai, Marseille, 2014. Photo : © JC Lett
Astérides, Friche la Belle de Mai, Marseille, du 18 avril au 6 juillet 2014
En 1992, Gilles Barbier, Claire Maugeais, Jean-Christophe Nourrisson et Sandrine Raquin créaient l’association Astérides au sein de la Friche la Belle de Mai. D’abord projet d’ateliers et de résidences internationales, Astérides est devenu peu à peu le lieu d’une communauté de pratiques, puis une pépinière pour les artistes émergents. Vingt ans plus tard, l’association Astérides peut être fière de son bilan. L’exposition Pop-up n’est pas une exposition à texte où un discours curatorial tendrait à supplanter les propositions artistiques, mais un projet qui cherche à déployer dans l’espace la portée et les dimensions multiples de l’association. Conçue comme le prolongement du livre Vingt ans après..., l’exposition montre des trajectoires et une mise en perspective des travaux réalisés par des artistes lors de leur résidence à Astérides. Elle indique non seulement la formidable intuition qui a présidé aux choix des artistes accueillis depuis vingt ans – de nombreux artistes aujourd’hui reconnus sont passés par la résidence d’Astérides (Saâdane Afif, Virginie Barré, Jimmie Durham, Raphaël Zarka...) –, mais aussi la capacité de l’association à valoriser les jeunes artistes (Bettina Samson, Chloé Dugît-Gros...)
Pop-up, vue d’exposition, Friche la Belle de Mai, Marseille, 2014.
Photo : © JC Lett

Pop-up exprime aussi combien la rencontre et la connivence sont déterminantes. Sarah Tritz et Emilie Perotto, qui ne travaillent pas ensemble habituellement, ont produit pour l’occasion une œuvre à quatre mains, La Friteuse(2014), dans laquelle elles confrontent leurs pratiques respectives, projet en cours depuis leur rencontre en résidence. L’association, qui avec l’âge aurait pu s’affirmer auprès de la scène internationale en accueillant des artistes confirmés, a préféré continuer à s’intéresser aux artistes en devenir. Mathilde Guyon, responsable et chargée de projet à Astérides, mène depuis plusieurs années un important travail de prospection. Ainsi, l’association a su renouveler ses propositions, en mettant en place par exemple ses Zones d’expérimentation, des périodes de travail intensives entre les artistes en résidence et un commissaire ou un critique d’art invité, ou son programme d’échanges d’artistes et de critiques entre Marseille et Montréal (en instituant un partenariat avec la fondation Darling).

À l’image de l’œuvre de Sandrine Raquin, Faire et refaire(2004), présentée dans l’exposition, une carte du monde plusieurs fois redessinée, inlassablement accompagnée de la mention « faire et refaire et refaire et refaire… encore », le projet d’Astérides se situe dans un perpétuel recommencement, celui de la découverte et de l’accompagnement de la relève. En se professionnalisant, le programme de résidences est devenu une structure indispensable pour la promotion et la diffusion de l’art contemporain hors des sentiers marchands. Ce travail dans l’ombre, offrant des temporalités et des espaces nécessaires à la germination et au développement des idées, commence enfin à s’offrir plus de visibilité. Il se fédère d’ailleurs aujourd’hui, en partie à l’initiative d’Astérides, à travers un réseau national, Arts en résidence.

This article also appears in the issue 82 - Spectacle
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