Tête à tête avec David Elliott

Nicolas Grenier

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Nicolas Grenier, David Elliott et Daisy, la chienne de la famille, dans le studio de Elliott à Montréal, 2022.
Photo : Nicolas Grenier

En 2002, je suis allé au Centre des arts Saidye-Bronfman (devenu depuis le Centre Segal des arts de la scène) pour voir l’exposition de David Elliott intitulée Instant Karma. À 20 ans, au tout début de mes études en arts, j’étais trop jeune pour apprécier le titre à sa juste valeur (ça viendrait plus tard), mais les peintures… les peintures ! Elles étaient gigantesques, tapageuses et mystérieuses, mais aussi sympathiques, et impossibles à ignorer. Au trimestre suivant, je me suis faufilé dans le cours déjà bondé d’Elliott sur la peinture et la culture pop, à l’Université Concordia. Tout comme ses tableaux, ses cours vous donnaient l’impression que le monde s’offrait à vous et que vous pouviez le saisir à pleins bras. Quel qu’ait été votre sujet ou votre style – griffonnages ou portraits photoréalistes, jeux vidéos ou graffitis, chansons d’amour ou bottins téléphoniques –, il n’y avait pas de problème ; vous pouviez, et deviez probablement, transformer ça en peinture. Cette espèce de magie de tous les jours est devenue une révélation pour des générations d’étudiant·e·s, et 20 ans après, elle demeure la force centrale des œuvres d’Elliott. Pendant cette période, j’ai été tour à tour son élève, son assistant, son colocataire d’atelier et son collègue ; j’ai été témoin de la transition entre ses peintures gigantesques, que son corps ne lui permet plus de réaliser, et ses collages intimes en 3D dans des boites en bois. Dans son exposition Sweet Spot, présentée à la Galerie Nicolas Robert, 25 œuvres récentes, petites ou miniatures, offraient une preuve frappante de la puissance émotionnelle qu’atteignent désormais ses mises en scène élaborées. L’entrevue qui suit est tirée d’une conversation que nous avons eue ensemble, par courriel et par téléphone.

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