Giorgia Volpe, Maison de la culture Janine-Sutto, Montréal | esse arts + opinions

Giorgia Volpe, Maison de la culture Janine-Sutto, Montréal

100
2020
Maison de la culture Janine-Sutto
  • Giorgia Volpe, L'ordinaire insoupçonnable, vue d’installation, Maison de la culture Janine-Sutto, Montréal, 2020. Photo : permission de l’artiste
  • Giorgia Volpe, Point de rencontre, 2008-2016, vue d’installation, Maison de la culture Janine-Sutto, Montréal, 2020. Photo : Daniel Roussel, permission de l’artiste
  • Giorgia Volpe, Cosmologie rebondissante, 2020; Hors-champ, 2019; Repousse, 2020, vue d’installation, Maison de la culture Janine-Sutto, Montréal, 2020. Photo : Daniel Roussel, permission de l’artiste
  • Giorgia Volpe, Les mains pensent, 2018, vue d’installation, Maison de la culture Janine-Sutto, Montréal, 2020. Photo : Daniel Roussel, permission de l’artiste

Giorgia Volpe, L’ordinaire insoupçonnable
Maison de la culture Janine-Sutto, Montréal,
du 30 octobre 2019 au 12 janvier 2020

Il n’est pas si courant de voir le travail de Giorgia Volpe prendre forme dans le contexte d’une exposition. Son œuvre est multiple, foisonnante et constitue un ensemble de pratiques vivantes en redéfinition constante à travers ses divers aspects matériels, sociaux et environnementaux. L’exposition L’ordinaire insoupçonnable, présentée à la Maison de la culture Janine-Sutto (anciennement Frontenac), accueille une imposante sélection d’œuvres dont certaines témoignent d’actions et d’échanges effectués dans la communauté du Grand Montréal.

C’est le cas de l’installation Point de rencontre (2016), spirale colorée aux dimensions impressionnantes, qui résulte du tressage de centaines de sacs de plastique récupérés et assemblés au fil du temps grâce aux gestes répétés de l’artiste et avec la complicité du public. Occupant tout un pan de mur, l’œuvre opère également un glissement vers le sol qui rend compte de sa matérialité.

Volpe absorbe la matière avec une souplesse d’esprit qui s’accompagne d’une gestuelle attentive aux modulations de sens. Son aisance à s’extraire de ce qui est fixe permet de saisir toute la variabilité du réel. Ainsi, dans Cosmologie rebondissante (2020), le jeu du trampoline se métamorphose en un disque lunaire énigmatique qui semble veiller sur une maisonnette en bois, Hors-champ (2019), fixée en contrebas sur le mur. Entre les deux, disposée au milieu de la salle, l’installation Repousse (2020) rassemble des éléments récupérés sur place. Une plante verte sauvée de l’abandon est nichée sur un rouleau de prélart posé à la verticale comme une tour de guet. La plante découpe l’espace de sa longue tige desséchée et tranchante comme l’éclair. Le langage métaphorique des formes et des titres, les jeux d’échelle, l’évocation du proche et du lointain s’expriment dans ce paysage singulier qui témoigne de la capacité de l’artiste à réenchanter la matière.

Dans la série textile Les mains pensent (2018), Volpe explore les frontières du corps et la notion de passage. Cinq pointes folles de grandes dimensions, découpés dans des bannières de mode imprimées, sont assemblés sur des couvertures de déménagement. Les œuvres tracent des chemins sinueux où s’entremêlent des fragments d’objets que des mains fébriles s’activent à rendre plus consistants, comme une urgence à saisir le chaos à bras-le-corps. Avec cette même sensibilité, l’artiste a utilisé la configuration des lieux pour réaliser une manœuvre in situ. L’installation L’ordinaire insoupçonnable (2020) expose le résultat de la collecte de fournitures de bureau effectuée par l’artiste dans la Maison de la culture. Plusieurs objets déclassés : téléphones, ordinateur, photocopieur, matériel de ventilation et de papeterie forment un étalage délirant où la couleur des objets trouvés se confond souvent avec celle du mur. L’insubordination apparente des accessoires de bureau l’emporte sur leur utilisation attendue et engendre une forme de joyeux soulèvement. Le travail de Giorgia Volpe est fait d’une suite ininterrompue d’expériences partagées et ses œuvres donnent accès à de nouveaux motifs d’énonciation de notre rapport au monde et à autrui.

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