Yann Pocreau

Sur les lieux/On Site

Sophie Drouin
Musée d’art contemporain des Laurentides et Expression, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, Montréal, 2018, 173 p.
Yann Pocreau Sur les lieux/On Site, couverture et p. 134-135, 2019.
Photos : permission du Musée d’art contemporain des Laurentides, St-Jérôme
Musée d’art contemporain des Laurentides et Expression, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, Montréal, 2018, 173 p.
Sur les lieux/On Site de Yann Pocreau conclut un travail d’abord présenté en deux temps : une exposition à Expression, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, puis une autre au Musée d’art contemporain des Laurentides. La publication s’offre ainsi comme le troisième volet d’un projet qui place le corps, la lumière et le médium au cœur d’une réflexion sur la photographie. Quelque part entre le catalogue d’exposition et le livre d’artiste, la version imprimée, Yann Pocreau, Sur les lieux fonctionne de façon autonome, véritable œuvre inscrite dans le prolongement de la démarche de l’artiste. Aux textes et aux images répond un support pensé comme objet signifiant, qui s’accorde avec son contenu pour refléter les poétiques chères à l’artiste. 

L’aboutissement d’un tel travail d’édition ne se fait pas seul. La commissaire Manon Tourigny mentionne que, dès le départ, la publication était partie prenante du projet. Ainsi, à l’équipe d’Expression et à celle du Musée d’art contemporain des Laurentides, à la commissaire et à l’artiste, se joignent Marie-Ève Beaupré et Bénédicte Ramade, qui réfléchissent aux enjeux de la photographie soulevés par Sur les lieux. Enfin, l’ouvrage comprend une documentation visuelle du travail de Pocreau et un corpus inédit de photos mis en pages par Simon Guibord, designer graphique. Il en résulte un livre d’une grande cohérence, à la fois référence théorique et esthétique du parcours artistique de l’artiste.
Suivant une introduction de Marcel Blouin et Jonathan Demers, Tourigny propose un essai composé de notes, de réflexions et de comptes rendus de sa collaboration avec l’artiste. Ainsi, elle met en place le plan de l’ouvrage en pointant les thématiques propres à l’approche de la photographie de l’artiste, notamment le passage de la mise en scène du corps de l’artiste à la mise en scène de la lumière, pivot élargissant un questionnement plus conceptuel de l’image. Les textes qui suivent poussent la réflexion vers une forme d’ontologie de l’image sous-tendue par la recherche de Pocreau. Dans son texte, Beaupré retrace les moments-clés d’une démarche centrée sur la notion de représentation, celle de la lumière et celle de la couleur, dont l’artiste cherche à capter la matérialité. De son côté, Ramade aborde l’œuvre dans une perspective historique et la replace dans une histoire de l’abstraction photographique, un concept qui représente l’apothéose de la photographie (p. 90).

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Cet article parait également dans le numéro 97 - Appropriation
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