Transvernacularités

Transvernacularités

 

Projet d’échange entre le Québec la France, du 17 juin au 1er juillet 2000 à Jarnac en France

 

Cette thématique a donné lieu à diverses interventions basées a priori sur le comportement beaucoup plus que sur le produit. Les actions performatives qui ont émergé du projet Transvernacularités posent la question du partage, de l’échange et de l’intérêt à l’autre. Bien que ces attitudes semblent inoffensives de prime abord, cette esthétique transactionnelle opère des connexions inédites dans le réel.

 

Neuf artistes de la région du Saguenay-Lac-St-Jean et de Montréal ont réalisé des actions installatives à l’intérieur de l’événement annuel Artransmédia 2000 de la Fondation Danaé en France.

 

Un art qui cherche à insérer des signes dans les mécanismes sociaux

L’artiste transpose les activités humaines sur un plan éthique et traduit à la fois la présence de l’ici et de l’ailleurs. Il est fort intéressant d’observer les approches judicieuses qui se sont développées en rapport avec l’environnement.

 

Les artistes ont investigué plusieurs aspects rattachés à la culture et à l’environnement de Jarnac, une région riche d’histoire avec de magnifiques paysages où s’étalent les grands vignobles, avec ses campagnes qui font état de vestiges romains et préhistoriques. Jarnac est une petite ville et son architecture qui date du XVe siècle est imprégnée de la part des anges, de l’odeur de ses grands crus de cognac traités selon une tradition demeurée intacte.

 

Certaines de ces particularités ont refait surface dans les actions performatives de Claudine Cotton qui ont eu lieu sur la place publique — notamment, le procédé de distillation du cognac, les allusions à cet art du raffinement et d’un goût recherché, et l’habitude des gens de Jarnac de garder leurs volets fermés.

 

Il va sans dire que l’apparition quotidienne de Christine Lebel dans les bars et restaurants de la grande place ne passait pas inaperçue. En quête d’un Lapinot des Charentes, l’artiste rose interpellait ses prises, les répertoriait, les photographiait et les bousculait par son petit questionnaire intime. Mentionnons que la première étape du travail pictural de Natacha Gagné faisait appel à la participation des passants par une collecte de gros plans photographiques de points de beauté.

 

Trois chais désaffectés étaient mis à la disposition des artistes qui ont brillamment exploité ces lieux d’intervention en exposant différents propos émergeant des qualités spatiales de chacun de ces espaces. Le duo Carl Bouchard et Martin Dufrasne a fait ressortir la valeur symbolique de certains éléments architecturaux, tels que la porte grillagée en ramenant le motif de la ceinture fléchée. L’immense nappe blanche servant d’écueil lors de leur action performative couvrait entièrement le sol et amplifiait le volume de l’espace. Représentant un déjeuner sur neige arrosé de pineau dans un canoë tissé des couleurs du drapeau du Royaume du Saguenay.

 

Patrice Duchesne, de son côté, a poétisé d’attributs dionysiaques les objets récupérés dans un dispositif installatif qui s’est terminé par une performance où éclataient les allusions sensuelles.

 

Lors de la première soirée de prestation publique, la performance musicale de Mathieu Benoît a mis en alerte le voisinage jarnacais. Au son de la batterie et des timbales chinoises, le chai est devenu caisse de résonance. Dans le jardin de la Fondation, Barah Héon-Morissette a présenté sur vibraphone une pièce sonore in situ. Un amalgame de sons harmonisait ceux du fleuve St-Laurent avec ceux de la Charente, les cris des mouettes et des hirondelles ainsi que les bruits ambiants de la rue. Dans la frénésie des prestations successives, Éric Bachand a présenté son film Entre-nous chère alouette un récit fragmenté dont l’installation vidéo accentuait le caractère anachronique. Il avait installé un moniteur télé dans l’une des fenêtres du deuxième étage de la Fondation et la bande-son au niveau de la rue. L’énigmatique interaction avec les passants créait un effet de surprise, un décalage temporel faisant réfléchir sur des problématiques cinématographiques et la perception entre ce qui est vu et entendu.

 

La seconde étape de cet événement s’est concrétisée à Langage Plus du 19 octobre au 2 novembre 2000 à Alma.

 

Comme à chaque voyage, ce que l’on rapporte est toujours ce qui crée une continuité

Les notions d’identité de territoire, et de culture décrivent un parcours événementiel de projets sur lequel j’ai œuvré à Langage Plus depuis 1993. Ce trajet a débuté avec la publication, Identité territoriale. La conjoncture politique et artistique est propice au débat réflexif qui pose les enjeux de déterritorialisation, d’exode, et d’ancrages identitaires. Dans cette optique. Paysages inter sites, est un projet art nature réalisé sur un site archéologique où se multiplient les interférences entre les générations, les régions et les cultures. Au nom de la Terre est un déploiement de neuf expositions d’œuvres installatives, une manifestation qui coïncide avec la tenue du congrès international portant sur le développement durable NIKAN.

 

Le projet Tranvernacularités apporte des éléments nouveaux en termes d’attitude vis-à-vis de l’internationalité. Tout art qui cherche à insérer des signes dans les mécanismes sociaux appréhende le territoire avec respect et compréhension, et l’auteur pose un acte libre en accord avec l’autre.

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