Appel de textes

APPEL DE TEXTES - SOUMISSIONS

Les textes proposés peuvent être envoyés en format lettre US (.doc, .docx ou .rtf) à redaction@esse.ca avant le 10 janvier 2020 (dossier Plantes). Veuillez inclure, à même le texte, une courte notice biographique (35-45 mots), un résumé du texte (80-100 mots), ainsi que votre adresse courriel et postale. Les personnes qui aimeraient d'abord soumettre un résumé d'intention (250 mots) sont invitées à le faire au moins 3 mois avant la date de tombée. Les propositions non afférentes aux dossiers (critiques, essais et analyses sur différents sujets en art actuel) sont aussi les bienvenues (prière de référer au point 2 de la politique éditoriale ci-dessous). Un accusé de réception sera envoyé dans les 7 jours suivant la date de tombée. Si vous ne l’avez pas reçu, nous vous invitons à communiquer avec nous pour vérifier la réception de votre texte.

No 99 : Dossier Plantes
Avant le 10 janvier 2020

Depuis quelques années, on observe une présence considérable des végétaux dans les pratiques artistiques contemporaines. Nombre d’artistes ont recours aux plantes à la fois comme motif (abstractions botaniques, photographies de jardins, projections florales), comme matière (par l’utilisation de teintures végétales ou de fibres issues des plantes), comme objet relationnel ou encore comme mode de résistance politique (seed bombing, pratiques de jardins collectifs, narrations postcoloniales). Cette omniprésence des plantes en art réactualise des questions soulevées par des pratiques artistiques qui ont fait une place au monde végétal au-delà de sa simple représentation ou de sa conception romantique. Toutefois, remarquons que si les plantes prennent une place grandissante dans les pratiques actuelles, ce n’est pas en proposant systématiquement un espace autre que celui de la galerie ou en refusant d’entrer dans le marché de l’art ; au contraire, le végétal s’entrevoit comme objet à entretenir, à exposer, à partager, mais aussi à posséder.

Le commerce des plantes tropicales, qui laisse une empreinte écologique de plus en plus marquée, est en augmentation constante depuis quelques années, alors que la génération des milléniaux envisagerait la parentalité par le végétal. Simultanément, les scientifiques observent une augmentation décisive du taux d’extinction des espèces végétales, symptomatique des changements climatiques et de l’extraction capitaliste. Devant la fragilité de la biodiversité actuelle, il y a donc urgence à repenser notre rapport au végétal.

Dans l’ouvrage collectif Botanical Speculations: Plants in Contemporary Art, Giovanni Aloi met en lumière certaines approches développées par les artistes permettant de reconsidérer notre relation à la vie des plantes et de révéler l’interconnectivité du vivant dans une perspective qui défie l’anthropocentrisme. La vie des plantes d’Emanuele Coccia propose de comprendre le monde comme « un lieu de véritable mélange métaphysique » en adoptant le point de vue des feuilles, des racines et des fleurs.

Est-il possible d’être révolutionnaire et d’aimer les fleurs ? Tirée du titre d’une œuvre de l’artiste française Camille Henrot, cette question sous-tend une conception apolitique trop longtemps attribuée au monde végétal dans les cercles intellectuels et politiques. Relégués aux domaines du décoratif ou de l’ornemental, les végétaux seraient dangereusement passifs. Est présupposée une distinction entre l’amour du végétal, perçu comme un désengagement banal ou bourgeois, et une force révolutionnaire. Et si, au contraire, la révolution était possible à partir des plantes ?

Esse arts + opinions invite les auteur.e.s et artistes à proposer des textes qui explorent les complexités du monde végétal et réfléchissent son imbrication dans les pratiques artistiques contemporaines. Dans quelle mesure la présence des plantes en art contemporain nous encourage-t-elle à repenser la mise en exposition des œuvres, ou la distinction entre les vocations des musées scientifiques, historiques et artistiques ? Ce recours au règne végétal nous offre-t-il également une série de métaphores probantes pour repenser l’existence commune nourrie par le souci et le soin des autres ? Comment les plantes nous invitent-elles à entrevoir autrement la place du vivant en société et dans l’art ? Qu’a-t-on à apprendre de leurs modes d’existence ? Est-il possible de repenser l’engagement politique ou l’activisme social de par le monde végétal ? Comment les plantes favorisent-elles des approches nouvelles, fondées sur la spéculation, la décolonisation ou la relecture postcritique ?

No 100 : Dossier Futurité
Avant le 1er avril 2020

Dans Les potentiels du temps, art & politique, Camille de Toledo, Aliocha Imhoff et Kantuta Quirós nous exhortent à sortir de la léthargie de l’utopie progressiste mise en place par la modernité. À travers l’usage de la « pensée potentielle », une pensée « nous portant à travailler toujours à ce qui pourrait être », les auteur.e.s de l’ouvrage proposent une conception performative du futur, renversant l’impasse de la posture présentiste et l’abattement paralysant de l’apocalyptisme. L’art y joue le rôle de « plateforme pour rouvrir les futurs aux à-venirs, à ce qui n’est pas encore écrit, à ce qui reste à écrire, pour reconstruire des horizons d’attente, de possibles transformations, pour déjouer les scenarii de la fatalité » (2016 : 14).

À l’heure où les sociétés doivent composer avec l’imminence des changements climatiques, l’explosion démographique planétaire ou la “singularité” technologique, on voit apparaître dans la littérature et les arts la marque d’un changement de paradigme profond concernant une conception de l’avenir. Se référant aux potentialités performatives du futur, la futurité (traduction du terme anglais “futurity”) s’inscrit dorénavant comme une philosophie de « l’à-venir » offrant de nouvelles avenues théoriques pour penser une suite du monde plus positive hors des schèmes traditionnels de l’utopisme critique.

Tout un pan de cette réflexion insiste d’ailleurs sur la dimension spéculative de la notion même de temps, un concept à penser non plus en termes de processus chronologique, mais plutôt en termes de ruptures et de discontinuités. Une réflexion qui s’édifie à la fois sur la récente découverte de l’enchevêtrement quantique – lequel permettrait d’envisager la téléportation ! –, et aussi sur les théories queers et leur désaveu d’une linéarité temporelle pensée en fonction du modèle reproductif hétéronormatif. Dans No Future. Queer Theory and the Death Drive, le critique littéraire Lee Edelman remet ainsi en question la figure de l’enfant comme incarnation ultime de l’ordre symbolique et d’un futur à protéger et défendre, figure intrinsèquement politique du discours hétéronormatif à travers laquelle se cristallise un “futurisme reproductif” magnifié et fantasmé par la culture. Sans récuser la notion de futur, Edelman invite toutefois à repenser l’avenir hors de la logique reproductive, les queers étant à même de paver la voie à de nouveaux devenirs responsables et éthiques.

L’histoire elle-même devient donc un objet narratif, une matière littéraire à relire continuellement pour appréhender l’avenir, mais aussi pour panser les maux du passé. Dans cette optique, la notion de futurité peut également se comprendre comme une forme de réparation ou de régénération inscrite dans une perspective décoloniale. Jouant de ces ponts entre le passé et le futur par le truchement d’une réappropriation des nouvelles technologies (robotique, intelligence artificielle, etc.), le courant artistique de l’afrofuturisme par exemple, vient ainsi court-circuiter les stéréotypes racistes et technophobes véhiculés par l’imaginaire colonial. Usant de la science-fiction comme levier d’une critique de l’histoire des personnes racisées, l’esthétique afrofuturiste convoque science, technologie et pratiques artistiques actuelles pour discuter des changements socio-politiques souhaitables pour l’avenir et proposer des subjectivités hybrides outillées pour le mettre en place.

Envisager l’art dans sa futurité, c’est donc croire en sa capacité de créer des formes de vie, des modalités de relation novatrices. C’est réinvestir de bonne foi la capacité de l’art de créer de nouveaux mondes, de faire avec les possibles d’une humanité traversée de blessures et de violences, et de se saisir de l’expérience du présent dans l’intention d’en infléchir politiquement et éthiquement la trajectoire.

Pour souligner la parution du centième numéro de la revue et marquer sa volonté de se projeter vers l’avenir, quel qu’il soit, Esse arts + opinions invite les auteur.e.s et artistes à proposer des textes qui interrogent les enjeux de la futurité à travers ses diverses déclinaisons artistiques (réactivation d’archives, relecture critique et décoloniale de l’art, de ses histoires et de ses objets, pratiques post ou transhumanistes, etc.). Comment l’art peut-il se révéler autre chose qu’un miroir désolant de réalités que plus personne ne peut ignorer ? Comment l’art peut-il se faire non pas déconstruction, mais reconstruction d’un monde vivable ? Comment les pratiques contemporaines peuvent-elles nous convaincre qu’un autre futur est possible ? Comment l’art est-il déjà la trace d’un « à-venir » ? L’art peut-il transfigurer le sentiment de désordre, d’insécurité, d’incertitude, d’insaisissable du temps présent, cette anxiété créée par une précarité généralisée, en de nouvelles manières de vivre et de penser le monde ?

POLITIQUE ÉDITORIALE
1. Esse arts + opinions, publiée par Les éditions esse, est une revue bilingue qui s’intéresse principalement à l’art contemporain et aux pratiques multidisciplinaires. La revue privilégie les essais sur l’art contemporain récent et les analyses critiques à travers des textes qui abordent l’art en relation avec le contexte dans lequel il s’inscrit. Chaque numéro propose un dossier thématique, un portfolio d’œuvres, une section d’articles critiques traitant de la scène culturelle internationale, une section de comptes rendus d’expositions, d’évènements et de publications. La plateforme esse.ca propose également des articles sur l’actualité artistique, de même que des archives d’anciens numéros de esse.

2. Les auteur.e.s sont invité.e.s à proposer des textes les 10 janvier, 1er avril et 1er septembre de chaque année. Les textes peuvent être soumis pour l’une des 3 sections suivantes :
La section Dossier thématique : des essais de 1500 à 2 000 mots. L’orientation thématique est disponible en ligne 4 à 6 mois avant la date tombée : http://esse.ca/fr/appeltextesfr
La section Articles : des essais, articles de fond ou entrevues de 1 250 à 2000 mots (notes incluses).
La section Comptes rendus : des couvertures d’expositions, d’évènements ou de publications (500 mots, sans notes de bas de page ou 950 mots, une ou deux notes de bas de page maximum).

3. À moins d’une entente contraire avec Les éditions esse, l’auteur.e s’engage à soumettre un texte inédit et original.

4. Chaque texte est soumis au comité de rédaction, qui se réserve le droit de l’accepter ou de le refuser. Les personnes qui aimeraient d'abord soumettre un résumé d'intention (250 mots) sont invitées à le faire au moins 3 mois avant la date de tombée. Les critères de sélection sont basés sur la qualité de l’analyse et de la rédaction, la pertinence du texte dans le numéro en cours (la thématique), de la pertinence du corpus d’œuvres et d’artistes choisis. Un délai de 6 semaines est requis pour la sélection des textes. La décision de refuser un texte est sans appel.

5. À moins d’une entente contraire, le comité ne retient pas les textes étant sources possibles de conflit d’intérêts entre l’auteur et le sujet couvert (par exemple, les textes d’artistes sur leur propre pratique, les écrits par les commissaires d’expositions ou desdits évènements ou par la galerie d’un artiste).

6. Les auteurs dont les textes sont retenus s’engagent à formater le texte selon les normes typographiques de esse, suivant un document envoyé avec l’entente de publication.

7. Dans le respect de la vision et du style de l’auteur.e, le comité de rédaction se réserve le droit de demander des corrections de nature sémantique ou autre : qualité de la langue, structure générale du texte, clarté, carences, pertinence des titres et des sous-titres, normes de composition.

8. Les textes acceptés sous conditions feront l’objet d’une discussion entre l’auteur.e et le comité de rédaction. Si des modifications sont demandées, l’auteur.e se verra accorder quinze (15) jours pour les réaliser.

9. Tous les frais de correction typographique du texte de l’auteur.e seront à la charge des Éditions esse sauf les corrections d’auteur, s’il y a lieu, qui seront à la charge de celui-ci.

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