Appel de textes | esse arts + opinions

Appel de textes

APPEL DE TEXTES - SOUMISSIONS

Les textes proposés (de 1 000 à 2 000 mots maximum, notes incluses) peuvent être envoyés en format lettre US (docx ou rtf) à redaction@esse.ca avant le 10 janvier 2021 (dossier (Re)voir la peinture). Veuillez inclure, à même le texte, une courte notice biographique (35-45 mots), un résumé du texte (80-100 mots), ainsi que votre adresse courriel et postale. Les propositions non afférentes aux dossiers (critiques, essais et analyses sur différents sujets en art actuel) sont aussi les bienvenues (dates de tombée : 1er septembre, 10 janvier et 1er avril de chaque année). Un accusé de réception sera envoyé dans les 7 jours suivant la date de tombée. Si vous ne l’avez pas reçu, nous vous invitons à communiquer avec nous pour vérifier la réception de votre texte.

No 105 : Nouveau nouvel âge

Avant le 10 janvier 2022

Tel un spectre malicieux ou une force surnaturelle indocile, la résurgence ponctuelle des croyances occultes – sorcellerie, divination, astrologie, magie, alchimie – hante depuis toujours l’histoire de l’humanité. Tour à tour ennemi du Christianisme, pierre d’achoppement de la logique kantienne ou carrément menace du patriarcat (la sorcière étant une figure « maléfique » puissante largement revendiquée par les féministes), cet engouement sporadique pour le mystique et ses innombrables déclinaisons semble être le symptôme tangible d’une lassitude sourde face à l’ordre établi et aux systèmes de pensée hégémoniques. Aujourd’hui encore, l’intérêt renouvelé pour le mysticisme et les modalités d’agentivité et de pouvoir parallèles qu’il suggère se fait l’écho de l’inertie politique générale. Des concoctions hormonales « faites maison » aux pratiques animistes antispécistes, les multiples stratégies offertes par ce nouveau nouvel âge, comme nous serions tenté·e·s de le nommer à la suite du mouvement contre-culturel occidental des années 1970, répondent au besoin pressant d’agir hors d’un néolibéralisme qui tue, petit à petit, notre planète et les relationalités qui s’y jouent. Mais bien plus qu’une simple riposte ésotérique, l’existence de forces occultes – ou de forces théoriquement inexplicables – semble désormais entérinée par la science elle-même, à preuve les récentes découvertes de la mécanique quantique et des états presque « magiques » de la matière, ouvrant toute grande la porte au mysticisme quantique ! Si l’occulte séduit et fait peur tout à la fois, c’est qu’il ne peut être assujetti, qu’il n’a de cesse de se dérober au sens commun. 

Les femmes, les autochtones, les communautés racisées, les personnes en situation de handicap et les minorités sexuelles ont de tout temps fait les frais de persécutions liées à leur soi-disant dévotion mystique toute naturelle, dans un monde qui pourtant s’approprie constamment leurs pratiques spirituelles et leur culture matérielle. Grâce à leurs savoirs, à leurs corps ou à leurs interprétations autrement sensibles du monde, ils peuvent appréhender – et non pas maîtriser – des formes alternatives de vivre-ensemble par-delà leur récupération par un capitalisme du bien être et de la croissance personnelle. Mobilisant des échanges féconds et novateurs entre savoirs ancestraux et technologies, entre nature et culture, entre vivant et non-vivant, ces « hérétiques » sont celleux qui nous permettent aujourd’hui de répondre adéquatement – ou du moins autrement – aux crises sociales, climatiques ou économiques, troquant la rigidité et le statu quo général pour une approche holistique réparatrice et bienveillante capable de réenchanter le monde.

Les artistes sont loin d’être insensibles à cet appel envoutant, proposant à leur tour des alternatives (discursives, formelles, politiques, techniques) pour entrer en contact avec la réalité – les réalités –, conjurant des forces invisibles et évanescentes pour saisir et comprendre des expériences autrement bien tangibles. L’hybridisme disciplinaire de ce nouveau nouvel âge, au croisement de la philosophie, de la psychologie, des sciences, de l’écologie, de la religion et des arts, rend compte d’un ardent désir de connexion – d’amour – avec le monde et les multiples entités (bactéries, spores, hormones, eaux, astres, matières) qui l’habitent et le caractérisent.

Figure incontournable de ces croisements disciplinaires et icône iconoclaste par excellence pour nombre d’artistes actuel·le·s, la sorcière est d’ailleurs une source incontournable d’inspiration. Guérisseuse, chamane, alchimiste, herboriste, magicienne et sybille, la sorcière appelle à une décolonisation des savoirs et de la spiritualité, à l’effritement du patriarcat et du capitalisme, à une affinité intime avec la nature et le cosmos, au métissage des arts et de l’artisanat, du politique et du magique. Loin d’être la seule à caractériser ce nouveau nouvel âge, la sorcière s’accompagne d’une multiplicité d’entités réelles et imaginaires, de méthodologies queers, de posture antispécistes et de formes de création hybrides repoussant toujours davantage les frontières de l’art. À la lumière des perspectives ouvertes par ce nouveau nouvel âge, ce dossier cherche à explorer les croisements entre ces approches multiformes de l’occulte et de la spiritualité 2.0 et les pratiques artistiques actuelles.

ABRACADABRA !

POLITIQUE ÉDITORIALE

1. Esse arts + opinions, publiée par Les éditions Esse, est une revue bilingue qui s’intéresse principalement à l’art contemporain et aux pratiques multidisciplinaires. La revue privilégie les essais sur l’art contemporain récent et les analyses critiques à travers des textes qui abordent l’art en relation avec le contexte dans lequel il s’inscrit. Chaque numéro propose un dossier thématique, un portfolio d’œuvres, une section d’articles critiques traitant de la scène culturelle internationale, une section de comptes rendus d’expositions, d’évènements et de publications. La plateforme esse.ca propose également des articles sur l’actualité artistique, de même que des archives d’anciens numéros de Esse.

2. Les auteur.e.s sont invité.e.s à proposer des textes les 10 janvier, 1er avril et 1er septembre de chaque année. Les textes peuvent être soumis pour l’une des 3 sections suivantes :
La section Dossier thématique : des essais de 1500 à 2 000 mots. L’orientation thématique est disponible en ligne 4 à 6 mois avant la date tombée : http://esse.ca/fr/appeltextesfr
La section Articles : des essais, articles de fond ou entrevues de 1 250 à 2000 mots (notes incluses).
La section Comptes rendus : des couvertures d’expositions, d’évènements ou de publications (500 mots, sans notes de bas de page ou 950 mots, une ou deux notes de bas de page maximum). Vous pouvez consulter les protocoles de rédaction ici : https://esse.ca/fr/protocoles-de-redaction

3. À moins d’une entente contraire avec Les éditions Esse, l’auteur.e s’engage à soumettre un texte inédit et original.

4. Chaque texte est soumis au comité de rédaction, qui se réserve le droit de l’accepter ou de le refuser. Les critères de sélection sont basés sur la qualité de l’analyse et de la rédaction, la pertinence du texte dans le numéro en cours (la thématique), de la pertinence du corpus d’œuvres et d’artistes choisis. Un délai de 6 semaines est requis pour la sélection des textes. La décision de refuser un texte est sans appel.

5. À moins d’une entente contraire, le comité ne retient pas les textes étant sources possibles de conflit d’intérêts entre l’auteur et le sujet couvert (par exemple, les textes d’artistes sur leur propre pratique, les écrits par les commissaires d’expositions ou desdits évènements ou par la galerie d’un artiste).

6. Les auteur.e.s dont les textes sont retenus s’engagent à formater le texte selon les normes typographiques de Esse, suivant un document envoyé avec l’entente de publication.

7. Dans le respect de la vision et du style de l’auteur.e, le comité de rédaction se réserve le droit de demander des corrections de nature sémantique ou autre : qualité de la langue, structure générale du texte, clarté, carences, pertinence des titres et des sous-titres, normes de composition.

8. Les textes acceptés sous conditions feront l’objet d’une discussion entre l’auteur.e et le comité de rédaction.

Si des modifications sont demandées, l’auteur.e se verra accorder quinze (15) jours pour les réaliser.

9. Tous les frais de correction typographique du texte de l’auteur.e seront à la charge des Éditions Esse sauf les corrections d’auteur, s’il y a lieu, qui seront à la charge de celui-ci.

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