Sommaire 82

Revue: 
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ÉDITO
 
SYLVETTE BABIN
 
 
SPECTACLE
 
Un mode critique pour la spectacularité : réflexions sur la terminologie
Ce texte remet en cause l’usage incontesté et indifférencié que fait la critique d’art contemporain du mot « spectacle », tel que l’a défini Guy Debord dans La société du spectacle. L’auteure propose une terminologie plus neutre et plus descriptive, centrée sur les caractéristiques habituelles de sa réception, comme les émotions, l’ambivalence, la distraction et le plaisir. Elle considère cette nouvelle compréhension du terme comme étant particulièrement importante pour l’analyse des installations vidéos contemporaines qui se servent de la spectacularité et de la théâtralité comme solutions de rechange à la représentation et à la participation des « autres » (Phil Collins, Danica Dakić, Omer Fast, Aernout Mik, Gillian Wearing).
ELISABETH FRITZ
 
Le spectacle, la communication et la fin de l’art
Cet essai explore la place de l’art dans la critique du spectacle élaborée par Guy Debord pendant la période où il a été le seul membre permanent de l’Internationale situationniste (1957-1972), dont il était aussi le fondateur. L’auteur soutient que le trope situationniste de la « fin de l’art » représente plus qu’une relique utopique, et qu’en fait, dans le travail de Debord, il touche au cœur de la relation entre l’art et le politique. L’idée de « fin de l’art » élaborée par Debord s’inscrit dans une lignée commençant avec Hegel et se prolongeant au-delà du dadaïsme ; elle offre un moyen de repenser le rôle de la communication, de la communauté et de la subjectivité dans la pensée situationniste, ainsi que le potentiel qu’elle recèle pour le présent. 
TREVOR STARK
 
GirlsGirlsGirls
Détournement de détournement, cet article retourne sur lui-même un élément constitutif de la théorie du spectacle de l’Internationale situationniste pour analyser la formulation du désir proposée par le collectif, l’obsession de celui-ci pour la jeune femme contemporaine et de quelle façon ces éléments sont repris dans les pratiques artistiques d’aujourd’hui.
JEN KENNEDY
 
Hennessy Youngman et la nouvelle critique d’art
Jayson Musson a créé en 2010 son alter ego, Hennessy Youngman, et il a commencé à diffuser des vidéos satiriques portant sur des questions relatives au monde de l’art sous le titre de Art Thoughtz. Depuis lors, il s’est attiré plus de 1 350 000 visiteurs et 11 500 loyaux abonnés. Même si la série Art Thoughtz contient des éléments de performance, elle constitue une pratique qui relève de la critique d’art, tant pour son aspect critique que pour son aspect humoristique. Musson effectue essentiellement une reconceptualisation des polémiques qui ont récemment marqué la critique d’art tout en démontrant que les médias virtuels à contenu généré par les utilisateurs possèdent un important potentiel en matière de production et de diffusion d’une critique d’art parallèle parmi différents auditoires et communautés en ligne.
MATTHEW RYAN SMITH
 
La spectacularisation dans l’art actuel autochtone
Les dispositifs spectaculaires de masse qui se mettent en place au cours du 19e siècle (expositions universelles, cirque, cinéma…) accordent une place centrale à la figure de l’Indien. Plusieurs artistes autochtones actuels (Kent Monkman, Edgar Heap of Birds, Robert Houle, Nigit’Stil, David Garneau et Terrance Houle) cherchent aujourd’hui à montrer l’envers du décor : ces spectacles avaient lieu au moment même où se mettaient en place les plus répressives des politiques d’assimilation. D’un côté, l’on mettait en scène à grande échelle ce que l’on s’employait, de l’autre, à faire disparaitre par tous les moyens. 
JEAN-PHILIPPE UZEL
 
L’épuisement du spectaculaire chez Nicolas Boone
Peut-on faire de l’art après avoir lu Guy Debord ? Le diagnostic de la culture noyée dans « la contemplation spectaculaire » et d’un art qui, s’il ne veut pas perdre son âme, doit organiser sa propre « dissolution » et son propre « dépassement » dans la politique ressemble en effet à une impasse. Face à cette situation, théoriciens et artistes cherchent des solutions pour (s’)en sortir, invoquant notamment la conception hédoniste, partagée par des générations de penseurs, du monde comme théâtre. Les films de Nicolas Boone entrent eux aussi en discussion avec la problématique debordienne, mais en adoptant un point de vue moins optimiste : le gore et les dérapages collectifs semblent être les seules échappatoires... 
VANESSA MORISSET
 
À l’ombre des projecteurs : DARE-DARE au Quartier des spectacles
Depuis 2012, le centre d’artistes DARE-DARE loge et intervient sur le territoire du Quartier des spectacles. Dès la première intervention du centre sur le site, à l’occasion du projet Secondes zones d’Anne-Marie Ouellet, les attentes des deux entités se révèlent contradictoires. L’article propose d’examiner, à la lumière du projet de Ouellet, les tensions qui s’exacerbent entre une vision de la culture comme moteur économique et un attachement à un art ancré dans la recherche dont les effets sont difficilement quantifiables. Des tensions qui excèdent le cadre du Quartier des spectacles, celui-ci apparaissant plutôt comme la pointe visible des politiques culturelles actuelles.
EDITH BRUNETTE
 
 
PORTFOLIO
 
Rémi Beaupré, Simon Brown, Daniel Canty, Marc-Antoine K. Phaneuf, Soufïa Bensaïd, Cynthia Girard, Carl Trahan, Jeanne Painchaud, Viviane Namaste, Nicole Brossard, Isabelle Lamarre / Bruno Mainville, Hélène Matte, Sylvie Laliberté, Geneviève Amyot
 
 
ARTICLES
 
Classic Fake-Out: Joshua Schwebel at Articule
In 2012, articule accepted a dossier from Micah Lexier. While the committee agreed that Lexier’s proposal seemed somehow incomplete, they conceded that based on previous knowledge of the artist’s work the risk of programming it was minimal. Shortly following this, articule received a letter from Joshua Schwebel stating that Schwebel had in fact proposed a fake project to articule under Lexier’s name, as a means to investigate whether “reputation would outweigh a really weak proposal.” The show went on at articule, morphing into a complex exhibition about reputation and quality within artist-run centres. 
AMBER BERSON
 
La manifestation interdite de l’art à l’œuvre
Janvier 2013. L’artiste John Boyle-Singfield décide de fermer son exposition Bootleg, présentée à la galerie Espace Virtuel. Il proposait une appropriation totale mais trafiquée de l’exposition qui l’avait précédé dans la programmation. Cependant, l’acte d’appropriation a été refusé par certains artistes concernés. Grand cas a été fait de la fermeture de l’exposition, mais peu se sont préoccupés de l’œuvre en action dont le spectateur était privé. À rebours des jeux de discours et de croyances, nous nous penchons sur le ballet idéologique qui a découlé de l’interdiction, de manière à révéler les véritables enjeux de l’énonciation artistique de Bootleg
DOMINIQUE SIROIS-ROULEAU
 
Habilitation au récit
À travers l’étude de trois projets de la photographe Natascha Niederstrass (L’affaire de Camden Town, Déconstruction d’une tragédie et The Missing Week), l’auteur s’intéresse à la place qu’occupent les questions du récit en photographie dans la production récente de l’artiste. Par l’analyse des stratégies plastiques et des mises en exposition déployées, il met en évidence l’oscillation des œuvres entre les domaines du fait divers et de l’art contemporain, ce qui les rend, d’une part, accessibles à un vaste public, sans que cela nuise, d’autre part, à une recherche plastique rigoureuse.
PIERRE RANNOU
 
 
CONCOURS JEUNES CRITIQUES
 
ISABELLE LYNCH
 
 
SCHIZES EN COMPAGNIE DE GUY DEBORD
 
MICHEL F. CÔTÉ / CATHERINE LAVOIE-MARCUS
 
 
COMPTES RENDUS
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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