Transcender la matière et pervertir les objets : l’art comme terrain de jeu chez BGL

  • BGL, Canadassimo, 2015 (détail, en cours de réalisation). Photo : © Ivan Binet, permission de BGL, Parisian Laundry, Montréal & Diaz Contemporary, Toronto
  • BGL, Canadassimo, 2015 (détail, en cours de réalisation). Photo : © Ivan Binet, permission de BGL, Parisian Laundry, Montréal & Diaz Contemporary, Toronto
  • BGL, Canadassimo, 2015 (détail, en cours de réalisation). Photo : © Ivan Binet, permission de BGL, Parisian Laundry, Montréal & Diaz Contemporary, Toronto
  • BGL, Canadassimo, 2015 (détail, en cours de réalisation). Photo : © Ivan Binet, permission de BGL, Parisian Laundry, Montréal & Diaz Contemporary, Toronto
  • BGL, Canadassimo, 2015 (détail, en cours de réalisation). Photo : © Ivan Binet, permission de BGL, Parisian Laundry, Montréal & Diaz Contemporary, Toronto
  • BGL, Canadassimo, 2015 (détail, en cours de réalisation). Photo : © Ivan Binet, permission de BGL, Parisian Laundry, Montréal & Diaz Contemporary, Toronto
Transcender la matière et pervertir les objets : l’art comme terrain de jeu chez BGL
Par Thierry Davila
 
Choisi pour représenter le Canada à l’occasion de la 56e Biennale de Venise (2015), le groupe BGL – désignation forgée à partir de l’initiale du nom de chacun de ses trois membres (Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière) – réalise, depuis le milieu des années 1990, un travail à la fois provocant, déroutant et plastiquement exigeant. Son projet italien repose sur une reconfiguration entière du pavillon canadien, comme ont pu le faire dans un esprit tout à fait différent Gregor Schneider pour le pavillon allemand en 2001 et Mike Nelson pour le pavillon anglais en 2011. À l’occasion d’un entretien croisé entre un regard proche (Marie Fraser) et un autre plus distancié (Thierry Davila) portés sur son parcours et sur Canadassimo, son installation vénitienne, BGL nous donne quelques pistes pour mieux comprendre ce «terrain de jeu» qu’est pour lui l’espace dans lequel évolue l’art aujourd’hui.
 
Thierry Davila : Vous avez choisi de travailler à trois dans un pays qui a vu apparaitre un certain nombre de collectifs d’artistes ayant laissé une empreinte durable dans l’histoire (Groupe des Sept, N.E. Thing Co., General Idea). En 2009, vous avez d’ailleurs rendu hommage au plus ancien d’entre eux avec Meatballs. Tribute to the Group of Seven. Est-ce que l’exemple de ces prédécesseurs a pesé sur votre travail? Comment vous débrouillez-vous avec cette histoire?
 
BGL : Non, pas vraiment. Vous savez, notre connaissance de l’histoire de l’art en est plutôt à ses balbutiements. En plus du Groupe des Sept, nous avons aussi rendu hommage à Paul-Émile Borduas, initiateur, au Québec, du courant automatiste et du Refus global, dans Au service de l’impact (Hommage à Paul-Émile), 2012. Ces références à nos pionniers sont davantage des clins d’œil que des influences directes. Ce sont un peu comme des leurres de pêche que nous lançons pour titiller les spécialistes.
 
T. D. : Concrètement, comment se passe le travail entre les membres de BGL? Y a-t-il une sorte de répartition des tâches? Chacun a-t-il une production personnelle en dehors de BGL?
 
Marie Fraser : Les membres de BGL travaillent en collectif depuis qu’ils se sont rencontrés à l’École des arts visuels de l’Université Laval, en 1996, il y a presque 20 ans aujourd’hui. Aucun d’entre eux n’a poursuivi de production personnelle. Pour avoir suivi le travail de BGL de près depuis le début et pour être régulièrement en contact avec chacun des membres depuis qu’ils ont été choisis pour représenter le Canada à la Biennale de Venise, je me rends compte que leur façon de travailler est très organique. Rien n’est déterminé d’avance, aucun n’accomplit de tâche précise et, comme ils sont trois, ils construisent presque entièrement toutes leurs installations. Ils se comparent d’ailleurs souvent à des bricoleurs ou à des constructeurs. Leur dynamique de travail est très particulière : les idées circulent, elles restent toujours en mouvement, elles ne s’arrêtent pour ainsi dire jamais. Ils sont presque toujours en train de changer, d’enlever ou d’ajouter quelque chose. Même lorsqu’une œuvre est achevée – c’est-à-dire exposée –, il reste toujours la possibilité d’en reconfigurer les éléments ou d’en transformer la relation à l’espace.
 

  

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