
Photo : H&S, permission des artistes
De l’appropriation du territoire à la valorisation des terres agricoles
L’appropriation et la financiarisation des terres, ainsi que les tactiques qui y contribuent, comme le dézonage des parcelles laissées en friche, sont source d’intérêt et d’inspiration pour les artistes dont il est question dans le présent texte. En 2020, Richard Ibghy et Marilou Lemmens ont profité d’une résidence de recherche en milieu rural, à la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement, située en périphérie de Drummondville, pour développer un corpus d’œuvres en lien avec la propriété du territoire agricole. Enraciné dans la région de Victoriaville, le projet Friches (2023) invitait quant à lui à percevoir les friches autrement que comme des lopins impropres à la production agricole. Tout au long de l’été 2023, les trajectoires de
Mériol Lehmann, d’Angela Marsh, de Karine Locatelli et de Sonia Reboul se sont entrecroisées au fil d’interventions in situ et en galerie, dans le cadre de résidences de création et d’une exposition au Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger. Tant les œuvres d’Ibghy & Lemmens que celles qui font partie du projet Friches conjuguent une critique de la dévalorisation des terres agricoles au profit de systèmes financiers et une revalorisation sensible au moyen de gestes artistiques qui accentuent la valeur affective, historique et écologique des terres.