Cadrer la nature, Centre d’exposition de l’Université de Montréal | esse arts + opinions

Cadrer la nature, Centre d’exposition de l’Université de Montréal

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2021
Centre d’exposition de l’Université de Montréal
  • Janick Burn, Solaires, capture d’écran, 2020. Photo : permission du Centre d’exposition de l’Université de Montréal
  • Ariane Plante, capture d’écran, 2020. Photo : permission du Centre d’exposition de l’Université de Montréal
  • Ariane Plante, capture d’écran, 2020. Photo : permission du Centre d’exposition de l’Université de Montréal
  • Ingrid Tremblay, Tender Light, capture d’écran, 2020. Photo : permission du Centre d’exposition de l’Université de Montréal
  • Hannah Claus, capture d’écran, 2020. Photo : permission du Centre d’exposition de l’Université de Montréal

Cadrer la nature
Centre d’exposition de l’Université de Montréal, du 1er octobre 2020 au 8 avril 2021

Commissariée par Catherine Barnabé, l’exposition virtuelle Cadrer la nature initie un dialogue entre quatre artistes contemporaines et autant d’œuvres tirées de la Collection d’œuvres d’art de l’Université de Montréal. Les approches classiques du paysage des œuvres sélectionnées sont ainsi interprétées à travers un spectre de pratiques vidéos, audios, photographiques ou performatives de manière à engager un échange entre les temps et les espaces. Barnabé présente d’ailleurs en conclusion une carte retraçant les lieux investis par les artistes actuelles afin de poursuivre la discussion plastique dans le champ de l’expérience.

La vidéo Solaires de Janick Burn cadre en plan fixe noir et blanc un flanc du mont Royal. L’empreinte du paysage immobile et digne s’accompagne d’une bande sonore plus dynamique où l’on entend, à travers le rythme des pas sur le tapis irrégulier de la forêt, le bruit des insectes et des oiseaux. Lorsque la déambulation s’arrête, un miroir reflète quelques instants le soleil en un point aveuglant au centre de l’image, puis la marche reprend, retournant le paysage à sa prétendue passivité. Burn retient de l’aquarelle de Maude Connolly la transitivité du corps et de son mouvement dans le temps quasi éternel du paysage. En troquant les coloris de l’artiste innue pour la sobriété du camaïeu de gris, Burn accentue la perception sensible du paysage aussi explorée par Ariane Plante. Inspirée de l’œuvre de Jeanne Rhéaume, À l’imprévu des forêts, une série de photos et d’extraits sonores de Plante, présente l’équivalent d’un journal de bord hypnotisant, apaisant, mais aussi intrigant. Les sons entremêlés de la nature et de la ville la ceinturant, de même que le cadre serré des images suscitent l’imagination. En cherchant à combler les vides et inventer les absents, Plante démontre à l’instar de Rhéaume que la grande solitude se dégageant des compositions épurées accompagne abondamment la perception.

La mise en abime offerte par Tender Light de Ingrid Tremblay transcrit pour sa part admirablement les effets de texture spécifiques à la sérigraphie de Jennifer Dickson. La vidéo de Tremblay présente une projection vidéo de l’espace obstrué par sa représentation. Alors que le dédoublement du cadre évoque la structure rigoureuse du jardin saisi par Dickson, la cohabitation du paysage réel et projeté exprime le frémissement du trait imprimé. En fait, l’accélération du temps sur la projection met en exergue le mouvement lent et discret de la nature comme l’organe même de son expression. Cette animation du paysage dévoile dans iakoròn : ien’s [the sky falls around her] de Hannah Claus sa structure cyclique. La vidéo montre un dense feuillage dont l’arrière-plan blanc se détache graduellement de l’image en dévoilant un fond noir. Le processus assombrit l’image de sorte que les verts se font moins vibrants mais aussi plus profonds. Claus renverse la perspective ouverte sur le paysage de l’aquarelle de Andrée S. De Groot et expose l’obstruction du panorama du point de vue du site. La proposition prend alors des allures de memento mori rappelant à travers les mécanismes conjoints de construction et de destruction de la représentation que le paysage relève finalement plus de l’allégorie que du lieu.

Légendes des photos
Image 1 : Janick Burn, Solaires, capture d’écran, 2020. Photo : permission du Centre d’exposition de l’Université de Montréal
Image 2 : Ariane Plante, À l’imprévu des forêts, capture d’écran, 2020. Photo : permission du Centre d’exposition de l’Université de Montréal
Image 3 : Ariane Plante, À l’imprévu des forêts, capture d’écran, 2020. Photo : permission du Centre d’exposition de l’Université de Montréal
Image 4 : Ingrid Tremblay, Tender Light, capture d’écran, 2020. Photo : permission du Centre d’exposition de l’Université de Montréal
Image 5 : Hannah Claus, iakoròn : ien’s [the sky falls around her], capture d’écran, 2020. Photo : permission du Centre d’exposition de l’Université de Montréal

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