Sommaire 87

Revue: 
Summary: 

Édito

Autour du vivant
Sylvette Babin

Dossier : LE VIVANT

Par-delà le zoocentrisme : une entrevue avec Giovanni Aloi
Dans cette entrevue, Giovanni Aloi, fondateur et rédacteur en chef d’Antennae, The Journal of Nature in Visual Culture et auteur de l’ouvrage Art & Animals, traite des enjeux théoriques actuels liés à la représentation et à l’usage des animaux en art contemporain. Tout en portant un regard sur l’évolution de la pensée et des pratiques qui ont cherché à contester sur le fond l’anthropocentrisme et la réification de l’animal dans l’art, Aloi souligne maintenant l’intérêt de contourner le zoocentrisme au profit d’un modèle holistique afin de repenser les enjeux éthiques, méthodologiques et esthétiques.
Ariane De Blois

Entrer en relation avec l’Autre végétal
L’auteure examine le travail d’artistes qui font usage de plantes vivantes et argumente que leurs œuvres pourraient fournir la clé d’entrée d’une analyse du « virage végétal » qui s’observe depuis peu dans le discours théorique. Les plantes sont au centre de projets publics et participatifs, de démarches politiquement engagées et d’œuvres qui s’appuient sur la technologie ou la performance pour tenter de traduire l’expérience de l’être végétal. L’article aborde notamment des œuvres de Joseph Beuys, Diane Borsato, Ron Benner et Lois Weinberger, ainsi que des collaborations telles que Akousmaflore, Botanicalls et The Plant Sex Consultancy.
Amanda White

De l’art critique à l’art de la réconciliation : cohabiter avec les animaux non humains
À quelles conditions l’art peut-il transformer notre rapport au vivant ? À la lumière de la pensée de Jacques Rancière sur l’effectivité des formes de l’art engagé, je réfléchis à l’idée de la nécessité d’un art qui ne serait ni pure critique des relations actuelles au vivant, ni métaphore des relations à instituer, mais un art capable de mettre en place des relations effectives au reste du vivant. C’est ce que parvient à créer l’artiste américain Fritz Haeg qui, dans son projet Animal Estates (2008–), instaure des relations symboliques, affectives et effectives avec des animaux non humains qui cohabitent désormais avec nous.
Estelle Zhong

Vers une esthétique antispéciste ?
Alors que certains artistes n’hésitent pas à mettre à mort des êtres doués de sensibilité dans le cadre de leur pratique, d’autres souhaitent au contraire interroger notre rapport de domination envers les espèces non humaines en empruntant ce que je propose d’appeler une « esthétique antispéciste ». Si elle a longtemps été employée comme instrument pour assoir la suprématie humaine, la taxidermie peut paradoxalement être réappropriée dans cette optique. C’est précisément ce que fait Angela Singer, qui entreprend de subvertir le regard humain en transformant des animaux naturalisés – dont elle retrace l’histoire – en véritables mémoriaux.
Julia Roberge Van Der Donckt

L’animal de Fukushima
L’Animal de Fukushima fait converger la critique du nucléaire et les études animales, en se servant d’images d’animaux tirées de l’art contemporain et produites en réaction à la catastrophe naturelle et technologique de mars 2011 à Fukushima. Centré notamment sur le film de Pierre Huyghe, Untitled (Human Mask) (2014), et la série photographique de Yasusuke Ota, The Abandoned Animals of Fukushima (2011), l’article avance l’idée que l’animal représenterait un reste, une subsistance, après l’invalidation ontologique d’un désastre nucléaire. Ainsi présenté, l’animal devient la scène documentaire des conséquences angoissantes de Fukushima, et il cartographie la suspension de la souveraineté dans l’irrésolution de la vie après une catastrophe.
Carlos Kong

Cultiver les liens : les écosystèmes en mouvement de Michel Blazy
L’œuvre entière de Michel Blazy est consacrée au vivant. Même s’il utilise des matériaux variés pour ses sculptures et installations, certaines œuvres de sa production sont réalisées avec des végétaux, des animaux et des champignons. L’étude de ces œuvres révèle l’intérêt de l’artiste pour le renouvèlement, la temporalité et les liens entre les êtres. Insistant sur l’importance d’observer le vivant plutôt que de le contrôler, Blazy revendique une pratique artistique non interventionniste, en continuelle évolution, qui met en avant les processus de développement des plantes et de leurs milieux.
Lilian Froger et Anthony Divad

L’humain exposé : un sujet presque comme les autres
Depuis la modernité, l’autonomie de l’art présuppose une exception du champ esthétique qui conduirait à une déresponsabilisation de l’artiste. Celle-ci semble difficilement compatible avec l’exposition du vivant. Certains artistes choisissent pourtant d’exposer des êtres humains en établissant une frontière ambigüe entre l’ordre du réel et l’ordre du symbolique, parfois au mépris de l’éthique. L’article met en regard les pratiques de Brett Bailey et de Santiago Sierra.
Nathalie Desmet

L’animal émoi
L’animal émoi est une réflexion qui se déploie sous la forme d’un jeu sophistiqué sur le langage. Disons, en bref, qu’on y traite de la distinction entre l’humain et l’animal. Une analyse plus ou moins rigoureuse de la place du pronom et de la conjonction « et » illustre l’assimilation entre les deux créatures, en même temps que la distance créée par l’humain pour se distinguer de l’animal. Pourtant, son inconscient est une extension logique de l’animal.
Marina Roy

Portfolio

Articles

Mamco : l’exposition qui aura duré 20 ans…
La dernière exposition d’envergure de Christian Bernard, One More Time : l’exposition de nos expositions, au Musée d’art moderne et contemporain de Genève (Mamco) est l’occasion de revenir sur une politique muséale unique dans laquelle les espaces construits entre les objets, les dispositifs et les situations sont plus importants que les objets eux-mêmes. Une exposition est toujours la réunion de fragments d’une exposition passée et, fondamentalement, une exposition par anticipation. Cependant, en jouant aussi loin la carte du fragment et de la sédimentation, on offre les pièces d’un puzzle qui n’est pas toujours facile à assembler.
Nathalie Desmet

Prosopopées : ce qui anime les objets
L’énoncé de départ de l’exposition d’art numérique Prosopopées, présentée à Paris en décembre 2015, fait du détournement d’objets ayant perdu leur usage premier et animés tout à coup par une force « robotico-numérique » qui les tire vers l’inutile et le désœuvrement, le ciment du projet. Teintée d’humour, l’exposition, qui se réclame de l’art contemporain plutôt que de l’art numérique, se divise en deux parties. Ses œuvres les plus intéressantes problématisent ce qu’il advient d’une machine qui emprunterait des caractéristiques humaines, ou qui imposerait un rythme machinique à l’être humain, sans pour autant réussir à surprendre ou à nourrir plus profondément la réflexion.
Anne-Marie St-Jean Aubre

« De la musique avant toute chose ». Ragnar Kjartansson au MAC
L’auteure de cet article aborde les œuvres de Ragnar Kjartansson présentées au Musée d’art contemporain de Montréal par l’entremise du concept de la ritournelle, qui les inscrit dans le paradigme romantique tout en le contrariant finement. Les installations vidéos avec performance musicale de l’artiste islandais, dont A lot of Sorrow et The Visitors sont emblématiques, engendrent en effet des formes en devenir qui valorisent les milieux et les contingences de la réception faisant du spectateur un élément pivot d’expériences culminant dans la joie.
Marie-Ève Charron

Schizes en compagnie du Pétrole

Je fioule
Michel F. Côté et Catherine Lavoie-Marcus

Comptes rendus

Daniel Brière et Alexis Martin, Animaux, Montréal par Julia Roberge Van Der Donckt

Marie-Claire Blais et Pascal Grandmaison, La vie abstraite 1 : Le temps transformé / La vie abstraite 2 : Espace du silence, Montréal par Justina Spencer

Tricia Middleton, Justine, Montréal par Jean-Ernest Joos

Kara Hamilton, Wane Awareless & Lifted, Toronto par Alex Bowron

Marie-Claude Bouthillier, Vœux, Montréal par Thérèse St-Gelais

Richard Ibghy et Marilou Lemmens, La vie mise au travail, Montréal par Benoit Jodoin

Yam Lau, Nüshu: Echo Chambers, Brandon par Dagmara Genda

Dana Michel, Lift That Up, Toronto par Fabien Maltais-Bayda

Rose English, A Premonition of the Act / Florian Roithmayr, with, and, or, without, London par Emily Rosamond

Jessica Auer, January, Montréal par Sylvain Campeau

Olafur Eliasson, Nothingness is not nothing at all, Shanghai par Todd Meyers

Nicole Gingras (dir.), Des disques et un couteau – Martin Tétreault, Montréal par Jocelyn Robert

Srimoyee Mitra (ed.), Border Cultures, London par Justina Spencer

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