Appel de textes | esse arts + opinions

Appel de textes

APPEL DE TEXTES - SOUMISSIONS

Les textes proposés (de 1 000 à 2 000 mots maximum, notes incluses) peuvent être envoyés en format lettre US (docx ou rtf) à redaction@esse.ca avant le 10 janvier 2021 (dossier (Re)voir la peinture). Veuillez inclure, à même le texte, une courte notice biographique (35-45 mots), un résumé du texte (80-100 mots), ainsi que votre adresse courriel et postale. Les propositions non afférentes aux dossiers (critiques, essais et analyses sur différents sujets en art actuel) sont aussi les bienvenues (dates de tombée : 1er septembre, 10 janvier et 1er avril de chaque année). Un accusé de réception sera envoyé dans les 7 jours suivant la date de tombée. Si vous ne l’avez pas reçu, nous vous invitons à communiquer avec nous pour vérifier la réception de votre texte.

No 104 : Dossier Collectifs
Avant le 1er septembre 2021

Depuis quelques années, la création en collectif semble connaître un certain essor, un engouement qui engage forcément de nouvelles manières de concevoir l’acte de créer. Comme l’illustre le groupe indonésien Ruangrupa à qui le commissariat de la prochaine Documenta a été confié, les collectifs brouillent les frontières entre œuvre et exposition, entre art, recherche et militantisme. Ils offrent en partage des lieux, des protocoles et des occasions de collaborer à travers des formes qui réinventent la pratique artistique et repensent les interactions dans un monde désormais traumatisé par la distanciation sociale.

La création à plusieurs n’est bien sûr pas un phénomène nouveau. En se regroupant dans la mouvance dadaïste, surréaliste, bauhaus, puis dans celle de fluxus et de l’art conceptuel, les artistes ont depuis longtemps décloisonné l’art et la vie grâce à des formes plastiques et architecturales, à des événements, à des performances et à des happenings conçus et réalisés en commun. Animés par une série d’utopies, de la recherche des potentialités révolutionnaires de l’esthétique chez les avant-gardes aux aspirations poststructuralistes des mouvements contre-culturels de l’après mai-68, les collectifs ont constitué des communautés politiques souvent radicales autour de la création.

Plus d’un siècle de pratiques de coopération a constitué un réservoir de modèles, d’enjeux et d’idées aujourd’hui réinvesti par des collectifs plus diversifiés composés d’artistes, de designers et d’architectes, mais aussi de commissaires, de militant.e.s, de théoricien.ne.s et de chercheur.e.s. Devant l’urgence d’agir, dans un monde où l’état d’exception est devenu permanent, des laboratoires d’action sociale, des regroupements de recherche indisciplinaires et des forums internationaux de discussion se forment au seuil du champ de l’art. Ils valorisent l’improvisation, la spontanéité, l’autonomie, la flexibilité, l’innovation et l’utilité, ce qui n’est pas sans les rapprocher du travail postfordiste pour lequel l’artiste a été érigé en modèle absolu.

Refusant toute distinction disciplinaire, ces think tanks progressistes arrivent toutefois à inventer des espaces alternatifs où se rencontrent les savoirs, les expertises et les méthodologies. Devenu une ressource parmi d’autres, l’art dans ces collectifs se décentre en intégrant des structures sociales expérimentales pensées comme des zones d’échanges entre expertises et vies vécues. Les techniques de mise en relation et d’agencements, la performativité de la parole et du geste, le potentiel de la fiction et de l’imagination ainsi que l’intérêt pour des méthodes et des savoirs disqualifiés par la science sont parmi les ressources de l’art mobilisées par ces groupes. Ces compétences servent à forcer une réciprocité entre l’art, l’université et le militantisme dirigée vers la résolution concrète de problèmes sociaux, environnementaux, diplomatiques, scientifiques ou technologiques.

À un moment où un effort d’inclusion semble plus que jamais urgent, les collectifs formés récemment sont engagés dans la réinvention d’un commun. Collaborer offre aussi l’occasion d’encourager les conversations, de problématiser les rapports de pouvoir au sein des institutions, d’en occuper ses marges et d’y redistribuer les rôles et les responsabilités. Incarnant l’intersectionnalité des luttes, ces groupes ne visent pas qu’à partager des coûts ou à briser l’isolement. Ils investissent des formes alternatives d’être ensemble, plus horizontales, moins hiérarchiques, visant une répartition égalitaire des tâches, des prises de décision en consensus, un sentiment d’appartenance et une libre circulation d’intérêts, d’idées et d’affects. Les formes de coopération radicalement démocratiques et les co-activités éthiques de certains collectifs renvoient même à des pratiques de commoning, où l’individualisme et la propriété privée sont remplacés par une structure faite d’interactions sociales et de gestion communautaire des ressources qui donne la belle part à l’entraide et au partage au profit de la multitude.

Pour ce numéro, Esse arts + opinions invite les auteur.e.s à réfléchir aux regroupements d’artistes, de théoricien.ne.s, de commissaires, de chercheur.e.s et de militant.e.s ainsi qu’aux pratiques de co-création en art contemporain. Quelles sont les structures organisationnelles privilégiées par les collectifs? À quels modèles socio-économiques adhèrent-ils? Comment arrivent-ils à repenser aujourd’hui la transdisciplinarité en art? L’auctorialité partagée de ces groupes arrive-t-elle à transcender la figure de l’artiste génie (l’homme blanc, bourgeois, hétérosexuel)? Qu’est-ce qui caractérise aujourd’hui les œuvres créées à plusieurs? Qu’est-ce qu’elles critiquent? Arrivent-elles à rendre sensible aux absences et aux silences construits? Sont-elles à considérer comme l’émergence de nouvelles formes de vie en communauté?

POLITIQUE ÉDITORIALE
1. Esse arts + opinions, publiée par Les éditions Esse, est une revue bilingue qui s’intéresse principalement à l’art contemporain et aux pratiques multidisciplinaires. La revue privilégie les essais sur l’art contemporain récent et les analyses critiques à travers des textes qui abordent l’art en relation avec le contexte dans lequel il s’inscrit. Chaque numéro propose un dossier thématique, un portfolio d’œuvres, une section d’articles critiques traitant de la scène culturelle internationale, une section de comptes rendus d’expositions, d’évènements et de publications. La plateforme esse.ca propose également des articles sur l’actualité artistique, de même que des archives d’anciens numéros de Esse.

2. Les auteur.e.s sont invité.e.s à proposer des textes les 10 janvier, 1er avril et 1er septembre de chaque année. Les textes peuvent être soumis pour l’une des 3 sections suivantes :
La section Dossier thématique : des essais de 1500 à 2 000 mots. L’orientation thématique est disponible en ligne 4 à 6 mois avant la date tombée : http://esse.ca/fr/appeltextesfr
La section Articles : des essais, articles de fond ou entrevues de 1 250 à 2000 mots (notes incluses).
La section Comptes rendus : des couvertures d’expositions, d’évènements ou de publications (500 mots, sans notes de bas de page ou 950 mots, une ou deux notes de bas de page maximum). Vous pouvez consulter les protocoles de rédaction ici : https://esse.ca/fr/protocoles-de-redaction

3. À moins d’une entente contraire avec Les éditions Esse, l’auteur.e s’engage à soumettre un texte inédit et original.

4. Chaque texte est soumis au comité de rédaction, qui se réserve le droit de l’accepter ou de le refuser. Les critères de sélection sont basés sur la qualité de l’analyse et de la rédaction, la pertinence du texte dans le numéro en cours (la thématique), de la pertinence du corpus d’œuvres et d’artistes choisis. Un délai de 6 semaines est requis pour la sélection des textes. La décision de refuser un texte est sans appel.

5. À moins d’une entente contraire, le comité ne retient pas les textes étant sources possibles de conflit d’intérêts entre l’auteur et le sujet couvert (par exemple, les textes d’artistes sur leur propre pratique, les écrits par les commissaires d’expositions ou desdits évènements ou par la galerie d’un artiste).

6. Les auteur.e.s dont les textes sont retenus s’engagent à formater le texte selon les normes typographiques de Esse, suivant un document envoyé avec l’entente de publication.

7. Dans le respect de la vision et du style de l’auteur.e, le comité de rédaction se réserve le droit de demander des corrections de nature sémantique ou autre : qualité de la langue, structure générale du texte, clarté, carences, pertinence des titres et des sous-titres, normes de composition.

8. Les textes acceptés sous conditions feront l’objet d’une discussion entre l’auteur.e et le comité de rédaction.

Si des modifications sont demandées, l’auteur.e se verra accorder quinze (15) jours pour les réaliser.

9. Tous les frais de correction typographique du texte de l’auteur.e seront à la charge des Éditions Esse sauf les corrections d’auteur, s’il y a lieu, qui seront à la charge de celui-ci.

Fichier attachéTaille
PDF icon esse103_sportification_fr.pdf135.11 KB
PDF icon esse104_collectifs_fr.pdf133.38 KB

S'abonner à l'infolettre

 Retrouvez nous sur Twitter !Retrouvez nous sur Facebook !Retrouvez nous sur Instagram !

Esse arts + opinions

Adresse postale
C.P. 47549,
Comptoir Plateau Mont-Royal
Montréal (Québec) Canada
H2H 2S8

Adresse de nos bureaux
2025 rue Parthenais, bureau 321
Montréal (Québec)
Canada H2K 3T2

E. : revue@esse.ca
T. : 1 514-521-8597