Sarah Anne Johnson

Dominique Sirois-Rouleau
  • Sarah Anne Johnson, Party Boat, 2011. Photo : Sarah Anne Johnson, permission de la Galerie Division
  • Sarah Anne Johnson, Triangle, 2011. Photo : Sarah Anne Johnson, permission de la Galerie Division
  • Sarah Anne Johnson, A Clear Cut, 2003. Photo : Sarah Anne Johnson, permission de la Galerie Division
  • Sarah Anne Johnson, Party's Over, 2011. Photo : Sarah Anne Johnson, permission de la Galerie Division
  • Sarah Anne Johnson, Untitled, tent with sunset, 2003. Photo : Sarah Anne Johnson, permission de la Galerie Division

Motivée par l’exploration de la réalité, Sarah Anne Johnson amplifie et décale les effets documentaires du photographique en intervenant sur son médium. Elle intègre à ses images une variété d’artifices allant du diorama à Photoshop en passant par la peinture, de sorte que s’ajoute au cliché initial un long processus de recréation du contenu. À l’instar de l’altération de l’image pure, le travail manuel de l’artiste dénonce une certaine utopie de l’information objective. Johnson œuvre au croisement de la réalité et de la perception. En ce sens, le paysage ne se limite pas à sa composition matérielle, mais intègre les aspects émotifs et physiques de sa perception. Les manipulations permettent d’évoquer le nœud sensible qui agit sous la surface de l’image et articulent les enjeux relationnels, complexes et invisibles, de l’homme à son environnement et à sa communauté.

Johnson emprunte à la posture documentaire un sens narratif qu’elle détourne de ses fonctions journalistiques au profit d’une approche plus intimiste. Dans Tree Planting (2005), elle intègre par exemple quelques figurines sculptées à un corpus près de la tradition de la straight photography afin de lier l’exposition crue du réel à ses propres souvenirs. Les récits construits et affirmés se mêlent à notre interprétation du Nord canadien pour composer un paysage humain et naturel plus sincère qu’idéalisé. Les interventions de l’artiste se font parfois plus patentes, comme avec la série Arctic Wonderland (2011) où elle transforme littéralement les images. Johnson grave, peint, découpe et retouche les tirages afin de transcender l’image générique et traduire les enjeux écologiques et sensibles des lieux. Ajout, soustraction et construction sont autant d’outils permettant aux images de Johnson de combler le fossé entre la vision et le sentiment, et d’ainsi atteindre une perception plus authentique de l’environnement.

La pratique de Johnson aborde l’image et son contenu de manière plurielle, voire expérimentale, et génère de là un nouveau type de documentation éminemment personnel et vrai. Sa conscience aigüe du regard du photographe sur les lieux, les choses et les gens confère à l’expression intimiste une valeur universelle. Cette subjectivité manifeste serait enfin la forme la plus juste de l’objectivité.

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