Philippe Perrin. Always the Sun, L’Approche, Bruxelles | esse arts + opinions

Philippe Perrin. Always the Sun, L’Approche, Bruxelles

L'Approche
  • Vue d'exposition, Philippe Perrin. Always the sun, L'Approche, Bruxelles, 2020. Photo : © Philippe Perrin, permission de L'Approche, Bruxelles
  • Vue d'exposition, Philippe Perrin. Always the sun, L'Approche, Bruxelles, 2020. Photo : © Philippe Perrin, permission de l'artiste & L'Approche, Bruxelles
  • Détail d'exposition, Philippe Perrin. Always the sun, L'Approche, Bruxelles, 2020. Photo : © Philippe Perrin, permission de l'artiste & L'Approche, Bruxelles
  • Détail d'exposition, Philippe Perrin. Always the sun, L'Approche, Bruxelles, 2020. Photo : © Philippe Perrin, permission de l'artiste & L'Approche, Bruxelles
  • Vue d'exposition, Philippe Perrin. Always the sun, L'Approche, Bruxelles, 2020. Photo : © Philippe Perrin, permission de l'artiste & L'Approche, Bruxelles
  • Détail d'exposition, Philippe Perrin. Always the sun, L'Approche, Bruxelles, 2020. Photo : © Philippe Perrin, permission de l'artiste & L'Approche, Bruxelles

[In French]

Philippe Perrin. Always the Sun
L'Approche, Bruxelles
du 31 mars au 22 mai 2020

Privé.e.s de sorties et d’expositions pendant de longues semaines, nous qui sommes intéressé.e.s par l’art avons navigué sur internet en quête d’un semblant de continuité ou au contraire de propositions qui transformeraient la situation en une chance d’expérimenter, de découvrir des pratiques jouant avec le potentiel de surprise d’une exposition en ligne par rapport à une exposition réelle.

Ma plus belle expérience a été de me « rendre » à L’Approche.

Le rendez-vous pour la visite en visioconférence a été fixé, j’appelle. Hervé Ic, l’hôte des lieux (curateur, mais aussi et même avant tout artiste), apparait à l’écran de mon ordinateur. L’image est de mauvaise qualité car il a choisi d’utiliser son téléphone. Je ne comprends pas tout de suite pourquoi. On commence par l’intérieur propose-t-il, l’extérieur après.

Durant la quarantaine, c’est un artiste à l’univers sombre, quoique parfois illuminé d’une boule disco ou plus intensément d’un rayon de soleil comme le suggère le titre de l’exposition, qui a été invité ici. Depuis la fin des années 1980, Philippe Perrin réalise des œuvres, dessins, photos, sculptures, à l’iconographie et aux motifs violents, armes, sang, crime, passés au filtre noir et blanc de la culture rock-new wave et du cinéma de genre. La notion d’échelle le passionne, par exemple, des sculptures qui représentent en très grand des objets petits, lames de rasoir, menottes… Dans ce sens, l’exposition Always the Sun est un genre de rétrospective, représentative de son travail. Une grenade a la taille d’un meuble, une kalashnikov occupe l’espace au sol d’une salle entière, un crucifix a l’air de peser une tonne. En tout cas, l’écran mobile de mon interlocuteur le laisse croire. De même pour les photos publiées sur le site de L’Approche, celles d’un vaste et beau lieu d’exposition, ancien entrepôt ou usine désaffectée, rénovée par un.e architecte en vue.

La vraie question se pose alors : comment un artiste peut-il posséder un tel lieu et en être le curateur ? La réponse est simple, surtout quand on passe à la visite « extérieure » de la construction, une maquette sommairement construite. Il s’agit d’un musée miniature qui résout la question des moyens financiers de l’organisation d’une exposition (mobilisation d’un lieu, transport des œuvres…) par la réduction d’échelle. En s’inspirant de la Boite en valise (1936) qui avait permis à Marcel Duchamp, à peu de frais, de réaliser une première rétrospective de son œuvre ainsi que la première réplique de sa Fontaine (qui n’est d’ailleurs pas un readymade, l’objet ayant été fabriqué pour l’occasion), plusieurs artistes ont exploré cette solution. Par exemple, Chez Robert (tenu par Michel Delacroix) a été pendant quelques années un lieu d’exposition miniature visible seulement sur photos et sur internet pour entretenir l’ambigüité. Suivant le même principe, la galerie Bien (Babeth Rambault) et tout récemment le Offhausemuseum (Yusuké Offhause) explorent les possibilités visuelles et conceptuelles d’expositions qui jouent avec les illusions d’échelle entre les murs et les œuvres, en se donnant cette liberté artistique et économique.

L’artiste Alain Rivière, avec la série de vidéos Comment j’ai fait certaines de mes expositions, réalisées à la fin des années 1990, a exploré cette voie d’une manière très drôle et spirituelle. Dans un espace white cube pour poupée, il filme des microactions qui deviennent monumentales, et s’amuse finalement à en révéler l’échelle, comme une chute comique, avec l’arrivée d’un chat ou simplement l’apparition de sa main qui manipule les minuscules éléments en présence.

L’Approche, dans une démarche qui fait le tour de ces pistes, nous fait découvrir, en visite privée, grâce à la caméra d’un téléphone (dimension oblige), par photos sur internet mais aussi en vrai si on est à Bruxelles. En négociant un rendez-vous, Hervé Ic montre comment exposer des artistes qu’il aime, sans espace ni argent et en toute indépendance, aboutissant à ces surprenantes expériences artistiques où un objet commun peut de facto prendre la tournure d’un chef-d’œuvre monumental.

La période de quarantaine aura vraiment fait prendre conscience de la richesse de certaines propositions curatoriales hors normes.

Pour voir les lieux et œuvres cités :

https://www.lapproche.org/current-exhibition-philippe-perrin
https://www.instagram.com/l_approche
http://www.chez-robert.com
http://galeriebien.free.fr/galeriebien.free.fr/index.html
https://www.instagram.com/offhausemuseum
http://alain-riviere.com/comment-jai-fait-certaines-mes-expositions

Publié en ligne le 13 juillet 2020.

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