
De l’autodétermination quand l’argent mène le monde
Ces centres constituent également des réseaux permettant aux artistes de manifester leur engagement politique (souvent de gauche). Ils ont proliféré dans les années 1970, époque riche en bouleversements sociaux, et leur apparition est indissociable des réalités politiques et sociales de cette période ; leur évolution tend à suivre l’histoire sociale et politique de leurs contextes géopolitiques respectifs, et souvent à réagir contre elle. Au Canada, leur développement et leur statut sont étroitement liés au Conseil des arts du Canada ainsi qu’aux conseils provinciaux et municipaux qui ont été mis sur pied pour administrer le financement des artistes et lieux de création dans l’ensemble du pays. Actuellement, la survie des centres d’artistes autogérés (et par conséquent de nombreux artistes) dépend de ces conseils. J’ai remarqué qu’avec le temps, et au fil des changements de politiques administratives fédérales, le langage employé par les organismes de subvention s’est radicalement transformé. Cette mutation affecte à mon avis le langage des centres eux-mêmes : pour obtenir le financement nécessaire à la poursuite de leurs activités – notamment la possibilité de rémunérer les artistes pour leur travail et leur permettre d’en vivre –, ils modifient le ton de leurs propos, ainsi que leurs priorités.