Publication | Post-Punk Art Now

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2017
  • Post-Punk Art Now, 2016. Photo : Studio Feed
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David Clerson et Sébastien Pesot (dir.), Post-Punk Art Now
Sherbrooke, Pesot organisme de création, 2016.

C’est dans la sphère artistique que s’esquisse la réponse la plus subversive à la réappropriation culturelle et sociale du punk où tout un chacun arbore mohawk et tatouages. « Le punk est mort, vive l’art ! », lit-on entre les lignes de la publication dirigée par David Clerson et Sébastien Pesot. Complément imprimé à l’exposition In a Post-World: Post-Punk Art Now présentée à Brooklyn en 2016, Post-Punk Art Now est une œuvre en soi dans laquelle textes et images se côtoient dans un graphisme sobre et épuré. En clin d’œil aux affiches de shows de musique, le format monumental des pages invite à saisir, aujourd’hui à bras-le-corps, le punk et son héritage. Ainsi, au travail des artistes présenté à la galerie The Invisible Dog s’ajoute celui d’auteurs qui, par leurs textes, tentent de cerner les enjeux sociaux, mais surtout artistiques d’un mouvement toujours en quête de définition.

Si certains abordent la chose punk par l’histoire, rappelant l’apport de ses instigateurs, comme Guy Debord chez Andrew Hussey, ou Rick Prol et Richard Hamilton chez Claudia Ève Beauchesne, d’autres proposent des textes à la fois théoriques et poétiques. C’est le cas de Marc-Antoine K. Phaneuf qui, non sans une dose d’humour, classe des objets culturels, plus ou moins récents, selon qu’ils sont post ou punk : « Las Vegas est très post et Robert Venturi est un punk qui explique le post. Ce n’est pas clair si Bruce Campbell est punk ou non, post ou autre chose […]. » Pour sa part, David Clerson offre 16 propositions pour une littérature postpunk à venir parmi lesquelles il est question de dépotoir, de pendus, de Lassie à la recherche de son maitre punk, des idées sur lesquelles Mina Pam Dick rebondit dans son poème à résonance surréaliste intitulé La fille prodigue.

Aaron Cometbus et Jacob Wren, quant à eux, se livrent à une réflexion sociale sur les vestiges du mouvement : « Pas étonnant que [les hippies] soient en colère contre nous, qui acceptons les ténèbres, et qui les célébrons, même », écrit le premier, alors que le second mentionne que le punk a ouvert la porte, que le postpunk a franchie. Une rébellion contre la société, transformée en une rébellion dans la musique ». Ainsi, le passage du punk au post s’effectue dans un rapport différent à la noirceur, dans un désir particulier de négation et de destruction qui emprunte nombre de voies. Par ailleurs, les concepts d’avant-garde ou de postmodernisme ne sont jamais bien loin, comme le rappelle Paul D’Agostino : « Mais le punk de jadis […] tournerait-il, à la manière punk, le post punk en ridicule ? »

Au final, ténèbres et nihilisme, lumière et diversité sont mis en avant par les contrastes entre le noir, le blanc et les couleurs de la publication. Les images, à la fois documentation et illustrations des textes, soulignent magnifiquement les propos philosophiques de Philippe Nassif qui, dans son « Éthique postpunk » affirme que l’établissement de communautés renégociant les dogmes, les totems et les tabous constitue aujourd’hui l’héritage essentiel du mouvement punk.

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