Photo : permission de l’artiste
Ralentir la cadence de l’expérience muséale grâce au toucher
Les artistes Kyungmin Kate Lee, de Toronto, et Olivia Brouwer, de Cambridge (Ontario), ont toutes deux créé des œuvres radicales qui perturbent l’oculocentrisme qui a cours dans les musées et les galeries. Elles s’expriment en connaissance de cause sur les mesures d’accessibilité revendiquées par les personnes aveugles et malvoyantes, et détaillent la façon dont l’esthétique, la programmation et le design peuvent intégrer des accommodements concrets. En interrogeant les formes de capacitisme inscrites au cœur des institutions culturelles, elles redéfinissent les paradigmes du commissariat d’exposition et suscitent des discussions importantes sur les droits des personnes handicapées, le handicap et la marginalisation. Les deux artistes décélèrent l’expérience muséale du temps et de la durée en mettant l’accent sur l’importance du toucher et en rappelant que la lenteur est un mode d’appréhension essentiel et négligé. En privilégiant l’intimité incarnée, elles suggèrent des cadres alternatifs pour la communication multisensorielle et, ce faisant, ouvrent de nouveaux espaces pour imaginer des futurs plus inclusifs.
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