Martha_Minujín_The_Parthenon_of_Books
Marta Minujín The Parthenon of Books, documenta 14, Friedrichsplatz, Kassel, 2017.
Photo : Roman März, permission de l'artiste & Henrique Faria, New York & Buenos Aires

Ausculter le corps politique : la situation de l’art à une époque où la démocratie n’est plus acquise

Claudia Mesch
Alors que la démocratie chancèle dans maintes régions du globe, l’actualité politique nous amène à nous demander si l’art ne pourrait pas offrir un moyen d’en réaffirmer vigoureusement les principes. Présentée en deux volets au cours de l’été à Kassel et à Athènes – sous le titre Learning from Athens (apprendre d’Athènes) –, la 14e édition de la documenta semblait en effet interroger le rapport entre art et démocratie et les relations entre le Nord et le Sud, dans l’apparente ambition de les unir. À ses débuts en 1955, cette manifestation était un projet de dénazification et d’éducation publique organisé avec le soutien d’importantes institutions muséales américaines qui visait à ramener l’Allemagne de l’Ouest dans le giron de la démocratie occidentale et du capitalisme en temps de guerre froide.

Pour la première fois depuis l’époque nazie, une exposition présentait des œuvres modernes datant des années 1930 et après, que bon nombre d’Allemands de l’Ouest n’avaient jamais eu l’occasion de voir en vrai à cause de la persécution de l’avant-garde et des campagnes de confiscation des œuvres orchestrées par les nazis. Organisée depuis lors tous les cinq ans et jouissant d’importants moyens financiers, la documenta est devenue graduellement une vitrine consacrée à un art occidental avant-gardiste qui bouscule les conventions. On l’associe désormais à un courant des années 1970 qui consistait à propager l’art dans les sphères de la vie et à contribuer par le fait même à étendre la démocratie.

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