Théâtre Prospero, Montréal, 2026.
Photo : Valérie Remise
du 28 avril au 16 mai 2026
Christian Lapointe est un artiste radical, dans le sens où il s’intéresse depuis 25 ans à la nature profonde du théâtre, à ses formes et à ses fonctions, ainsi qu’aux raisons fondamentales pour lesquelles cette discipline existe. Si le directeur de la compagnie Carte blanche se penche sur les racines du théâtre — et ce, d’une manière ou d’une autre, dans chacune de ses créations —, c’est pour mieux les exposer, les interroger, les modifier, voire se jouer de cette forme d’art. Dans sa plus récente pièce, Laarm de Plœrs, présentée au Théâtre Prospero, l’auteur et metteur en scène procède à une synthèse de sa démarche théorico-ludique ou subversivo-comique en donnant naissance à une artiste encore plus radicale que lui : Laarm de Plœrs. Ce nom, qui se prononce « larme de plourse », est déjà en soi, vous en conviendrez, tout un programme.
D’une vertigineuse intertextualité et d’une essoufflante hybridité, la représentation tient de la conférence, mais aussi du vernissage, de l’entrevue télévisée et même de la rencontre d’après spectacle. Des registres très variés se côtoient ici : du scénario à l’essai, de la préface au manifeste, des principes aux préceptes, du vers à la réplique, du discours à la didascalie. À 31 ans, Laarm de Plœrs, dramaturge franco-néerlandaise fictive, vient de mourir dans des circonstances troubles. Son univers s’apparente au « théâtre de la cruauté » d’Antonin Artaud, célèbre théoricien du théâtre français, et à la pièce Outrage au public de l’écrivain autrichien Peter Handke, qui, eux, ne sont pas fictifs. Est-ce que ses pièces sulfureuses, encourageant le meurtre de chefs d’État et le suicide collectif d’adolescent·es, qui lui valaient d’être qualifiée de « reine du scandale » par la critique, auraient fini par entrainer sa mort ?
Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous connecter ! C’est gratuit et sans achat ultérieur requis. Créez un compte ou connectez-vous :
À noter que les Éditoriaux, les Résidences numériques, les Capsules et les Archives sont toujours libres d’accès.
Vous en voulez plus ? Certains contenus sont offerts avec un abonnement Numérique ou Premium seulement (Dossiers, Hors-Dossiers, Portfolios, Chroniques).