Commerce : l’art comme transaction

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2011

Dossier : Le dossier Commerce | Intercourse s’intéresse aux « transactions » implicites de l’esthétique relationnelle en considérant comment certaines œuvres s’inscrivent dans la logique marchande, en réfléchissant sur l’éthique de ces pratiques et sur les risques d’instrumentalisation du participant ou encore en analysant des œuvres qui reprennent volontairement les différents modèles financiers, soit pour les parodier, soit pour les mettre à profit.

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  • ÉDITO
    Les nouvelles transactions de l’art
    SYLVETTE BABIN

    COMMERCE

    Connexions implicites : les mots magiques des années 1990
    Le vocabulaire économique a occupé, à la fin des années 1990, une place considérable dans les discours sur l’art, notamment au sujet des artistes identifiés à l’esthétique relationnelle. Étudier la prégnance de ce vocabulaire, à travers des expositions et des écrits qui consacrèrent cette esthétique, permet de saisir celle-ci comme relevant avant tout d’enjeux économiques et d’éclairer d’importantes et structurantes évolutions institutionnelles et économiques qui définissent le contexte actuel de l’art, de ses médiations et de son marché, et ce d’autant plus qu’un dispositif financier d’ampleur mondiale, l’Artist Pension Trust, s’inspire aujourd’hui de l’économie relationnelle pour structurer ses réseaux et pour influencer le marché de l’art.

    TRISTAN TRÉMEAU

    Les labours (labors) de l’art relationnel
    L’auteur s’intéresse à la réception critique des ouvrages Esthétique relationnelle (1998) et Radicant : pour une esthétique de la globalisation (2009) de Nicolas Bourriaud. Elle les inscrit au sein du contexte de production et de diffusion au Québec, faisant remarquer que le rapport à l’autre y a été théorisé par le biais d’ouvrages portant principalement sur la performance, notant au passage l’influence anglo-saxonne des cultural studies dans l’interprétation des pratiques et de la sphère publique. Les notions d’«identité» et de «migrant» sont alors abordées en lien avec l’appauvrissement de l’espace social, sujet à reproduire des relations de pouvoir et d’exclusion. Ces aspects, souvent occultés, sont davantage explorés grâce à deux performances de l’artiste Rebecca Belmore.

    MARIE-JOSÉE LAFORTUNE

    Porteurs d’images et de légendes : les intercesseurs filmiques de Mohamed Bourouissa
    Mohamed Bourouissa est un entremetteur en scène. Il se sert de la relation à l’autre non plus comme finalité de l’œuvre, mais comme moyen de mise en place d’un dispositif artistique. Dans ses projets, il n’a de cesse de faire appel à des intercesseurs – des amis, un détenu, un groupe de vendeurs à la sauvette – pour créer des agencements filmiques. Le type de relation qu’il crée avec eux, l’espace dans lequel elle s’inscrit et les outils de captation qu’il met à leur disposition déterminent la forme même des images.

    ALEXANDRINE DHAINAUT & ISMAÏL BAHRI

    Quand la foi déplace des montagnes : l’éthique et l’art relationnel
    Le présent article examine d’un œil critique la théorie de l’esthétique relationnelle de Nicolas Bourriaud en lien avec l’œuvre When Faith Moves Mountains (Quand la foi déplace des montagnes) de l’artiste Francis Alÿs. En confrontant la position de Bourriaud à celle de Claire Bishop et Grant Kester, l’auteure s’interroge sur les aspects éthiques de la composante d’échange du projet d’Alÿs et les répercussions de l’art relationnel.

    AMANDA BURSTEIN

    Participation à vendre !
    South Kensington, Christie’s, vente n° 5537, lot 36, le 25 mars 2010. Une œuvre est à vendre. Elle est estimée entre 5 000 et 7 000 £. Elle partira à 5 625 £. Ce n’est pas très cher pour une œuvre d’art, mais très correct pour une œuvre conceptuelle qui, de plus, n’est pas très ancienne. À vrai dire, elle n’existe même pas encore tout à fait. Son processus de création vient tout juste d’être amorcé. Fiction on Auction, des artistes suédois Goldin+Senneby, est une œuvre qui commence là où les autres finissent, par une vente aux enchères. Mais que vend-on exactement et quel est le réel prix à payer ? L’œuvre interroge le rapport entre l’art contemporain et l’argent, en particulier depuis l’esthétique relationnelle, en tendant un piège aux riches amateurs...

    VANESSA MORISSET

    La valeur sentimentale de l’art
    Untitled (2003), le projet d’Andrea Fraser dans lequel elle offre une relation sexuelle à un collectionneur d’art et la documente, a provoqué plusieurs réactions. En analysant les différents discours produits autour de cette œuvre, qu’ils soient de l’artiste, du musée ou de la critique, on observe qu’elle nous en dit plus sur la valeur sentimentale attachée à l’art que sur les mécanismes marchands du monde de l’art. Ainsi, malgré les apparences, personne ne semble prêt à affirmer que l’art puisse se réduire à un acte de prostitution.

    AUDREY LAURIN

    ENCAN
    Vendu–Sold 2011
    Encan-bénéfice des Éditions esse
    Présentation des œuvres de l'édition 2011

    ARTICLES

    Spiral City : l’impasse du paysage économique
    La vidéo Spiral City (2002) de l’artiste Melanie Smith révèle une vue panoramique de la ville de Mexico conçue à partir d’amples mouvements de spirale filmés depuis un hélicoptère. Il s’agit d’une réponse à l’œuvre Spiral Jetty (1970) de Robert Smithson, laquelle prend la forme d’une digue en circonvolution qui plonge dans les eaux du Grand Lac Salé de Rozel Point, dans le désert de l’Utah. En reprenant la spirale de cette œuvre phare du land art, Melanie Smith traite de la production sociale du paysage à travers l’impact du capitalisme sur le territoire en contexte de dépendance à l’industrie pétrolière. Deux spirales qui montrent l’impasse d’un modèle économique inscrit dans la nature et dans l’espace urbain.

    NURIA CARTON DE GRAMMONT

    Reproduire la particularité en série : les sculptures de meubles d’Adrienne Spier
    Cet essai présente une partie du travail d’Adrienne Spier de ces dernières années, notamment celui qui a culminé dans sa plus récente exposition solo intitulée Grade (Classe), présentée à la Parisian Laundry en octobre et novembre 2010. Le dialogue entre sculpture et planéité a toujours été au centre des œuvres de Spier, et dans Grade, l’artiste expose des photographies de pupitres qui forment des motifs géométriques. Par cet acte de reproduction, le visiteur est amené à s’intéresser aux particularités des pupitres. La série Inside Desks donne un aperçu des graffitis qui se sont accumulés à l’intérieur des pupitres au fil des années. En présentant des meubles aplatis de diverses façons, Spier nous met au défi de redéfinir le particulier et le schématisé.

    EMILY ROSAMOND

    Michael Snow, Solo Snow
    L’exposition Solo Snow revient sur l’œuvre protéiforme de Michael Snow en choisissant surtout des œuvres produites pendant les vingt dernières années. Louise Déry aborde l’œuvre de Snow au regard de la notion constructiviste de la faktura. Cette relecture permet de rendre visible une préoccupation majeure de l’artiste : l’interrogation et la déconstruction persistantes des conventions artistiques et des systèmes de représentation. La volonté de montrer ce qui fait signe, à côté de ce qui est représenté, donne toute sa complexité à l’œuvre de Snow.

    NATHALIE DESMET

    CONCOURS JEUNES CRITIQUES
    Drapeau rouge art contemporain chinois dans les collections montréalaises
    JULIE ALARY LAVALLÉE

    AFFAIRE DE ZOUAVE

    Tu vaux combien ?
    MICHEL F. CÔTÉ

    COMPTES RENDUS
    New York | Paula Cooper Gallery, The Clock par Jennifer Alleyn

    Montréal | Festival TransAmériques, Hot Pepper, Air Conditioner, and The Farewell Speech par Catherine Cyr


    Montréal | Festival TransAmériques, Trust par Catherine Cyr


    Vassière | Centre international d’art et du paysage de Vassivière, Black and White Animals par Vanessa Morisset


    Montréal | Galerie Trois Points, Toxic Cornucopia par Anne-Marie St-Jean Aubre


    Montréal | Articule, Grandeur Nature par Anne-Marie St-Jean Aubre


    Longueuil | Plein sud, 225170 pièces et autant de restes par Emily Falvey


    London | Hayward Gallery, Love is What You Want par Martine Rouleau


    Toronto | University of Toronto Art Centre, Political Poetics par Gabrielle Moser


    Toronto | Angell Gallery, Alex Kisilevich & Geoffrey Pugen par Gabrielle Moser


    Paris | Le Plateau, Nul si découvert par Nathalie Desmet


    Vancouver | Or Gallery, Who That Happens par Kathleen Ritter


    Publication | Gwenaël Bélanger. Casser l’image / Fragmenting the Image par Katrie Chagnon


    Publication | La rébellion du Deuxième Sexe : L’histoire de l’art au crible des théories féministes anglo-américaines (1970-2000) par Katrie Chagnon

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