Jimmie Durham The Center of the World or How to Get at Chalma, vue d’installation, 1997.
Photo : Maria Thereza Alves

Jimmie Durham : le décentrement du monde

Jean-Philippe Uzel
Au cœur du travail artistique, de la poésie et des essais de Jimmie Durham, mais également au cœur de son engagement comme activiste pour la cause autochtone et comme défenseur des droits de la personne, on retrouve un constat tout simple : depuis toujours, la géographie a conditionné la politique, pourtant la politique a toujours fait comme si la géographie n’existait pas et comme si aucune limite spatiale ne pouvait entraver son action1 1 - Jimmie Durham, « Eurasia » (2002), Waiting to be Interrupted, Milan/Anvers, Mousse Publishing/M HKA, 2014, p. 222..

Cette occultation de la géographie par la politique s’est traduite par l’expansionnisme colonial des États-nations depuis le 16e siècle et leur voracité à accaparer des « terres vierges » sur le dos des populations autochtones, mais également par une représentation biaisée de la géographie, comme celle qui nous fait croire que l’Europe est un continent. Dans cette perspective, le travail artistique de Durham peut être vu comme une volonté de redonner à la géographie la place première qui lui revient par rapport à la politique.

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