Bill Fontana, Kunsthaus Graz | esse arts + opinions

Bill Fontana, Kunsthaus Graz

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2021
Kunsthaus Graz
  • Primal Energies, vue d’exposition, Kunsthaus Graz, 2020. Photo : N. Lackner, Universalmuseum Joanneum, Autriche
  • Primal Energies, vue d’exposition, Kunsthaus Graz, 2020. Photo : N. Lackner, Universalmuseum Joanneum, Autriche
  • Primal Energies, vue d’exposition, Kunsthaus Graz, 2020. Photo : N. Lackner, Universalmuseum Joanneum, Autriche
  • Primal Energies, vue d’exposition, Kunsthaus Graz, 2020. Photo : N. Lackner, Universalmuseum Joanneum, Autriche

Bill Fontana, Primal Energies & Sonic Projections
Kunsthaus Graz, du 1er juillet au 4 octobre 2020

Ces dernières années, l’usage du son au sein de projets plastiques, en vidéo bien sûr, mais aussi comme élément intégré à des œuvres, aux côtés de photos, de dessins, mis en espace par le biais d’installations, ou encore par la création de radios, est de plus en plus courant chez les jeunes artistes, attiré.e.s soit par la poésie sonore, soit par la musique. Ne serait-ce que pour cette raison, il est essentiel de redécouvrir l’œuvre de l’artiste et musicien américain Bill Fontana qui, depuis la fin des années 1960, est un pionnier en la matière.

Ancien étudiant de John Cage, Fontana a en effet un pied dans la musique expérimentale héritée des avant-gardes des années 1910. Par les voies qu’il a explorées, notamment la sculpture sonore, son travail annonce les œuvres actuelles où le son est apprivoisé dans sa dimension quotidienne, par les outils d’enregistrement et logiciels faciles d’accès.

Deux espaces distincts présentent deux aspects de son travail. Le parcours peut se faire comme on le souhaite, soit d’abord découvrir le travail récent de Fontana puis remonter à ses sources, ou l’inverse.

Si on commence par l’espace consacré au travail le plus récent, on pénètre dans une vaste installation où huit vidéos à priori abstraites sont projetées sur huit écrans de tailles variées, suspendus ou au sol, baignant dans une ambiance sonore puissante dont on perçoit qu’elle se compose de sons propres à chaque vidéo. Ensemble, les vidéos et les sons créent un paysage fantastique qui, on le comprend peu à peu en regardant et en écoutant, en s’aidant aussi du titre de l’installation, Primal Energies, provient d’enregistrements auprès de machines à produire de l’énergie, éolienne, turbine hydraulique, centrale nucléaire… Ainsi recensées par l’artiste, ces énergies semblent se présenter face à nous comme des reflets de notre temps. De même que les futuristes travaillaient sur les sons caractéristiques de leur époque, ceux des travaux de construction moderne, de circulation automobile dans la rue, Bill Fontana nous donne à entendre des sons déterminants pour nous aujourd’hui.

Le deuxième étage de l’exposition revient quant à lui sur des travaux plus anciens, formant une minirétrospective. On y retrouve sous vitrine des vinyles et des cassettes audios, supports vintage de performances de la fin des années 1970. Par exemple, une « sculpture de piano » réalisée à Melbourne en 1978 (composition à partir de 4 pianos où est jouée une même succession de notes selon des octaves différentes) et surtout des « soundscapes » réalisés dans la nature ou en ville au début des années 1980, entre autres un portrait sonore du pont de Brooklyn, d’un quartier de Washington ou de la jungle thaïlandaise au zoo de New York. Parallèlement à l’exposition, Sonic Projections, une pièce sonore à diffuser dans l’espace public, très polémique car créée en 1988 d’après le thème du Festival d’automne de Graz, l’Autriche nazie, a été réactivée. Une étendue assez complète du travail de l’artiste a donc pu être redécouverte ici.

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