Spectacle

82
2014

Dossier : 

Vivons nous à une époque de l’emprise totale du capitalisme sur les productions artistiques ? Est-ce que le spectacle est synonyme d’aliénation de l’individu ? Y a-t-il, en contrepartie,  des aspects positifs à cette spectacularisation de la culture ? Ce numéro de esse se penche sur les nouvelles modalités du spectacle en observant ses différentes manifestations dans la société actuelle, et particulièrement dans le domaine de l’art contemporain où l’appel du spectaculaire se fait de plus en plus impérieux.

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  • ÉDITO
     
    SYLVETTE BABIN
     
     
    SPECTACLE
     
    Un mode critique pour la spectacularité : réflexions sur la terminologie
    Ce texte remet en cause l’usage incontesté et indifférencié que fait la critique d’art contemporain du mot « spectacle », tel que l’a défini Guy Debord dans La société du spectacle. L’auteure propose une terminologie plus neutre et plus descriptive, centrée sur les caractéristiques habituelles de sa réception, comme les émotions, l’ambivalence, la distraction et le plaisir. Elle considère cette nouvelle compréhension du terme comme étant particulièrement importante pour l’analyse des installations vidéos contemporaines qui se servent de la spectacularité et de la théâtralité comme solutions de rechange à la représentation et à la participation des « autres » (Phil Collins, Danica Dakić, Omer Fast, Aernout Mik, Gillian Wearing).
    ELISABETH FRITZ
     
    Le spectacle, la communication et la fin de l’art
    Cet essai explore la place de l’art dans la critique du spectacle élaborée par Guy Debord pendant la période où il a été le seul membre permanent de l’Internationale situationniste (1957-1972), dont il était aussi le fondateur. L’auteur soutient que le trope situationniste de la « fin de l’art » représente plus qu’une relique utopique, et qu’en fait, dans le travail de Debord, il touche au cœur de la relation entre l’art et le politique. L’idée de « fin de l’art » élaborée par Debord s’inscrit dans une lignée commençant avec Hegel et se prolongeant au-delà du dadaïsme ; elle offre un moyen de repenser le rôle de la communication, de la communauté et de la subjectivité dans la pensée situationniste, ainsi que le potentiel qu’elle recèle pour le présent. 
    TREVOR STARK
     
    GirlsGirlsGirls
    Détournement de détournement, cet article retourne sur lui-même un élément constitutif de la théorie du spectacle de l’Internationale situationniste pour analyser la formulation du désir proposée par le collectif, l’obsession de celui-ci pour la jeune femme contemporaine et de quelle façon ces éléments sont repris dans les pratiques artistiques d’aujourd’hui.
    JEN KENNEDY
     
    Hennessy Youngman et la nouvelle critique d’art
    Jayson Musson a créé en 2010 son alter ego, Hennessy Youngman, et il a commencé à diffuser des vidéos satiriques portant sur des questions relatives au monde de l’art sous le titre de Art Thoughtz. Depuis lors, il s’est attiré plus de 1 350 000 visiteurs et 11 500 loyaux abonnés. Même si la série Art Thoughtz contient des éléments de performance, elle constitue une pratique qui relève de la critique d’art, tant pour son aspect critique que pour son aspect humoristique. Musson effectue essentiellement une reconceptualisation des polémiques qui ont récemment marqué la critique d’art tout en démontrant que les médias virtuels à contenu généré par les utilisateurs possèdent un important potentiel en matière de production et de diffusion d’une critique d’art parallèle parmi différents auditoires et communautés en ligne.
    MATTHEW RYAN SMITH
     
    La spectacularisation dans l’art actuel autochtone
    Les dispositifs spectaculaires de masse qui se mettent en place au cours du 19e siècle (expositions universelles, cirque, cinéma…) accordent une place centrale à la figure de l’Indien. Plusieurs artistes autochtones actuels (Kent Monkman, Edgar Heap of Birds, Robert Houle, Nigit’Stil, David Garneau et Terrance Houle) cherchent aujourd’hui à montrer l’envers du décor : ces spectacles avaient lieu au moment même où se mettaient en place les plus répressives des politiques d’assimilation. D’un côté, l’on mettait en scène à grande échelle ce que l’on s’employait, de l’autre, à faire disparaitre par tous les moyens. 
    JEAN-PHILIPPE UZEL
     
    L’épuisement du spectaculaire chez Nicolas Boone
    Peut-on faire de l’art après avoir lu Guy Debord ? Le diagnostic de la culture noyée dans « la contemplation spectaculaire » et d’un art qui, s’il ne veut pas perdre son âme, doit organiser sa propre « dissolution » et son propre « dépassement » dans la politique ressemble en effet à une impasse. Face à cette situation, théoriciens et artistes cherchent des solutions pour (s’)en sortir, invoquant notamment la conception hédoniste, partagée par des générations de penseurs, du monde comme théâtre. Les films de Nicolas Boone entrent eux aussi en discussion avec la problématique debordienne, mais en adoptant un point de vue moins optimiste : le gore et les dérapages collectifs semblent être les seules échappatoires... 
    VANESSA MORISSET
     
    À l’ombre des projecteurs : DARE-DARE au Quartier des spectacles
    Depuis 2012, le centre d’artistes DARE-DARE loge et intervient sur le territoire du Quartier des spectacles. Dès la première intervention du centre sur le site, à l’occasion du projet Secondes zones d’Anne-Marie Ouellet, les attentes des deux entités se révèlent contradictoires. L’article propose d’examiner, à la lumière du projet de Ouellet, les tensions qui s’exacerbent entre une vision de la culture comme moteur économique et un attachement à un art ancré dans la recherche dont les effets sont difficilement quantifiables. Des tensions qui excèdent le cadre du Quartier des spectacles, celui-ci apparaissant plutôt comme la pointe visible des politiques culturelles actuelles.
    EDITH BRUNETTE
     
     
    PORTFOLIO
     
    Rémi Beaupré, Simon Brown, Daniel Canty, Marc-Antoine K. Phaneuf, Soufïa Bensaïd, Cynthia Girard, Carl Trahan, Jeanne Painchaud, Viviane Namaste, Nicole Brossard, Isabelle Lamarre / Bruno Mainville, Hélène Matte, Sylvie Laliberté, Geneviève Amyot
     
     
    ARTICLES
     
    Classic Fake-Out: Joshua Schwebel at Articule
    In 2012, articule accepted a dossier from Micah Lexier. While the committee agreed that Lexier’s proposal seemed somehow incomplete, they conceded that based on previous knowledge of the artist’s work the risk of programming it was minimal. Shortly following this, articule received a letter from Joshua Schwebel stating that Schwebel had in fact proposed a fake project to articule under Lexier’s name, as a means to investigate whether “reputation would outweigh a really weak proposal.” The show went on at articule, morphing into a complex exhibition about reputation and quality within artist-run centres. 
    AMBER BERSON
     
    La manifestation interdite de l’art à l’œuvre
    Janvier 2013. L’artiste John Boyle-Singfield décide de fermer son exposition Bootleg, présentée à la galerie Espace Virtuel. Il proposait une appropriation totale mais trafiquée de l’exposition qui l’avait précédé dans la programmation. Cependant, l’acte d’appropriation a été refusé par certains artistes concernés. Grand cas a été fait de la fermeture de l’exposition, mais peu se sont préoccupés de l’œuvre en action dont le spectateur était privé. À rebours des jeux de discours et de croyances, nous nous penchons sur le ballet idéologique qui a découlé de l’interdiction, de manière à révéler les véritables enjeux de l’énonciation artistique de Bootleg
    DOMINIQUE SIROIS-ROULEAU
     
    Habilitation au récit
    À travers l’étude de trois projets de la photographe Natascha Niederstrass (L’affaire de Camden Town, Déconstruction d’une tragédie et The Missing Week), l’auteur s’intéresse à la place qu’occupent les questions du récit en photographie dans la production récente de l’artiste. Par l’analyse des stratégies plastiques et des mises en exposition déployées, il met en évidence l’oscillation des œuvres entre les domaines du fait divers et de l’art contemporain, ce qui les rend, d’une part, accessibles à un vaste public, sans que cela nuise, d’autre part, à une recherche plastique rigoureuse.
    PIERRE RANNOU
     
     
    CONCOURS JEUNES CRITIQUES
     
    ISABELLE LYNCH
     
     
    SCHIZES EN COMPAGNIE DE GUY DEBORD
     
    MICHEL F. CÔTÉ / CATHERINE LAVOIE-MARCUS
     
     
    COMPTES RENDUS
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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