Salle Alfred-Pellan, Maison des arts de Laval, La Nuée, Laurent Lamarche

92
2018
Salle Alfred-Pellan, Maison des arts de Laval
  • Laurent Lamarche, La Nuée, vue d’exposition, Maison des arts de Laval, 2017. Photo : Guy L’Heureux
  • Laurent Lamarche, La Nuée, détail, Maison des arts de Laval, 2017. Photo : Guy L’Heureux
  • Laurent Lamarche, La Nuée, détail, Maison des arts de Laval, 2017. Photo : Guy L’Heureux
  • Laurent Lamarche, La Nuée, détail, Maison des arts de Laval, 2017. Photo : Guy L’Heureux
  • Laurent Lamarche, La Nuée, détail, Maison des arts de Laval, 2017. Photo : Guy L’Heureux
  • Laurent Lamarche, La Nuée, détail, Maison des arts de Laval, 2017. Photo : Guy L’Heureux
  • Laurent Lamarche, La Nuée, vue d’exposition, Maison des arts de Laval, 2017. Photo : Guy L’Heureux

Laurent Lamarche, La Nuée
Commissaire : Dominique Allard
Salle Alfred-Pellan, Maison des arts de Laval, du 10 septembre au 5 novembre 2017

Depuis plusieurs années, Laurent Lamarche aborde la porosité des frontières entre l’art et la science comme enjeu central de sa pratique. S’éloignant d’une volonté d’identifier ce qui distingue ces deux disciplines, il évolue plutôt dans la zone intermédiaire, là où se produit l’échange. S’ensuit une démarche traversée par la notion d’hybridité, autant sur le plan des thématiques que des techniques et médiums utilisés. C’est avec cette approche que se déploie l’exposition La Nuée. Présentée en deux salles, la proposition rallie le vocabulaire singulier développé par Lamarche qui questionne sans cesse les rapports entre l’artificiel et le naturel ainsi qu’entre le fictif et le réel.

D’entrée de jeu, l’exposition s’appréhende comme un glossaire par lequel le spectateur découvre une collection d’organismes vivants inventés, disposés de manière à être étudiés. La collaboration avec la commissaire, Dominique Allard, a d’ailleurs mené à la conception d’un lexique, textuel et imagé, reprenant les notions scientifiques et philosophiques sous-jacentes au projet. Toujours dans cet esprit, la mise en espace de la première salle emprunte aux codes des expositions scientifiques : les spécimens sont mis sous verre, font l’objet de planches d’allure encyclopédique ou se trouvent amplifiés par des images qui rappellent la microscopie. Le contexte favorisant une observation minutieuse dévoile la nature inclassable de ces petits êtres. Alors que leur forme les associe à priori au règne du vivant, on décèle ensuite une facture industrielle, révélée par l’utilisation de matériaux plastiques et de techniques d’assemblage mécaniques.

Ce croisement entre les processus naturel et manufacturé prend toute son ampleur dans la deuxième salle de l’exposition envahie par la fameuse nuée annoncée par le titre. Celle-ci est formée d’une constellation d’organismes dont l’apparence se situe à mi-chemin entre créature marine et machine robotisée. Suspendus dans l’espace, ils réagissent aux stimulus de la lumière en se mettant en mouvement, dans une chorégraphie qui rend visibles les liens qui les unissent. À la manière d’un essaim, l’installation met en scène l’interaction et la communication entre les organismes, présentés de façon plus individuelle dans la première salle. Soulignons que la dynamique entre les deux temps de l’exposition échappe efficacement à une simple opposition entre statique et cinétique ou entre démonstration et immersion. Plutôt, la situation créée permet de mieux saisir la complexité et le fonctionnement de l’univers possible dépeint par Lamarche.

Ce qui évoque le terme nuée soutient bien le propos au cœur de l’exposition. Vocable associé à la nature, il désigne un groupe serré qui agit à l’unisson. Reliées les unes aux autres comme par des synapses, les créatures semblent former une intelligence collective. Mais outre la référence au comportement animal, cette nuée parle d’intelligence artificielle en projetant sur la machine des capacités du vivant. Lamarche nourrit ainsi l’intrigue entourant les conséquences possibles de l’hybridation de la nature et de la technologie. Plus encore, il démontre tout le potentiel de la fiction comme outil de réflexion sur les enjeux réels de notre ère.

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