Appel de textes | esse arts + opinions

Appel de textes

APPEL DE TEXTES - SOUMISSIONS

Les textes proposés (de 1 000 à 2 000 mots maximum, notes incluses) peuvent être envoyés en format lettre US (docx ou rtf) à redaction@esse.ca avant le 1 septembre 2020 (dossier Nouveaux matérialismes) ou le 10 janvier 2021 (dossier (Re)voir la peinture). Veuillez inclure, à même le texte, une courte notice biographique (35-45 mots), un résumé du texte (80-100 mots), ainsi que votre adresse courriel et postale. Les propositions non afférentes aux dossiers (critiques, essais et analyses sur différents sujets en art actuel) sont aussi les bienvenues (dates de tombée : 1er septembre, 10 janvier et 1er avril de chaque année). Un accusé de réception sera envoyé dans les 7 jours suivant la date de tombée. Si vous ne l’avez pas reçu, nous vous invitons à communiquer avec nous pour vérifier la réception de votre texte.

No 101 : Dossier Nouveaux matérialismes
Avant le 1er septembre 2020

S’il est aujourd’hui courant d’interroger l’hégémonie du visible et de remettre en question l’idée de la représentation comme condition préalable fondamentale de l’art, l’orthodoxie constructiviste portée par le poststructuralisme persiste à favoriser une approche discursive des pratiques artistiques au détriment de la matière et de son agentivité. Bien que le courant philosophique du réalisme spéculatif – aussi désigné sous le label ontologie orientée objet (OOO) – ait été un levier euristique incontournable pour réfléchir la relation de l’humain au monde des objets, cette notion est demeurée liée au langage, aux discours et à la culture, perpétuant l’idée d’une expérience de la matière purement représentationnelle. Comme le souligne à propos les historiennes de l’art et féministes Estelle Barrett et Barbara Bolt en introduction de Carnal Knowledge. Towards a “New Materialism” Through the Arts, cette lacune concourt encore aujourd’hui à reconduire une rhétorique des binarismes opposant matérialité et signification, nature et culture, objet et sujet. Depuis le tournant du XXIème siècle toutefois, des voix issues de disciplines multiples – et aussi « éloignées » que la physique quantique, les féminismes, l’écologie et les arts – s’élèvent et s’unissent pour plaider en faveur d’un renouveau des perspectives matérialistes pour réintégrer la matière dans le débat philosophique et dépasser, enfin, une interprétation polarisée et duelle du monde.

Ce qu’il est désormais convenu de rassembler sous l’appellation des « Nouveaux matérialismes » (de l’anglais New Materialisms) décrit un ensemble de postures à la fois théoriques et pragmatiques inscrites en réaction face au logocentrisme de la postmodernité. Ces postures vont critiquer vivement la tendance postmoderne à ne prendre en compte que la logique du langage comme modèle de référence et de signification du réel. Sans retourner à ce que Bruno Latour nomme le Grand Partage, c’est-à-dire une recherche ontologique objective typiquement moderne opposée au langage, les Nouveaux matérialismes s’attèlent plutôt à mettre sur pied une démarche éthico-onto-épistémologique (Barad: 1998) à même de pointer l’inséparabilité du monde matériel et discursif.

Véritable cristallisation de ces nombreux enjeux, l’art occupe une position enviable dans le débat, mettant simultanément la matière au profit du sens et la signification au service de la forme. Conscients de cette complémentarité co-constitutive et inhérente aux pratiques artistiques, nombre d’artistes, d’institutions muséales et d’évènements artistiques mettent aujourd’hui de l’avant l’évidence du « fait matériel » de l’art, proposant des réflexions autour de la notion d’objet ou de choséité, d’une expérience axée sur la polysensorialité et la matérialité des œuvres ou encore, tendent à mettre en lumière l’autonomie et la performativité de la matière à travers ses propres processus de transformation. Ces nouvelles sensibilités initient une esthétique matérialiste qui déplace l’expérience de l’objet d’art (et de sa technique) avec l’humain en une relation horizontale où sens et matière s’informent.

Portée par l’actualité de ces réflexions et de leurs implications tangibles pour la refonte d’une conception des arts dits « visuels », Esse arts + opinions invite les auteur.e.s et artistes à proposer des textes qui réfléchissent à la reconfiguration de la matière à l’aune de pratiques sociales, politiques, artistiques et scientifiques qui ne sont plus enfermées dans le spectre humain, mais relèvent de la « vie » tout entière, y compris le « non-vivant ». À cet égard, les avenues de réflexion sont à l’image des nouveaux matérialismes, soit tentaculaires, hybrides et critiques. Comment ces approches de la matière modulent-elles de nouveaux regards critiques face à l’asymétrie arbitraire entre beaux-arts et artisanat ? Comment cette sensibilité matérialiste se traduit-elle réellement pour les artistes et leurs œuvres ? À l’aube de cette époque que d’aucuns nomment anthropocène, comment les nouveaux matérialismes permettent-ils de déjouer une critique anthropocentrique (ou humaniste) des objets d’art et de leur contexte de production ? Dès lors, quelles places reste-il pour la critique et l’histoire de l’art dont la matière première est le discours ?

No 102 : Dossier (Re)voir la peinture
Avant le 10 janvier 2021

Certains critiques, observant un intérêt soutenu pour les pratiques picturales actuelles, ont émis l’hypothèse d’un « retour » de la peinture. Entre autres, les musées québécois multiplient les expositions et rétrospectives consacrées aux pratiques picturales, en plus de faire la part belle à la peinture dans le redéploiement de leurs collections. La présentation muséale de cette peinture a un effet double : réaffirmer qu’elle est le mode d’expression par excellence dans l’histoire des arts visuels, tout en insistant sur son importance lorsqu’il s’agit de témoigner des pratiques récentes. Évidemment, ces deux activités opèrent de manière interdépendante – l’institution, par l’organisation d’expositions faisant place à la peinture actuelle, réitère la pertinence du maintien de ses propres collections.

Si elle demeure présente depuis toujours dans le réseau des galeries privées, elle est également de plus en plus visible dans la programmation des centres d’artistes autogérés, des galeries universitaires et des autres lieux d’exposition. Cette visibilité observée dans les institutions de diffusion québécoises et canadiennes, miroir d’un regain d’intérêt pour la peinture au niveau international, suit une série de mesures visant à développer l’activité philanthropique et l’acquisition, qu’elle soit institutionnelle ou personnelle, d’œuvres d’art. La peinture est hypervisible à un moment où s’installe un financement de l’activité artistique qui ne serait plus dépendant d’une intervention de l’état, mais modulé par l’activité économique. Le tableau, objet qui semble facilement pouvoir transiter de l’atelier à la galerie jusqu’au domicile, se présente alors comme un incontournable de cette transition économique.

L’expression retour de la peinture est d’abord apparue dans les années 1980 autour de pratiques artistiques et d’activités critiques qui observaient un regain d’intérêt pour le pictural, alors que les décennies précédentes avaient été consacrées à l’immatérialité, à l’éphéméralité, à la corporalité. Pourtant, ce énième retour de la peinture mérite d’être déconstruit. D’une part, nombre de peintres contemporains s’intéressent aujourd’hui à ces questions qui sont prétendument étrangères à leur médium, en proposant des formes hybrides de création empruntant à l’installation, à l’art conceptuel ou à la performance. D’autre part, nombre d’artistes investissent les thèmes et les conventions de représentation de la peinture de manière critique. Ces artistes, souvent issus des communautés autochtones, noires ou de couleur, l’entrevoient comme un outil à mobiliser pour déconstruire l’homogénéité des discours en art. Dans les deux cas, la peinture se dresse contre une certaine orthodoxie, imposée par le médium lui-même ou par le milieu qui la diffuse.

La peinture actuelle s’articulerait dans ces trois moments : dans les questionnements de sa pratique, dans sa valorisation par la mise en exposition, et finalement dans son imbrication dans les rouages du marché de l’art. Plutôt que d’imaginer un retour à la peinture qui signalerait la résolution d’une fausse absence, vaut-il mieux la comprendre comme une expression du contemporain, qui nous inviterait à penser ses mouvements, ses mobilités et ses discours pluriels ? Que dit-on par la peinture ? Que nous dit-elle sur l’état du milieu de l’art ? Esse arts + opinions invite les auteurs et autrices à réfléchir aux conditions de cette visibilité. À quels impératifs esthétiques, éthiques, sociaux, politiques ou économiques répond-t-elle ? Comment est-elle saisie par les artistes actuels ?

POLITIQUE ÉDITORIALE
1. Esse arts + opinions, publiée par Les éditions Esse, est une revue bilingue qui s’intéresse principalement à l’art contemporain et aux pratiques multidisciplinaires. La revue privilégie les essais sur l’art contemporain récent et les analyses critiques à travers des textes qui abordent l’art en relation avec le contexte dans lequel il s’inscrit. Chaque numéro propose un dossier thématique, un portfolio d’œuvres, une section d’articles critiques traitant de la scène culturelle internationale, une section de comptes rendus d’expositions, d’évènements et de publications. La plateforme esse.ca propose également des articles sur l’actualité artistique, de même que des archives d’anciens numéros de Esse.

2. Les auteur.e.s sont invité.e.s à proposer des textes les 10 janvier, 1er avril et 1er septembre de chaque année. Les textes peuvent être soumis pour l’une des 3 sections suivantes :
La section Dossier thématique : des essais de 1500 à 2 000 mots. L’orientation thématique est disponible en ligne 4 à 6 mois avant la date tombée : http://esse.ca/fr/appeltextesfr
La section Articles : des essais, articles de fond ou entrevues de 1 250 à 2000 mots (notes incluses).
La section Comptes rendus : des couvertures d’expositions, d’évènements ou de publications (500 mots, sans notes de bas de page ou 950 mots, une ou deux notes de bas de page maximum). Vous pouvez consulter les protocoles de rédaction ici : https://esse.ca/fr/protocoles-de-redaction

3. À moins d’une entente contraire avec Les éditions Esse, l’auteur.e s’engage à soumettre un texte inédit et original.

4. Chaque texte est soumis au comité de rédaction, qui se réserve le droit de l’accepter ou de le refuser. Les critères de sélection sont basés sur la qualité de l’analyse et de la rédaction, la pertinence du texte dans le numéro en cours (la thématique), de la pertinence du corpus d’œuvres et d’artistes choisis. Un délai de 6 semaines est requis pour la sélection des textes. La décision de refuser un texte est sans appel.

5. À moins d’une entente contraire, le comité ne retient pas les textes étant sources possibles de conflit d’intérêts entre l’auteur et le sujet couvert (par exemple, les textes d’artistes sur leur propre pratique, les écrits par les commissaires d’expositions ou desdits évènements ou par la galerie d’un artiste).

6. Les auteur.e.s dont les textes sont retenus s’engagent à formater le texte selon les normes typographiques de Esse, suivant un document envoyé avec l’entente de publication.

7. Dans le respect de la vision et du style de l’auteur.e, le comité de rédaction se réserve le droit de demander des corrections de nature sémantique ou autre : qualité de la langue, structure générale du texte, clarté, carences, pertinence des titres et des sous-titres, normes de composition.

8. Les textes acceptés sous conditions feront l’objet d’une discussion entre l’auteur.e et le comité de rédaction.

Si des modifications sont demandées, l’auteur.e se verra accorder quinze (15) jours pour les réaliser.

9. Tous les frais de correction typographique du texte de l’auteur.e seront à la charge des Éditions Esse sauf les corrections d’auteur, s’il y a lieu, qui seront à la charge de celui-ci.

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