RESET, Festival Art Souterrain, Montréal | esse arts + opinions

RESET, Festival Art Souterrain, Montréal

100
2020
  • Sabrina Ratté, Undream, 2018, vue d’installation, Palais des congrès de Montréal, 2020. Photo : Thierry Du Bois
  • Sabrina Ratté, Undream, 2018, vue d’installation, Palais des congrès de Montréal, 2020. Photo : Thierry Du Bois
  • Sabrina Ratté, Undream, 2018, vue d’installation, Palais des congrès de Montréal, 2020. Photo : Thierry Du Bois
  • SUZANNE, Statu, 2018, vue d’installation, Palais des congrès de Montréal, 2020. Photo : Thierry Du Bois
  • Myriam El Haïk, Écritures 0:00, détail de la performance, 2020. Photo : Thierry Du Bois
  • Myriam El Haïk, Écritures 0:00, détail de la performance, 2020. Photo : Thierry Du Bois
  • Adam Basanta, American Vista, vue d'installation, Place Victoria, Montréal, 2020. Photo : Thierry Du Bois

RESET
Festival Art Souterrain, Montréal, du 29 février au 22 mars 2020

Le Festival Art Souterrain, qui chaque année depuis 2008 investit le réseau souterrain montréalais pour exposer l’art contemporain, avait placé sa douzième édition sous la thématique du RESET. En invitant les artistes à explorer les possibilités de réinitialiser notre environnement, comme si tout pouvait recommencer à zéro, les commissaires établissent une analogie entre le monde actuel et un système informatique. S’il est vrai que la société est régie par des algorithmes, les artistes suggèrent d’autres futurs possibles à travers une nouvelle poésie afin de montrer que ces règles opératoires automatisées peuvent être détournées et renouvelées.

Une poésie de l’algorithme est déclinée selon un registre formel multiple, propre au langage plastique de chaque artiste. Chez certains, il est exploité comme un processus, un mode opératoire qui intervient comme geste créatif. Dans son œuvre vidéo Undream (2018), Sabrina Ratté envisage un futur idéal calculé par ordinateur. Une forme architecturale linéaire apparait sur écran noir; l’image est accompagnée d’une trame sonore électronique. Cette structure minimaliste se confond ensuite avec son double en trois dimensions, qui évolue dans un paysage idyllique et coloré. Néanmoins, des anomalies se sont glissées dans ce paradis artificiel, si bien que tout s’efface et recommence à nouveau. Avec cette œuvre, l’artiste souligne la dichotomie entre la puissance du numérique et sa fragilité. Par ailleurs, le collectif SUZANNE fait l’éloge de l’erreur et du hasard dans son installation vivante et performative intitulée Statu (2018). Les artistes ont créé un alphabet de gestes du quotidien, exécutés selon une formule que chaque performeur calcule mentalement le plus rapidement possible, d’un mouvement à l’autre. À chaque faute de calcul commise par l’un des membres, le groupe recommence, laissant l’imprévu créer de nouveaux enchainements chorégraphiques.

Pour d’autres artistes, l’algorithme est envisagé comme une esthétique à partir de laquelle ils inventent un vocabulaire formel. Lors de sa performance Écritures 0:00, Myriam El Haïk a calligraphié un même motif sur la surface d’un mur, qu’elle a multiplié et aligné à la manière d’un programme informatique. Néanmoins, parce qu’ils sont tracés à la main, les signes sont irréguliers, ce qui crée un motif à la physionomie imparfaite. Si le motif n’a aucune signification dans cette œuvre, sa répétition engendre une composition abstraite célébrant la valeur plastique de l’algorithme. Adam Basanta, quant à lui, à travers son œuvre American Vista, dévoile la nature codifiée des images en transformant une peinture de paysage existante en une photographie semblable à une mosaïque virtuelle. Grâce à l’utilisation d’un logiciel, il décompose des images en des formes géométriques comportant un ensemble de données, qui sont ensuite assemblées sur une toile numérique. En convertissant au format informatique des peintures, l’artiste montre que la technologie numérique gagne tous les domaines, et que le pixel devient un nouveau paradigme.

Les artistes de cette douzième édition du Festival Art Souterrain 2020 ont ainsi transformé un langage informatique en une nouvelle poésie afin de nous inviter à changer notre regard sur le monde de demain.

Numéro: 
Évènement: 

S'abonner à l'infolettre

 Retrouvez nous sur Twitter !Retrouvez nous sur Facebook !Retrouvez nous sur Instagram !

esse arts + opinions

Adresse postale
C.P. 47549,
Comptoir Plateau Mont-Royal
Montréal (Québec) Canada
H2H 2S8

Adresse de nos bureaux
2025 rue Parthenais, bureau 321
Montréal (Québec)
Canada H2K 3T2

E. : revue@esse.ca
T. : 1 514-521-8597