on ne répond pas à la question – contre toute attente, on procède

Edith Brunette
  • Photo : Lucien Lisabelle
  • Photo : François Lemieux
  • Photo : François Lemieux
  • Photo : Edith Brunette
  • Photo : @ Action indirecte
  • Photo : François Lemieux

on ne répond pas à la question – contre toute attente, on procède

Comment déployer la question politique dans les angles morts de la démocratie ? Quelle démocratie émergerait de l’invitation du Musée d’art contemporain des Laurentides, avec pour outils de travail une caravane, une agora de contreplaqué (Une place idéale, Alexandre David), l’abri de l’art et de ses institutions ? L’invitation faite à l’artiste François Lemieux s’est transformée en projet collectif : deux journées de performances, vidéos et discussions, l’une à Saint-Jérôme et l’autre, à Gatineau. Conviés à intégrer le contexte des élections municipales, les artistes et auteur.e.s du projet ont saisi la question par la queue pour réexaminer les formes que donne l’art au politique et reconsidérer les règles de l’institution : on ne répond pas à la question — contre toute attente, on procède.

Le collectif Action indirecte semble avoir pris le parti de la puissance destituante, « mouvement de soustraction continu […] de toute politique qui plane au-dessus du monde sensible ». Se détournant des politiques et de l’art institués, il se concentre sur ce qui émerge du commun, impropre et puissant. Le groupe s’allie notamment au geste d’infirmières délinquantes qui, lasses d’attendre l’action des autorités en pleine crise des opiacés, ont établi un site d’injection supervisé dans un parc d’Ottawa, dans une optique de réduction des méfaits. Troquant l’imaginaire de la mobilité qui nous porterait vers les cimes, il propose une politique de l’ici et du maintenant à forger sans plan ni autorisation. En écho au parti pris de l’évènement pour la collaboration et le retrait, Dorian Nuskind-Oder et Simon Grenier-Poirier utilisent le potentiel chorégraphique d’un match de pingpong en invitant deux joueurs professionnels à garder la balle en jeu le plus longtemps possible (Speed Glue). La compétition, qui anime autant l’arène parlementaire que l’éternelle joute du capitalisme, cède à l’échange dans une performance sans gagnant.

L’organisation à géométrie variable Journée sans culture occupe l’installation Une place idéale pour y aborder l’enjeu de la relation des artistes à l’embourgeoisement (#ownit). Entremêlant fiction susurrée et discussion ouverte, l’intervention brouille l’image de l’artiste « architecte d’émancipation » en interrogeant sa fonction dans un processus social de dépossession et de spéculation.

Légendes des images
Image 1 : Alexandre David, Une place idéale, vue d'installation, Musée d'art contemporain des Laurentides, Saint-Jérôme, 2017. Photo : Lucien Lisabelle
Image 2 : #ownit, Journée sans culture, performance et discussion réalisées dans l'installation Une place idéale d'Alexandre David, Musée d'art contemporain des Laurentides, Saint-Jérôme, 2017. Photo : François Lemieux
Image 3 : Le Mobile du Musée d'art contemporain des Laurentides où était diffusé la vidéo de Michael Eddy, Infinite Cruelty, for nothing, 2016, Place des festivités, Saint-Jérôme, 2017. Photo : François Lemieux
Image 4 : ACTION INDIRECTE, La bonne aventure, 2017. Photo : Edith Brunette
Image 5 : ACTION INDIRECTE, La question centrale, capture vidéo, 2017. Photo : permission d'Action indirecte
Image 6 : Speed Glue, performance des artistes Simon Grenier-Poirier & Dorian Nuskind-Oder, gymnase de l'UQO, Gatineau, 2017. Photo : François Lemieux

S'abonner à l'infolettre

 Retrouvez nous sur Twitter !Retrouvez nous sur Facebook !Retrouvez nous sur Instagram !

Encan


Informations



Contact

esse arts + opinions

Adresse postale
C.P. 47549,
Comptoir Plateau Mont-Royal
Montréal (Québec) Canada
H2H 2S8

Adresse de nos bureaux
2025 rue Parthenais, bureau 321
Montréal (Québec)
Canada H2K 3T2

E. : revue@esse.ca
T. : 1 514-521-8597
F. : 1 514-521-8598