Michel de Broin
La dissipation sur le virage

Laetitia Chauvin
Galerie Eva Meyer, Paris,
du 22 octobre au 5 décembre 2015
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Michel de Broin Drunkated Buckyball, 2015.
Photo  : @ Michel de Broin
L'observation et l'analyse des œuvres de Michel de Broin nécessitent souvent des détours par la chimie, la physique, la mécanique, le design moderne, l’architecture ou la futurologie. Sa dernière exposition, qui signe son retour sur la scène parisienne dans le nouvel espace de la galeriste Eva Meyer, ne déroge pas à cette règle. Fidèle à ses sujets de prédilection, il conçoit une exposition dans la droite ligne de ses œuvres antérieures, dont les modes opératoires procèdent par accumulation et reconfiguration d’objets usuels, détournement de techniques, bricolage de petite ou de grosse machinerie.

Le rapprochement incongru de la sphère géodésique de Buckminster Fuller et de cuillères à cocktail dans Drunkated Buckyball rappelle que chez de Broin l’art ne se départit jamais d’un caractère joyeux et alerte, qui fait pencher les sciences dures du côté du gai savoir. L’artiste succombe facilement au trait d’esprit, au clin d’œil, au bon mot. Il écorne volontiers, avec une pointe d’insolence, les mythes autour du design et du fonctionnalisme, ici celui de Buckminster Fuller ou, dans Dissipation sur le virage, celui du célèbre tabouret chromé K700 dessiné par les designers Phillip Salmon, Hugh Hamilton et Rein Sossalou en 1969, qu’il dévoie en une structure afonctionnelle et encombrante.

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