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Claude Cormier et Associés 18 nuances de gai, rue Sainte-Catherine Est Montréal, 2017.
Photo : Claude Cormier et Associés, permission de | courtesy of SDC du Village, Éclairage Public, Rig-Rite Productions, Les productions du Grand Bambou, les Services EXP

Au temps de l’homonationalisme : mythologie nationaliste et inclusivité LGBT

Clinton Glenn
À travers cette rhétorique homonationale, l’exceptionnalisme canadien met en place tous les éléments pour récupérer la sexualité queer racisée (blanche et non blanche) selon un mode de gouvernance néolibéral faisant fi de la couleur en produisant des sujets citoyens queers exceptionnels et en affirmant le statut exceptionnel du Canada dans le monde1 1 - Julian Awwad, « Queer Regulation and the Homonational Rhetoric of Canadian Exceptionalism », dans OmiSoore H. Dryden et Suzanne Lenon (dir.), Disrupting Queer Inclusion: Canadian Homonationalisms and the Politics of Belonging, Vancouver, University of British Columbia Press, 2015, p. 20-21. [Trad. libre].

Montréal connait une convergence d’anniversaires particulièrement stimulante en 2017 : le 375e anniversaire de la ville est célébré en même temps que le 150e anniversaire de la Confédération canadienne et le 50e anniversaire d’Exp0 67, l’évènement qui a fait connaitre Montréal à l’échelle planétaire et attiré des visiteurs du monde entier. Dans le cadre des célébrations prévues tout au long de l’année, Montréal a été l’hôte de la première édition de Fierté Canada, un festival pancanadien de la fierté gaie. L’évènement a été organisé « afin de mettre de l’avant le mouvement LGBTQ canadien et réaffirmer la position de Montréal, du Québec et du Canada à titre de leaders des droits des personnes LGBTQ2REF count=2]« Fierté Canada | Canada Pride », Fierté Montréal, <www.fiertemontrealpride.com>.[/REF] ». Ce qui frappe dans cette description est la nature problématique du lien établi entre la ville, la nation et l’identité LGBT, qui escamote l’espace national et linguistique contesté du Québec et omet de reconnaitre les perpétuelles opérations colonialistes et homonationalistes inévitablement soutenues par un tel évènement. Bien que cette lecture critique de Fierté Canada soit à faire avec prudence, plusieurs évènements organisés en marge de Fierté devant aborder entre autres enjeux3 2 -  Le programme final n’était toujours pas arrêté au moment d’écrire ces lignes. la question des réfugiés LGBTI4 3 - Le « I » renvoie ici à « intersexe », qui est souvent omis dans l’abréviation LGBT. L’événement auquel je fais référence ici, un débat co-organisé le 17 mai 2017 par Fierté Montréal, utilisait l’abréviation LGBTI. Partout ailleurs, le matériel promotionnel de Fierté Montréal utilise LGBT. et la situation de la diversité sexuelle dans la Francophonie, la manière dont l’identité LGBT s’est amalgamée à la notion de l’identité canadienne demande une analyse plus approfondie.

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Cet article parait également dans le numéro 91 - LGBT+
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