Photo : Elise Ortiou Campion, permission de l'artiste
Déplacer la voix : une approche crip de la vocalité
Au lieu de penser la voix en fonction de sa provenance, les approches crips, examinées à la lumière de différentes pratiques artistiques, permettent de se concentrer sur ses déplacements, ses médiations, ses délégations, voire ses silences, afin d’interroger les conditions d’écoute qui la disqualifient parfois. Le présent article entend montrer comment les artistes No Anger, Lou Chavepayre et Anaïs Ghedini utilisent les technologies pour renverser ce validisme en s’attardant aux régimes d’écoute. Si, dès le 18e siècle, des innovations techniques ont servi un projet de restauration de la voix de personnes non oralisantes, les œuvres étudiées en proposent un usage antagoniste, ou du moins critique. Dans cette perspective crip, les dispositifs techniques rendent possibles divers modes vocaux. Comment le déplacement de la voix, d’abord hors de la bouche, puis à travers des médiations et délégations technologiques, permet-il de politiser la vocalité en mettant l’accent, non pas sur son émission, mais sur sa réception ?
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