Black et Yabut_TwoFold-detail
Anthea Black & Thea Yabut Two-Fold: Twice as Great or as Numerous, détail, 2015-2017.
Photo : Anthea Black, permission des artistes

Invisibilité individuelle et collective : les dessins-miroirs de Anthea Black et Thea Yabut

Andrea Williamson
En tant que récit dominant et réalité historique, la cristallisation de l’être humain individualisé et déconnecté a mené à l’appréhension des corps en tant qu’images, des êtres véritablement séparés ne pouvant exister matériellement en dehors des images. En dehors des images, nous faisons d’emblée et toujours partie d’un réseau d’organismes – ce que Donna Haraway appelle le « devenir ensemble » – au sein duquel nous sommes invariablement dépendants d’autres organismes pour vivre comme pour mourir.

Il sera ici question de Mirror Drawing, le projet collaboratif d’Anthea Black et de Thea Yabut dans le cadre duquel une des artistes reproduit le dessin que l’autre trace sur la même page à mesure que celui-ci émerge tandis qu’en arrière-plan sont projetées en accéléré des images de corps. Dans des économies où règne la division aux côtés des technologies de reconnaissance faciale, de l’exclusion fondée sur l’identité et du contrôle frontalier – à des degrés qui varient radicalement selon (l’image projetée par) la race, le sexe, le genre, la religion, l’orientation et la classe sociale –, nous sommes tous représentés comme des corps potentiellement menaçants ou indésirables. Selon Black1 1 - Anthea Black, Re: your exhibition, courriel à l’auteure, le 20 mars 2017., toute pratique artistique est un acte de résistance, et les formes d’art non représentatif et abstrait opposent une résistance à la clarté et à la transparence qui connotent la fabrication de l’individu quantifiable et classifié.

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Cet article parait également dans le numéro 91 - LGBT+
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