
Photo : Ameno Córdova, permission de l'artiste
La pratique de l’artiste guatémaltèque Regina José Galindo est ancrée dans la présence du corps, immuable devant l’adversité contre laquelle elle s’érige. Marquée par la guerre civile qui a déchiré son pays d’origine entre 1960 et 1996, Galindo, dans son œuvre, dénonce la violence, notamment celle envers les femmes, et expose la souffrance qui en résulte. Plus de 200 000 personnes ont été assassinées, des dizaines de milliers ont disparu et plus d’un million ont été déplacées au cours des 36 années du conflit armé. Comme pour suppléer à trop de corps effacés ou manquants, le corps – souvent celui de l’artiste – devient un monument commémoratif de ces disparu·e·s. C’est un instrument de visibilité qui permet d’interroger l’injustice et de générer une empathie viscérale.