Sherbrooke – Galerie d’art Foreman

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Foreman
  • Photo : permission Galerie d'art Foreman

Motelisation
Galerie d’art Foreman, Université Bishop’s, Sherbrooke,
du 21 avril au 19 juin 2010

La démolition ou l’abandon de motels construits dans les années 1950 et 1960 est une situation répandue de nos jours. Motelisation, une exposition conçue par Geneviève Chevalier, actualise un questionnement sur la préservation d’un patrimoine architectural plutôt kitsch qui a façonné les paysages québécois et nord-américain. Les artistes choisis s’intéressent à la sphère de l’intime, aux souvenirs que l’on garde d’un lieu et surtout aux impressions qui nous habitent longtemps après qu'on ait quitté une chambre de motel. L’installation du duo formé par Alison S. M. Kobayashi et Gintas Tirilis apparaît comme la proposition la plus ancrée dans le sujet. S’étant introduits par effraction dans un motel abandonné, les artistes ont vu tout le potentiel des objets laissés par les anciens propriétaires et en ont constitué une collection. Ce pillage artistique souligne l’urgence de préserver les signes d’une époque qui s’effacera inévitablement de la mémoire collective si aucune action n’est entreprise pour en conserver les artefacts.

L’œuvre de Chantal Séguin rend compte de la mémoire parcellaire qui reste d’un lieu. Placée au sol, une maquette sert de support à la projection de l’image d’une salle de bain du motel La paysanne que l’artiste a captée furtivement lors d’une visite. Le dessin d’un couple, superposé à la photographie, crée un autre espace-temps accentué par la patine jaunie de l’image, dont la référence semble tirée directement des années 1970. Dans un autre registre, Andrew King, architecte de formation, parle de la modernité en faisant appel au mouvement. Tel un road movie, la vidéo réalisée avec Angela Silver propose des images assez floues captées sur l’autoroute 20 qui laissent entrevoir les néons des motels croisés sur la route, la nuit. L’expérience du voyage et les images qui restent en mémoire sont au cœur de l’œuvre. Le projet d’Andrée-Anne Vien, quant à lui, parasite autant les chambres que le site Internet du motel Lennoxville. Suivant une approche sociologique, elle a conçu des accessoires (rideaux, coussins, napperons) qui se fondent dans le décor existant. Les différents motifs (feuilles ou losanges) forment des entrelacs d’où sont reproduits des témoignages recueillis auprès des clients du motel. Conçu in situ, ce projet attise une certaine curiosité pour ce qui n’est jamais dévoilé, ce qui reste derrière les portes closes.

L’exposition Motelisation met en lumière ce patrimoine récent que l’on sacrifie au profit de la standardisation des chaînes motelières qui proposent – malheureusement – le même type d’hébergement, peu importe la ville où l’on se trouve. Il serait intéressant de revoir cette exposition dans un autre contexte, car l’espace plutôt restreint de la galerie a limité l’envergure de certains projets (notamment celui de Kobayashi et de Gintas), et l’on souhaiterait voir se multiplier les propositions d’artistes engagés dans une conscientisation de notre rapport à l’histoire, tant individuelle que collective.

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